dimanche 2 octobre 2005

Intellectuels et notables cautions des groupes sectaires

On peut comprendre que des groupes puissants et organisés aient une « politique de communication », et fassent du lobbying, et que des avocats, rémunérés, tiennent un discours de soutien systématique. Il est plus surprenant que des personnalités n’ayant pas, a priori, partie liée avec l’un ou l’autre de ces groupes, apportent leur caution à certains, ou plus largement à « la cause sectaire ». Ces soutiens de renom, implicites ou déclarés, appartiennent à des mi-lieux très diversifiés : stars, intellectuels, politiques, écrivains, responsables religieux, journalistes ou universitaires. Sauf à conclure à une complicité généralisée fort improbable, il faut s’interroger sur les motivations, claires ou obscures, qui les amènent à soutenir des groupes dont nous connaissons la dangerosité.

Quelques exemples

  • Une vedette internationale de la chanson et une star du cinéma proclament à toute occasion leur appartenance à des groupes connus et dénoncés pour leurs dérives.
  • Un écrivain, objet de controverses, fait l’apologie d’une secte ufologique.
  • Un journaliste consacre une page entière d’un grand quotidien à la défense et à l’apologie d’un thérapeute accusé par des familles de pratiques d’emprise.
  • Certaines organisations réputées de psychanalystes s’allient sans réserves à des praticiens autoproclamés, pour s’opposer aux contrôles nécessaires dans ce secteur.
  • Un sociologue universitaire connu exalte un communautarisme violent, au mépris des victimes possibles, après avoir fait la part belle à une thèse d’astrologie qu’il a dirigée à la Sorbonne.
  • Certains responsables religieux manifestent une cécité obstinée face à la dangerosité du phénomène sectaire. Il en est de même pour certains sociologues de la religion, qui valident « la quête religieuse » en niant l’emprise et ses dégâts.
  • Venus de Belgique ou d’Italie, certains universitaires engagent une guerre tous azimuts contre les associations de défense et les organismes de prévention.
  • Un leader politique national reçoit personnellement une star connue pour son appartenance et son prosélytisme. Un autre, maire d’une très grande ville, cautionne de sa présence une manifestation promotionnelle du sectarisme.

Même si certaines attitudes ont en commun des effets promotionnels pour les groupes d’emprise, ou leur construisent une réputation d’innocuité, ce sont des mécanismes très différents qui interviennent. Avant d’aborder la question difficile des motivations de ces pro-sectaires, il convient de faire un inventaire des thèmes développés, des vecteurs utilisés et des différents impacts de ces comportements.

Thèmes, modalités d’expression, impact

Les thèmes peuvent être développés de façon verbale, écrite, ou encore comportementale (présence qui cautionne par exemple). Les plus lisibles concernent l’apologie directe d’un groupe connu, sa présentation sous un jour à la fois positif et non dangereux. L’impact prévisible relèvera principalement de la notoriété et crédibilité de l’auteur du propos. Certaines présentations des groupes, apparemment distanciées, insistent sur une originalité, un caractère farfelu, mais en fin de compte sympathique et anodin.

Un autre thème relève de la fascination pour la puissance et l’influence de groupes capables de mobiliser des milliers d’adeptes. Dans le même ordre d’idées, s’exprime un intérêt « ethnographique » pour les différences, et le souci affiché de respecter des diversités culturelles, même s’il faut pour cela ignorer les risques.

Le thème le plus largement retenu est celui de la défense des libres opinions et croyances, comme si c’était de cela qu’il était question lorsqu’il s’agit de combattre certaines dérives. Par la victimisation des accusés d’infractions et délits liés à des comportements d’emprise, on va du déni caractérisé, à la minimisation du rôle de l’emprise groupale. La revendication d’un espace religieux intouchable passe par une justification « philosophique » de certains comportements délictueux. Le registre du religieux permet à certains d’assurer, sans rire, que certains groupes serviraient de cible parce qu’ils sont « nouveaux » et « minoritaires » face à la toute puissance des religions « établies ». Ces argumentations ont un effet d’inversion du problème au détriment des victimes, de masquage de risques bien réels, et de soupçon porté sur tous ceux qui se préoccupent de prévention.

On atteint un degré supérieur lorsqu’il s’agit de disqualifier radicalement les associations de défense, les organismes de prévention, les élus, les institutions policières et judiciaires accusés de tentatives liberticides. On parle alors de chasse aux sorcières, de nouvelle inquisition, ou l’on agite le spectre du « Maccarthysme ».

Ces exemples montrent que ce ne sont pas seulement les discours et les écrits qui ont pour effet de promouvoir l’influence des groupes d’emprise, mais que des attitudes et comportements de personnages de référence ont pour effet de semer le doute, d’endormir la vigilance et de cautionner de fait des entreprises de type sectaire. On voit se multiplier des colloques affichant une neutralité de façade, ou la défense d’objectifs humanistes, et dont les organisateurs recherchent le patronage d’officiels ou de personnalités en vue. Ces participations, acceptées le plus souvent par manque d’informations, seront bien sûr exploitées dans le renforcement de l’image de groupes douteux. On peut se demander ce qui contribue à l’impact plus ou moins grand de ce travail de justification et de promotion sur l’opinion publique. Il faut prendre en compte plusieurs paramètres :

  • D’abord le prestige et le poids des personnalités concernées en terme de crédibilité.
  • Ensuite, la largeur de l’audience (presse et ouvrages spécialisés, presse généraliste, grands médias, internet, colloques, etc).
  • La sensibilisation momentanée de l’opinion au problème (dramatisation événementielle, ou banalité et lassitude).
  • La vigueur du plaidoyer, voire sa violence, l’habileté dans la formulation de contrevérités.
  • Les réactions de défense institutionnelle ou corporatiste dans certains secteurs où commence à s’exercer une vigilance à l’encontre des situations d’emprise, comme dans le large champ des formations et des psychothérapies.

