dimanche 31 décembre 2006

Adoption de mesures luttant contre les mouvements sectaires

AFP, 11 décembre 2006

[Texte intégral sur le site Prevensectes]


L'Assemblée nationale a adopté mercredi soir plusieurs dispositions, dans le cadre du projet de loi réformant la protection de l'enfance, destinées à lutter contre les mouvements sectaires, dont l'une punit de prison le refus de vaccination des enfants.

Les députés ont adopté plusieurs amendements inspirés par la commission d'enquête parlementaire sur les sectes, présidée par Georges Fenech (UMP).

L'un d'eux, voté contre l'avis du gouvernement et de la commission des Affaires sociales, punit de six mois de prison et 3'750 euros d'amende le refus des parents de faire vacciner leurs enfants contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite ou la tuberculose.

Le gouvernement a demandé une seconde délibération sur cet amendement pour le supprimer, mais il n'a pas été suivi par l'Assemblée. Les députés ont en outre limité l'instruction à domicile aux enfants de "deux familles au plus" ce qui répond à une préoccupation de la commission d'enquête qui s'était inquiétée de la non scolarisation d'enfants dans des mouvements sectaires. En novembre dernier, plusieurs membres de cette commission avaient découvert au cours d'une visite inopinée dans une communauté biblique 18 enfants "coupés du monde", qui n'allaient pas à l'école, ne jouaient pas et ne sortaient pas.
Les députés adoptent la réforme de la protection de l'enfance

Les députés ont adopté dans la nuit de mercredi à jeudi le projet de réforme de la protection de l'enfance, qui vise à améliorer la prévention et le signalement des situations à risque pour les mineurs, dont près de 20'000 sont victimes de maltraitance chaque année en France.

Le projet de loi de Philippe Bas (Famille), déjà adopté par le Sénat en juin 2006, a été voté par les députés UMP et UDF, les élus PS et PCF s'abstenant. Tout en saluant des "avancées non négligeables" dans le texte, Patricia Adam (PS) et Muguette Jacquaint (PCF) se sont inquiétées du financement de cette réforme par les départements même si une compensation par l'Etat est prévue par le biais d'un fonds national de financement.

La réforme, que le gouvernement souhaite voir adoptée conforme par le Sénat à la mi-février avant la suspension des travaux de la législature, pourrait constituer la version définitive du projet, attendu par l'ensemble des acteurs de la protection de l'enfance. Trois axes d'intervention sont prévus : "renforcer la prévention pour venir en aide aux enfants et à leurs parents avant qu'il ne soit trop tard", "organiser le signalement pour détecter plus tôt et traiter plus efficacement les situations de danger" et "diversifier les modes de prise en charge, afin de les adapter aux besoins de chaque enfant".

Les députés y ont ajouté par voie d'amendements plusieurs dispositions qui reprennent les recommandations de la commission d'enquête sur les conséquences des sectes pour les mineurs. L'une d'elles punit de six mois de prison et 3'750 euros d'amende le fait de s'opposer aux obligations de vaccination des enfants.

Le projet de loi renforce le dispositif de signalement des mineurs en danger dans lequel le président du conseil général continue d'occuper un rôle central.

Il stipule que "les personnes qui mettent en oeuvre la politique de protection de l'enfance, ainsi que celles qui lui apportent leur concours, transmettent sans délai au président du conseil général toute information préoccupante sur un mineur en danger ou risquant de l'être".

Il prévoit en outre la mise en place dans les départements d'une "cellule de recueil, de traitement et d'évaluation des informations préoccupantes relatives aux mineurs", ainsi qu'un "partage d'informations entre professionnels du travail social et de la protection de l'enfance habilités au secret professionnel" et la création d'"observatoires départementaux de la protection de l'enfance".

Lors de ces travaux, entamés mardi dans un esprit quasi-consensuel, les députés ont adopté une série de dispositifs dont celui instaurant une visite médicale triennale, obligatoire et gratuite, pour tous les enfants entre 6 et 15 ans, pour d'établir "un bilan de leur état de santé physique et psychologique".

Ils ont aussi décidé de permettre à un mineur "capable de discernement" d'être entendu par le juge dans toute procédure le concernant, en précisant que "cette audition est de droit lorsque le mineur en fait la demande".

Le projet prévoit en outre des modes d'accueil et de prise en charge des mineurs à risque "diversifiés" afin de les adapter "aux besoins de chaque enfant".

Figurent également dans ce texte certaines recommandations formulées en janvier 2006 par la mission d'information de l'Assemblée sur la famille.

Le site prevensectes.com complet au 31 décembre 2006 (URL)


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mardi 19 décembre 2006

Rapport n°3507: Les enfants, proies faciles des sectes

Entre 60 000 et 80 000 enfants seraient concernés selon un rapport parlementaire rendu ce mardi qui formule cinquante propositions pour renforcer la vigilance des pouvoirs publics
Les enfants sont des proies de plus en plus faciles pour les sectes et l'engagement des pouvoirs publics contre les dérives sectaires est très inégal. Voici le double constat de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale qui rend ce mardi son rapport "L'enfance volée. Les mineurs victimes des sectes".