Paradoxalement, l’impact le plus grave en matière de promotion du sectarisme organisé n’est pas forcément lié aux déclarations d’allégeance les plus claires par les gens les plus en vue. Peut-être provoquent-elles plus le sourire que des adhésions nombreuses. Les attaques les plus argumentées et les plus mobilisatrices n’auront qu’un faible impact si elles restent confinées dans des milieux spécialisés très minoritaires. Le danger le plus grave est peut-être celui d’une confusion, soigneusement entretenue par certains, entre le champ des croyances et celui de l’emprise sectaire.

Enfin, si l’on veut vraiment parler d’impact d’une propagande favorable aux organisations de type sectaire, il convient de distinguer :

  • ce qui relève directement du « domaine de la lutte » (apologie des groupes, déni des dommages, discrédit de la prévention).
  • ce qui relève d’une complaisance culturelle envers ce qui fait souvent le terreau de l’emprise : irrationalité élevée au rang de dogme, communautarisme, idolâtrie des vedettes, promotion de pseudo thérapies et rejet des connaissances scientifiques, fascination pour des expériences de paroxysme, etc. Mais ce qui relève de ces tendances culturelles contemporaines dépasse ici notre sujet.

Grande variété des motivations

Dans ce domaine, on ne peut formuler que des hypothèses. On trouve mélangées une méconnaissance des faits ou mécanismes, une sous estimation de l’impact, une solidarité d’appartenance ou de proximité idéologique, des options anticonformistes, une recherche d’intérêts, une cécité cognitive partagée et entretenue dans des milieux particuliers.

On peut penser que pour ceux qui bénéficient déjà d’une forte notoriété, une certaine « plus-value de surface sociale » n’est pas à négliger. Il y a dans une rencontre de « vedettes » (politiques, stars, dignitaires de groupes) un renforcement réciproque de reconnaissance et de notoriété, même et peut être surtout si la rencontre sent un peu le soufre.

La part de la provocation et de la recherche délibérée du scandale est évidente dans un plan média de sortie « littéraire ».

Dans le cas de personnalités indiscutables, apportant la caution de leur nom, on peut s’interroger sur une sous-estimation des risques et de l’impact, ou sur une surestimation de leur propre influence jugée non susceptible de contamination et de confusion dans les esprits.

Lorsqu’une œuvre universitaire montre une complaisance constante envers certaines expressions groupales violentes et le retour triomphant de l’irrationnel, on peut considérer qu’il s’agit du constat d’une réalité culturelle bien actuelle, et qu’il est salutaire de ne pas la nier. Mais on peut regretter une absence de prise en compte des effets négatifs de ces évolutions. Faut il en déduire une certaine indifférence morale entretenue au nom de la science ?

La cécité -entretenue par certains professionnels par rapport à des pratiques psychothérapiques relevant de l’emprise- pourrait correspondre à une certaine conception de la solidarité corporatiste. Le soutien inconditionnel, que semblent apporter certains responsables religieux à des groupes qui défraient régulièrement la chronique des plaintes, relève peut être de la même solidarité aveugle.

Dans le domaine de la sociologie religieuse, il semble s’agir d’une vision professionnellement déformée et restrictive du phénomène d’embrigadement groupal qui serait réduit au seul thème religieux. Cette façon de prendre la partie pour le tout traduit une erreur cognitive qui peut amener au déni ou à la minimisation des aspects dangereux de l’appartenance groupale.

Une personnalité ou un journaliste connaît personnellement un personnage sympathique et chaleureux, mis en cause par ailleurs par des victimes. Il lui sera difficile d’accepter le bien fondé de ces accusations, l’amitié lui fermera les yeux et lui dictera un plaidoyer de défense. On pourrait parler d’une cécité de proximité.

Le soutien délibéré aux groupes sectaires de toute nature, et surtout la virulence contre toute forme de défense sociale et de prévention peuvent s’expliquer dans certains cas par une attitude de révolte systématique contre l’institution, les limites, l’organisation sociale.

Plus sérieusement, ce sont des motivations éthiques et philosophiques qui peuvent dicter à certains un discours de défense des groupes mis en cause. Mais l’attachement de certains aux libertés, qui est aussi le nôtre, peut les empêcher de mesurer certains risques.

Quels enseignements tirer de cette situation ? D’abord l’évidence d’une vigilance toujours nécessaire. Tous les discours et comportements justificatifs, surtout émanant de personnages en vue, sont avidement repris et exploités par les groupes d’embrigadement. Bien que les médias se montrent globalement sensibilisés au problème du sectarisme, la présentation de certains débats met sur le même plan les fauteurs d’emprise et les victimes. Le harcèlement judiciaire opéré par les groupes en assimilant l’information et les plaintes à de la diffamation rend les actions d’information difficiles. On ne peut faire semblant d’ignorer les actions de lobbying d’où qu’elles viennent, il est utile de les connaître, de les analyser et d’en déceler ce qui les détermine.

Michel Monroy - Psychiatre membre du Conseil d'orientation de la MIVILUDES, co-auteur de « La dérive sectaire », PUF, 1999.

samedi 19 février 2005

Appel à témoignages: Secte et groupes spirituels / religieux contestés

UNIVERSITE CATHOLIQUE DE LOUVAIN
Faculté de Psychologie
Centre de psychologie de la religion

10 Place du cardinal Mercier
1348 Louvain-la-Neuve - Belgique
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Secte et groupes spirituels/religieux contestés: recherche universitaire

Le 1er février 2005

Bonjour à toutes et tous, Nous écrivons ce message sur ce site dans le cadre des recherches que nous menons au Centre de psychologie de la religion (Faculté de psychologie) de l’Université catholique de Louvain (Belgique).
L’objectif des recherches qui y sont menées est de mettre en évidence les mécanismes psychologiques individuels (cognitifs, affectifs, éducationnels) et situationnels qui sont associés à la religion et à la spiritualité.
Nous venons de mener des études sur le vécu psychologique des membres de groupes spirituels socialement contestés ou de nouveaux mouvements religieux, dont certains sont appelés « sectes ».

Nous nous penchons à présent sur le vécu des personnes qui ont fréquenté ce type de groupes, mais qui n’en font plus partie actuellement. A travers des entretiens de recherche structurés nous espérons comprendre les effets positifs, négatifs ou absents - du passage dans un tel groupe sur le vécu psychologique actuel de la personne, que ce vécu soit serein ou fragile. Si vous êtes personnellement concerné par notre demande et que vous souhaitez parler de votre expérience, nous serions extrêmement heureux de vous accueillir pour un entretien de recherche. Si vous ne l'êtes pas personnellement mais connaissez quelqu'un qui pourrait l'être, vous pouvez lui transmettre cette information ou nous mettre en contact avec lui. Notons qu’au-delà des informations précieuses que ces entretiens nous apporteront, nous osons penser qu’ils seront aussi pour les participants l’occasion de parler de leur expérience de façon stimulante.

Un seul critère restrictif est d’habiter en Belgique; nous n’avons malheureusement pas les moyens financiers de nous rendre en France. Pour tout renseignement, n'hésitez pas à nous contacter:
Coralie Buxant au 010/47 93 18 ou
___________________________________________

Contactez Coralie Buxant --- PhD student Centre for psychology of religion Psychology Dept Catholic University of Louvain Pl. du Cardinal Mercier 10, 1348 Louvain-la-Neuve, Belgium Tel.: +32 (0)10 47 93 18 Fax: +32 (0)10 47 37 74

lundi 7 février 2005

"Et Philippe Douste-Blazy déclara sa flamme à la psychanalyse"

Quotidien Le monde - 07 fev 05 par Cécile Prieur

" Il ne lui a fallu que quelques mots pour faire chavirer la salle. Déjà, en évoquant "la psychanalyse, née du génie de Freud"... Aussi quand Philippe Douste-Blazy a expliqué, samedi 5 février, au Forum des psys, à la Mutualité, que "le premier devoir d'une société est de reconnaître qu'il n'existe pas une seule réponse à la souffrance psychique", laquelle n'est "ni évaluable ni mesurable"(*), il a fait un triomphe. Et c'est debout, l'applaudissant à tout rompre, que le millier de psychanalystes et de professionnels de la psychologie a salué le ministre de la santé quand il leur a annoncé qu'il avait "fait retirer du site du ministère" le rapport contesté de l'Inserm sur les psychothérapies (Le Monde du 6 octobre 2OO4) et qu'ils n'en "entendraient plus parler !" ... Alors que ses prédécesseurs, Jean-François Mattei et Bernard Kouchner, avaient relégué la psychanalyse au rang des vieilleries, lui préférant une approche biologisante du fait psychique qui privilégie la chimiothérapie et les thérapies comportementales, Philippe Douste-Blazy a clairement réaffirmé toute la légitimé de cette discipline centenaire. "Je sais que vous vous êtes sentis incompris et peu entendus. J'affirme solennellement que cette page est aujourd'hui tournée" ... "

Cécile Prieur

vendredi 14 janvier 2005

Les sectes sont partout

Quotidien France Soir, par Philippe Bouvier

La Mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives à caractère sectaire (MIVILUDES) a présenté hier son "Guide de l'agent public face aux dérives sectaires." En contact avec la quasi totalité de la population, l'appareil d'Etat est, en effet, une cible de choix pour les groupes sectaires.
Aussi, 20 000 exemplaires de ce document seront distribués aux fonctionnaires pour les aider à détecter et lutter contre ces formateurs ou thérapeutes autoproclamés qui ont pris le pas sur les grands mouvements comme SRCM, Moon et Krishna.

"Que ce soit en matière de santé ou d'éducation,, les mouvements sectaires épousent les politiques publiques, constate Jean-Louis Langlais, président de la MIVILUDES. Depuis qu'on a annoncé le lancement d'un plan alzheimer, on a vu ainsi toutes sortes d'associations et d'organismes de formation proposer leurs services en milieu hospitalier."

" Le marché de la formation au sein des institutions est un enjeu énorme, un magnifique marché pour les mouvements sectaires comme pour les charlatans isolés" explique Maryline Deuxdeniers, conseillère à la MIVILUDES. Cela suppose au sein des institutions des acheteurs de formations très indépendants et méticuleux. mais encore trop souvent, des affinités personnelles peuvent décider d'un contrat, quand ce ne sont pas des pressions plus directes: une formation achetée contre un voyage.

C'est ainsi, en captant les budgets de formation que le New Age s'est propagé en France au début des années 90. Et aujourd'hui, le loup est dans la bergerie, porté par la tendance à l'hédonisme, la mode du développement de soi, avec un discours d'autant plus dangereux qu'il est banalisé, amplifié par la publicité ou la téléréalité.

Malheureusement, longtemps après le passage des gourous, leurs thèses se diffusent encore dans l'appareil d'Etat. "On a d'énormes problèmes avec les juges pour enfants ou des juges aux affaires familiales" reconnaît un fonctionnaire. Il faut dire que l'Ecole Nationale de la Magistrature qui consacre chaque année une semaine de formation à la question des sectes, confie parfois à d'étranges intervenants le soin d'éclairer les futurs magistrats sur les questions de protection de l'enfance. Le résultat est inquiétant : les victimes de thérapeutes manipulateurs se retrouvent, dans certains tribunaux face à des juges tout acquis à leurs thèses.

vendredi 17 septembre 2004

Georges ivanovich GURDJIEFF: LES GROUPES GURDJIEFF de la 4eme VOIE

The NEW AMERICAN WING (ou NAW)


Sommaire :
Introduction
Quelques clés pour comprendre les témoignages qui vont suivre
Témoignage de Jim Mc Cabe
Témoignage de Lou Weir
Doctrine et Travail dans NAW
Conclusion 
Classification des niveaux de conscience dans NAW
Références




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Mis en ligne le 9 février 2004 sur le site de Mathieu Cossu www.prevensectes.com reproduit avec son aimable autorisation
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Introduction


The NEW AMERICAN WING (La Nouvelle Aile Américaine) est une école créée au milieu des années 80 dans la lignée des écoles ésotériques issues de Gurdjieff et Ouspensky. 
Leur fondateurs, Jim et Carolyn Kuziak (alias " J & C "), sont deux anciens fidèles de "l'église Spiral Of Friends" de Grand Junction, Colorado, et élèves de son fondateur RANDAZZO. Cette origine est gardée très secrète pour les adeptes, en raison de la réputation sulfureuse de Randazzo et de son emprisonnement ferme en 1989 pour 17 ans et demi. 
Randazzo a accusé J & C de l'avoir volé en le quittant, - comme d'ailleurs Robert BURTON ancien gourou de RANDAZZO avait accusé en son temps RANDAZZO du même forfait. Mais il faut bien partir avec un capital de départ pour recréer une église ou une école ! D'ailleurs une accusation de ce genre est normale entre leaders. Une sission nette et publique est indispensable pour éviter aux adeptes d'établir des comparaisons entre leurs leaders.

Avec NEW AMERICAN WING (NAW), le secrêt des activités réelles de l'école se veut mieux gardé que dans d'autres groupes Gurdjieff. Seuls trois emplacements sont divulgués : son QG situé dans une ferme à Georgetown au nord de Lexington, Kentucky, et deux centres, Ann Arbor et Nashville. 
En octobre 1998, NAW avait créé 3 sites web, disparus en 2003
www.balancedlife.org pour le Kentucky
www.highercosmos.com , pour le Michigan
www.innermetamorphosis.com , pour la Floride et le Texas.
En réalité, ces sites étaient identiques et réalisés depuis le siège de Lexington. Même password, même référence au livre d'Ouspensky " The Psychology of Man's Possible Evolution ". Leur message était que pour être accepté dans une première réunion de NAW, un candidat doit absolument avoir lu ce livre.
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Un ancien chef de centre, Jim McCabe a depuis lors levé le voile sur ce qui se passe réellement dans NAW. 
Par ses observations, son analyse de la doctrine et des techniques de contrôle mental appliquées aux adeptes, il désigne NAW absolument comme une secte au sens actuel du mot.
Sur le site web qu'il a créé, www.jmccabe.com/nawaware/, il donne également la parole à un autre ancien adepte, désillusionné par les mensonges de cette école et ses pratiques bien peu chrétiennes.

Quelques clés pour comprendre les témoignages qui vont suivre



Le témoignage de Mc Cabe prend une valeur particulière du fait que cet ancien adepte était un chef de centre qui allait passer à un "niveau supérieur de conscience", le "niveau 5" où l'on est sensé connaître "l'éveil". Il donne une définition de 6 des 7 "niveaux" et de l'échelle des responsabilités dans l'école.
Ce qui est intéressant dans son témoignages et dans celui de Lou, c'est d'y retrouver la doctrine et la terminologie des groupes Gurdjieff, pratiquement inchangés depuis 50 ans, les mêmes que dans Fellowship of Friends et que dans la secte européenne Linbu, ou dans les groupes de la Fondation Gurdjieff . 
On y enseigne que "l'homme ordinaire" est "une machine ", "sans âme", que son "identification" (éducation par la famille, l'école, la religion) est cause de tous les maux et qu'il faut la détruire par le "Travail" sur soi. Pour acquérir une âme immortelle, il faut suivre la "4ème Voie" sous la direction d'un "professeur", et en premier lieu faire taire son "moi", "supprimer les émotions négatives" , blabla, blabla, etc… des concepts d'endoctrinement progressif, renforcés par l'épuisement physique et psychique, par les "mouvements" Gurdjieff, par l'œil critique et la peur du groupe, rendant toute réflexion et toute décision impossible. Cet endoctrinement est particulièrement pernicieux puisqu'il a pour objet de changer l'homme, et comme résultat de créer des leaders illuminés dont une bonne partie tombera dans la paranoïa et la perversité.

Commençons par les éléments et les circonstances qui ont permis à deux adeptes de quitter la secte. On remarquera au passage que c'est par une image ou par un simple mot que ces adeptes ont pu être frappés par une contradiction, puis recommencer à raisonner, prendre en compte leurs observations, et finalement trouver une justification à leur départ :
-pour Mc Cabe ce furent les photos prises par sa famille, sachant que "photographier" a un sens très différent dans les groupes Gurdjieff (tout élève qui a le tort de ne pas "faire taire son moi" se fait "photographier" par les autres élèves qui font mine de le faire)
-pour Lou Weir, ce fut une phrase trouvée par hasard dans un livre d'Ouspensky
Malheureusement pour Lou, peut être n'a-t-il remis en question que les leaders et non pas la doctrine, peut être n'a-t-il pas eu un milieu d'accueil pour l'aider à en sortir vraiment, mais il semble s'être engagé dans une autre école de la 4eme voie.

Témoignage de Jim Mc Cabe


Jim McCabe raconte qu'il a été élève de NAW de 1991 à 1994, qu'il en a certes retiré quelques satisfactions personnelles, mais au prix d'un travail harassant, de l'absence de réponses des leaders aux questions qu'il posait et d'une difficulté à penser. 
Ses parents sont venus prendre des photos dans son lieu d'habitation et lui ont ouvert les yeux.
Il s'est rendu compte que devenir " Niveau 5 ", c'est à dire un étudiant ayant connu l'illumination (lors d'une fête religieuse, ou lors d'un " mouvement " rituel des danses de Gurdjieff) donnait certes quelques privilèges supplémentaires mais impliquait encore plus de travail et de soumission aux " teachers " de niveaux supérieurs. Sur 40 étudiants, 11 étaient déjà passés " niveau 5 ". 
Les "teachers" pour leur part bénéficiaient de plus de temps pour dormir, d'une bien meilleure nourriture, d'une diététique spéciale, de massages et de faveurs sexuelles de la part des étudiants. Cela ne correspondait en rien à ce qu'il pensait devoir être un "teacher", c'est à dire un maître spirituel d'exception. La façade de perfection était donc tombée.
On lui disait que les " teachers" savaient se mettre dans un état de conscience supérieure, en contrôlant leur respiration, ou en faisant un effort supplémentaire sur eux-mêmes pendant les "Mouvements Gurdjieff" (appelé aussi les "Obligatories"). En réalité, remarqua-t-il, les " teachers" gardent un regard lointain, ne regardent pas dans les yeux, et on ne peut pas les regarder dans les yeux. Ils ont une sorte de charisme, mais renforcé par tout un système de pouvoir hiérarchique. 
Selon son propre " teacher ", un élève N°5 doit pouvoir quitter son conjoint, prendre de nouveaux jobs, changer de ville pour créer un nouveau groupe, et lui donner des faveurs sexuelles. 
Quant aux étudiants de niveaux 1 à 4, ils sont logés très à l'étroit, réprimandés (" photographiés ") pour la moindre faute, la moindre saleté, et leurs possessions sont réduites au minimum.

C'est en ayant ainsi accepté d'ouvrir les yeux qu'il s'est mis à considérer NAW comme une secte dangereuse et qu'il a pu la quitter grace à sa famille.


Témoignage de Lou Weir, 


Lou Weir avait expérimenté l'ésotérisme chrétien puis été séduit par le livre " la 4ème Voie " d'Ouspensky. 
Il est alors rentré dans NAW avec sa femme et ses deux enfants, où il est resté 2 ans.
Il a pu en sortir en découvrant par chance dans un livre d'Ouspensky que même une "personne ordinaire" pouvait éventuellement écouter sa conscience, ce qui le rassura quant à sa possibilité de prendre une décision " par le cœur " (et non l'intellect). 
Il s'était en effet rendu compte que les étudiants plus anciens lui mentaient sur plusieurs points, et que la peur envahissait ceux qui envisageaient de partir. 
Il observait que les parents devaient abandonner leurs enfants à eux-mêmes, les laisser prendre leurs responsabilités lorsqu'ils avaient de la peine ou de la douleur, et il en était choqué.
"Je ne souhaite pas participer à une école basée, même partiellement, sur la cruauté et l'inflexibilité", pensa t il
"En observant comment vivent les anciens, je me suis rendu compte que le "Travail" leur a fait remplacer "l'identification de leur vie" à une "identification à l'école". 
Cela dit, Lou n'est pas tiré d'affaire, l'ésotérisme chrétien est souvent l'antichanbre de groupes Gurdjieff, et la vie dans NAW lui a manqué depuis sa sortie. Plusieurs années après s, il a découvert la pratique du vipassana et il appartient aujourd'hui à la Ridhwan School, qui se dit être une version moderne du "Travail".

Doctrine et Travail dans NAW


Synthèse faite à partir des divers articles publiés par Jim McCabe, 
"NAW est une secte, ne serait ce que par les relations entre "professeurs" et "étudiants". 
" Les étudiants sont constamment pressés d'aligner leurs pensées sur les idéaux du groupe. Leur image de soi est manipulée. Citoyens ils deviennent des serviteurs publics, prisonniers ils s'appellent collaborateurs. Leur endoctrinement vient du fait que l'on se définit soi même en termes d'appartenance au groupe. Puis par la répétition, on s'assimile au rôle que l'on doit jouer. 
" Lors des meetings (au moins deux par semaine), l'étudiant doit prendre des notes, ce qui va à l'encontre de son sens critique, puisque l'on est "une personne qui a trouvé que ces idées étaient suffisamment importantes pour être prises en notes". Les étudiants doivent également prendre des notes pendant la journée "pour vérifier" que les idées s'appliquent, et enfin écrire une fois par mois un essai sur un aspect du "Travail"
"Lors des " meetings", on commence par des exercices de stretching ou autres mouvements physiques, suivis par une discussion plus cérébrale. Le teacher parle d'un sujet ésotérique et les étudiants sont sensés lui poser des questions. En réalité, au début on a beaucoup de questions à poser, mais rarement de réponses; la vie est dominée par les teachers et les activités sont imposées. " " Avec du recul il est "hilarant de penser à tous ces gens posant des questions personnelles fondamentales". C'était seulement pour la galerie et parce que c'était demandé, car personne n'avait envie de paraître ne pas "travailler sur soi".
" Lorsqu'un étudiant paraissait ne pas travailler sur soi, c'est à dire être "mécanique", les autres faisaient mine de le "photographier", c'est à dire de lui montrer, pour son bien, ses "négativités".
"Les leaders étaient experts pour produire une impression d'autorité. Sachant qu'ils étaient tous des hommes N°6, ils avaient connu l'illumination et atteint un certain degré d'immortalité et d'omniscience. Ceci était incroyablement intimidant. En payant des centaines de dollars par mois pour avoir l'opportunité de travailler avec de vrais guides spirituels, il eut été stupide de ne pas suivre leur avis.
"Les teachers n'étaient pas seulement charismatiques, leur principale force était l'ensemble des adeptes devenus leurs dévots. Lorsqu'un teacher parle tout le monde écoute. S'il appelle à un meeting, chacun vient le plus rapidement qu'il peut. S'il donne une instruction à un étudiant, celui-ci arrête toute autre activité pour la suivre. Si le teacher raconte une blague, tout le monde rit ou tout au moins sourit. Les étudiants s'habillent dans le style du leader,…
"Lorsque l'on rentre dans le groupe, on reçoit une amitié exagérée, laquelle disparaît avec le temps.
"A l'instar des autres cosmologies orientales et du New age, la 4ème voie suggère que l'on revit de multiples fois, mais à l'inverse, elle suggère que l'on revit indéfiniment la même vie, sans changement significatif. Le but de l'étudiant est de devenir " conscient " et de casser cette roue de la " récurrence ". Une chance unique nous est offerte, il ne faut pas la laisser passer. La dépense parait faible. On s'en acquitte sans retenue tellement l'enjeu est d'importance.
"Une telle technique fut apprise de Randazzo et de Burton bien évidemment. 
"Il y a une sélection naturelle des groupes. Ceux qui survivent sont ceux qui font le meilleur usage des techniques de persuasion et qui produisent le plus de croyants véritables, -qu'ils soient ou non au courant de ces techniques-.
" Ces pratiques pervertissent la société.

"J'étais stressé d'apprendre que la conscience n'existe pas tant que l'on n'est pas un homme N°5. 
Avant cela, l'homme est une machine dormante. Tous nos sentiments, toutes nos pensées, sensations et nos mouvements ne sont que des " fonctions ", en guerre les unes contre les autres. Dans une école de la 4ème voie, cela est rappellé sans cesse. 
" On ne peut pas dire " je", on parle de "soi " par son nom et à la 3ème personne. On ne pense pas "je", mais "la machine".
"Peu à peu, on rétrécit "son" identité, elle devient abstraite et elle s'écarte de plus en plus de la réalité et de l'expérience vécue. Ceci peut paraître ridicule, et je suis même gêné de ne pas avoir compris cela plus tôt. 
" Avec cette anihilation du moi, il est clair que les gens ont une véritable crise d'identité dans ce type de secte. Cela peut expliquer comment des étudiants ont pu avoir un tel changement de personnalité en si peu de temps. Il est facile de brûler sa conscience lorsque l'on croit que l'on n'en possède pas une.
Ne pas "s'identifier à soi même " conduit à se sentir étranger à soi -même, ce n'est pas seulement un concept : on doit nier ses relations avec d'autres, nier son propre corps, nier les aspects de sa propre psychée, nier ses pensées conscientes, ses sentiments, ses sensations.
(Nota : McCabe fait alors allusion aux trois centres intellect-émotion-moteur qui se font la guerre chez un homme ordinaire, selon Gurdjieff)
" On réprime tout ce qui vient de l'autre, - ce qui fait la guerre à votre moi-. 
"La fonction instinctive tente de manger votre travail ", c'est-à-dire que le corps essaye d'empêcher l'esprit de changer, il s'oppose à la conscience. La " fonction émotion" est un cheval sauvage qu'il faut mater.
" La paranoïa devient inévitable. Plus on se sent en guerre contre soi-même, plus on est en guerre contre les autres. On devient hyper vigilant y compris par rapport aux autres élèves du groupe. 
"Mais on est un doigt de la main, une partie d'un ensemble qui ne doit pas en partir.


Conclusion 


" En fin de compte, les étudiants de la NAW, comme ceux des autres groupes de la 4ème voie, régressent en maturité de développement, alors qu'ils pensent tous évoluer vers un état supérieur de spiritualité.


CLASSIFICATION DES NIVEAUX DE CONSCIENCE , dans NAW


Homme N°1 
Personne ordinaire s'intéressant d'abord aux plaisirs et aux besoins physiques de son corps.
La voie spirituelle qui la concerne est la " voie du fakir ", le développement de sa conscience consiste à surpasser la douleur physique et ses besoins

Homme N°2 : 
Personne ordinaire dont les motivations premières dans la vie tournent autour des émotions, des relations, de l'art, de la musique..
La voie spirituelle qui la concerne est la " voie du moine ", la foi et la dévotion en une puissance supérieure

Homme N° 3 :
Personne ordinaire dont les motivations premières tournent autour de l'intellect.
La voie spirituelle qui la concerne est la " voie du yogi ", celle de la contemplation et de l'introspection.

Homme N° 4 
Une personne dont on peut dire qu'elle cherche à accéder à une conscience supérieure. 
Selon la 4ème Voie, une personne ne devient Homme N° 4 qu'en s'impliquant activement dans une école ésotérique.

Homme N° 5
Une personne qui a connu l' "éveil", qui a pu se comprendre elle-même " sans distorsion et sans subjectivité ". 
On dit qu'un homme N° 5 a des pouvoirs paranormaux, mais on ne précise jamais lesquels.

Homme N°6
Une personne qui a acquis une " conscience objective ", supposée se comprendre elle même, mais aussi l'univers comme un tout " sans distorsion ni subjectivité ". 
L'homme N° 6 est en dehors de la roue de récurrence (c'est à dire de la réincarnation avec une vie qui recommence à l'identique)

Homme N° 7 
Il n'est pas défini dans le texte 

Parmi ses adeptes prestigieux

Aldous Huxley, René Barjavel, Louis Pauwels, René Daumal, Peter Brook, Jean François Revel, 

Références

"Les récits de belzebuth à son petit fils"

www.jmccabe.com/nawaware/ dont : /lineage.html, /whylou.html (Why I left The American Wing), etc..
www.technoetic.com/noosphere/resources/Phi FourthWay: Cults and Deviations
www.geocities.com/Athens/8444
www.pobox.com/- jmccabe/fourthway/index.html
www.pcsys.net/ -jmccabe/fourthway/index.html (The Numbers Game in NAW, Excerpts from the True Believer)
The Partial Psychopath
Trance as a Tool
Influence and the New American Wing for NAW aware, The New American Wing Observer
Commentaires : écrits de Gurdjieff, Ouspensky, Collin sur la 4ème Voie




René
Janvier 2004

samedi 19 juin 2004

Comment les sectes se moquent de la Convention Internationale des Droits de l'EnfantCIDE

Extraits tirés de la revue 'Lien social' No 386 (1)

Isolés, conditionnés, brutalisés, violentés, voire assassinés, les jeunes 'adeptes' doivent effacer leur passé, se détourner des mythes familiaux, n'avoir plus de racine. Le texte qui devrait protéger l'enfance est bafoué, article par article. Explications.

Les sectes tuent

Les sectes tuent et les enfants sont, comme toujours, les plus exposés. La plupart des pays - y compris les plus attachés aux droits de l'Homme - ne se mobilisent guère pour que la Convention Internationale des droits de l'Enfant puisse aussi s'appliquer à l'intérieur des sectes. En effet, il suffit de confronter les différents articles de la Convention aux pratiques de telle ou telle secte, pour constater que le droit est spectaculairement bafoué. L'article 2 stipule que l'enfant doit être protégé contre toute forme de discrimination motivée par les convictions de ses parents, l'article 3 lui assure la protection et les soins nécessaires. L'article 7 préconise la préservation de l'unité familale autour de l'enfant. Or, la véritable famille n'est plus la famille naturelle, adoptive ou nourricière, mais la secte, le gourou devenant alors la seule référence parentale autorisée.
Ainsi conditionné dès son plus jeune âge, l'enfant évoluera dans un monde où la notion de père et de mère n'a pas de sens, quand il n'est pas carrément séparé de ses parents dès sa naissance, comme chez les scientologues, qui préfèrent le confier à une 'nanni' jusqu'à 12 ans, laquelle lui inculquera les préceptes de 'l'église'.
L'article 9 de la Convention prévoit que si une séparation des parents survient, l'enfant puisse avoir des relations régulières avec l'un et l'autre. Or, c'est le contraire qui prévaut lorsque l'un des conjoints n'est pas adepte de la secte ou s'en détache. Ainsi, dans une situation semblable, les témoins de Jehovah 'diabolisent' le conjoint 'opposé' et développent un sentiment de méfiance chez l'enfant. cette suspicion de la secte envers la famille est en fait l'un des gages de sa survie et elle en a fait une doctrine, conditionnant ses adeptes à cesser toute relation, à effacer le passé, à se détourner des mythes familiaux, à n'avoir plus de racines...

Les privations semblent le lot commun

Que dire également du sort fait à l'article 19 qui protège l'enfant contre toute forme de violence, d'atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, y compris violences sexuelles ?... Et de l'article 31 qui affirme le droit au repos et aux jeux ?... La liste est sans fin des diverses situations de maltraitances auxquelles les enfants des sectes sont confrontés. Les privations semblent le lot commun : privation de nourriture, privation de sommeil, privation de contacts extérieurs, privation de jeux... La vie de certains enfants est un véritable cauchemar : chez Krishna, le lever est à 3h30, immédiatement suivi d'une heure de litanies et de trois heures de lectures des textes sacrés. Même rituel en fin de journée, une journée partagée entre l'enseignement et les activités manuelles. Les repas, de types végétariens, sont très loin de satisfaire les appétits et les besoins, et la seule 'distraction' autorisée, le dimanche, est d'aller faire du prosélytisme en agitant des clochettes et chantant 'here rama, hare Krishna'...Ils vivent dans des locaux sans aucun confort, dorment sur des lits métalliques superposés et ne connaissent rien du monde qui les entoure. Même lorsqu'ils demeurent dans leur famille, comme c'est la cas des Témoins de Jehovah, les enfants sont 'interdits' d'enfance : interdit de participer à des fêtes, de sortir, de regarder la télévision, d'aller au spectacle...

'La Citadelle' s'est fait connaître pour la rage que le couple Mihaies mettait à 'corriger' les enfants. Un 'ancien' témoigne : '... gifles, coups de ceinture, privation de nourriture, de sommeil, station debout des heures durant..., exclusion fréquentes, humilations'. Dans d'autres sectes, les 'rebelles' sont enoyés dans des camps de rééducation dont les teen Ranches créés par david Berg, grand manitou de la Famille, étaient le modèle le plus accompli. Frapper un enfant est donc un acte reconnu et encouragé par les sectes, et écrits et discours en témoignent; un haut responsable de Tabitha's Place : "Même les bébés ont une nature déchue et ont besoin d'être chatiés", et Gilbert Bourdin de Raël évoquant "le petit être qui n'est encore qu'une larve" invitent les parents à appliquer avec vigueur le châtiment corporel...
Mais c'est avec les violences sexuelles que l'on mesure combien les sectes, sous des discours religieux ou philosophiques, peuvent briser à jamais des vies humaines et conduire des enfants au désespoir ou à la folie. Gilbert Bourdin, qui se veut un guide sévère, n'hésite pas à mettre dans son lit ses adeptes et les enfants de ses adeptes. Différents écrits attestent de ses encouragements à la pédophilie, voire à l'inceste, mais le maître incontesté en la matière demere David Berg, dit Moïse David, père universel des Enfants de Dieu - aujourd'hui La Famille - , qui des années durant put réaliser à travers la secte ses plus épouvantables fantasmes. Non seulement cet ancien pasteur a inventé le 'Flirty Fishing' et ainsi amené à la prostitution des centaines de jeunes filles convaincues de servir le Christ, mais il a abusé de ses propres enfants, sans le moindre souci de la loi commune, justifiant ses perversions par une 'théorie' qui pour être simpliste n'en a pas moins convaincu des centaines d'adeptes. il assure, David Berg, que "il n'y a rien de mauvais au monde, quand au sexe, tant qu'il est pratiqué avec amour, de quelque manière que ce soit; pas question de qui ni de quel âge ou de quelle parenté, ni de quelle façon". Moyennant quoi, les mères sont invitées à faire, d'une certaine façon, la toilette de leur petit garçon, et les pères à 'jouer' avec leurs petites filles; quand aux enfants, ils n'ont pas le choix, les relations sexuelles entre eux étaient obligatoires, dûment surveillées par un 'berger'...

Les sectes font peur, et pas seulement à monsieur-tout-le-monde; elles font peur aussi aux magistrats, aux experts, aux hommes politiques. Elles ont des ramifications innombrables, bénéficient de puissants appuis, savent utiliser la moindre faille, invoquer la liberté d'opinion, de conscience, de religion...Elles avancent masquées, ovrant des ateliers de peinture, de musique, proposant du soutien scolaire, organisant des séjours de vacances et créant ainsi un vivier dans lequel elles pourront jeter leurs filets.
Des associations travaillent à combattrent et dénoncer ces pratiques : Le centre de documentation, d'éducation et d'action contre les manipulations mentales (CCMM) et, surtout, l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu (UNADFI) dont la présidente Jeannine tavernier, pense que le devoir d'information sur le problème des sectes doit être une priorité pour tous ceux qui sont en contact avec les enfants (enseignants, éducateurs, animateurs...)

Jacques Trémintin

(1) LIEN SOCIAL, 5 rue du Moulin Bayard - 31015 Toulouse cedex 6
Tél 05 62 73 34 40
Fax 05 62 73 00 29
www.lien-social.com

À lire :
Les enfants des sectes, Hayat El Mountacir, ed. Fayard, 1994
Dans le secret des sectes, J.Cotta,P.Martin, ed.Flammarion, 1992

Adresses :
CCMM, 19 rue Turgot - 75009 Paris (01 42 82 04 93)
UNADFI, 10 rue du Père Julien Dhuit - 75020 Paris (01 47 97 96 08)

samedi 12 juin 2004

Les Algues dans le magazinne de la santé

Nouveau créneau des industries agro-alimentaires et pharmaceutiques, les algues sont les premiers végétaux apparus sur la planète. Il en existe à peu près 25 000 espèces différentes, classées en fonction de leur couleur : rouges, bleues et brunes.

Les côtes bretonnes en sont particulièrement riches, grâce à la fois à la qualité de la mer qui est à la limite entre les zones froides et chaudes, et à la transparence de l'eau. En effet, cet environnement favorise la bonne croissance des algues jusqu'à des profondeurs de 50 mètres.

Les bienfaits

Les Orientaux les utilisent depuis des millénaires pour leurs vertus nutritionnelles et thérapeutiques.

En France, les algues ont envahi nos assiettes, sont utilisées pour nos produits de beauté mais aussi, plus étonnants, par exemple, pour la fabrication du dentifrice, des cirages ou allumettes, car elles ont de nombreuses propriétés intéressantes.

Les dangers

Mais les algues n'ont pas que des qualités, elles sont parfois toxiques et dangereuses, et jouent même un rôle dans la pollution.

En 1980, 4 000 cas de gastro-entérites ont ainsi été remarqués chez des personnes qui avaient mangé des coquillages contaminés par des algues toxiques. Cette toxicité est provoquée par la production de substances appelées toxines. Parmi celles-ci, il existe des toxines paralysantes et des toxines diarrhéiques. Ce sont ces dernières qui provoquent les gastro-entérites.

Une fois ingérées, les toxines vont agresser les intestins et déclencher des nausées, des vomissements, accompagnés de diarrhées et de douleurs dans le ventre. Ces signes apparaissent rapidement, quelques heures après avoir consommé les algues toxiques, et peuvent durer au moins quatre jours.

Les algues à toxine paralysante sont plus rares. Appelées dinoflagellés, elles provoquent des fourmillements, des engourdissements et des maux de tête. Dans les cas les plus graves, certains muscles sont paralysés et respirer devient difficile. Ces algues touchent les personnes plus fragiles : les enfants, les personnes âgées.

On sait aussi que certaines algues déclenchent des allergies, et ce sont les pêcheurs qui en pâtissent le plus. Il s'agit d'eczéma sur les mains, parfois le visage, qui évolue en fonction du rythme de travail. Cette allergie peut être grave, puisqu'elle conduit parfois à arrêter l'activité professionnelle. Pourtant, l'allergie aux algues n'est pas encore reconnue comme maladie professionnelle, il n'y a donc pas d'indemnisation.

Heureusement, toutes ces maladies provoquées par les algues restent rares.