60 à 80 000 enfants dans des sectesLa commission d'enquête, créée le 28 juin dernier et présidée par Georges Fenech (UMP), le rapporteur étant Philippe Vuilque (PS), a procédé à l'audition de plus de 65 personnes.
Elle s'est également rendue à Sus (Pyrénées-Atlantiques) le 21 novembre afin d'enquêter sur la communauté biblique Tabitha's Place avant d'auditionner le 5 décembre deux de ses anciens adeptes.

Le rapport cite un haut fonctionnaire du ministère de la Santé et des Solidarités qui évalue "au minimum, de 60 000 à 80 000" le nombre d'enfants élevés dans un contexte sectaire dont "environ 45 000" chez les Témoins de Jéhovah.
MaltraitancesDénonçant "l'emprise mentale" sur les enfants exercée par les mouvements sectaires, le rapporteur estime que "sans aller jusqu'à (l') extrémité de la tentation suicidaire, l'emprise mentale subie dans l'organisation à caractère sectaire peut provoquer de graves troubles de la personnalité et du comportement".
Il ajoute que "les spécialistes de la protection de l'enfance, au-delà même du phénomène sectaire, soulignent que tous les systèmes clos sont susceptibles de favoriser la maltraitance et les abus sexuels".

Failles publiquesLa commission, qui souligne le travail "remarquable" accompli par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) depuis sa création en novembre 2002, affirme, qu'en dépit des avancées "force est de constater que des failles perdurent".

"Celles-ci sont perceptibles dans plusieurs domaines: la sensibilisation des administrations aux problèmes sectaires, la procédure de reconnaissance du statut d'association culturelle, les mécanismes du contrôle éducatif et l'absence de contrôle des activités des psychothérapeutes", est-il précisé.

"Les dispositifs juridiques et administratifs existants demandent à être complétés pour assurer aux mineurs victimes d'une organisation sectaire une réelle protection", estime le rapporteur.
Cinquante propositionsAussi la Comission formule-t-elle 50 propositions destinées à "contrer les dangers du phénomène sectaire". Elle propose notamment de redéfinir le régime de l'instruction à domicile et celui de l'enseignement à distance et de renforcer celui des agréments des organismes de soutien scolaire.

La commission, qui plaide en faveur d'une formation spécifique des auditeurs de justice et des avocats stagiaires au fait sectaire, veut rendre obligatoire un contrôle médical annuel par la médecine scolaire pour les enfants de plus de six ans instruits dans leur famille ou scolarisés dans des établissements hors contrat.

Elle propose également de préciser les conditions d'attribution du titre de psychothérapeute, ou bien encore, en matière de justice, d'autoriser les grands-parents à saisir directement le juge des enfants "lorsque la santé, la sécurité ou la moralité d'un enfant sont en danger".
Elle demande aussi de sanctionner l'enfermement social des mineurs ou bien encore de redéfinir les conditions de l'engagement des poursuites pour prosélytisme à l'encontre des mouvements à caractère sectaire.

Enfin, elle plaide pour la création au sein du ministère des Affaires étrangères d'un poste de correspondant chargé de ce dossier et propose de renforcer les pouvoirs et compétences de la Miviludes tant au niveau national, que local et international.

100 000 enfants dans des sectes

Les députés au secours des enfants des sectes
PlusNews, 19 décembre 2006.
La commission d’enquête parlementaire sur les sectes a rendu hier matin, à l’Assemblée nationale, un rapport sur les enfants dans les sectes. Une situation qui concernerait environ 100 000 mineurs. Les députés, conduits par Georges Fenech (UMP) et Philippe Vuilque (PS) ont été choqués par leur visite du mois dernier dans la secte de Tabitha’s Place, près de Pau. Ils formulent 50 propositions pour éviter les dérives. L’encadrement de l’enseignement à domicile est l’une des principales.
Les enfants des sectes sont en danger, tant sur le plan psychologique que médical. C’est la conclusion du rapport de 520 pages remis mardi à l’Assemblée nationale. Il s’intitule " L’enfance volée. Les mineurs victimes des sectes " et a été rédigé par la Commission d’enquête sur l’influence des sectes sur les mineurs. Les députés ont auditionné 65 personnes : enseignants, psys, juristes, anciens adeptes, etc. Leur constat : 60 000 et 80 000 enfants au minimum sont élevés dans un contexte sectaire, dont environ 45 000 chez les Témoins de Jéhovah. Il y en aurait peut-être plus de 100 000, selon le texte. Difficile de les compter, car certaines naissances ne sont pas déclarées.



Le rapport identifie plusieurs risques pour ces enfants. L’impact psychologiqueDans les sectes, « il n’y a plus de temps de l’enfance », résume Emmanuel Jancovici, chargé de mission pour la coordination, la prévention et le traitement des dérives sectaires au ministère de la Santé. Après la prière, la formation religieuse, le prosélytisme, l’instruction, il ne reste pas beaucoup de temps pour se divertir. « J’ai calculé qu’un enfant de primaire devait consacrer à la secte quasiment 23 heures par semaine », estime Nicolas Jaquette, qui a été élevé parmi les témoins de Jéhovah.
L’impact sur la vie de famille
Les sectes visent souvent à casser le lien entre les enfants et les parents, pour privilégier le groupe. « J’avais le droit de voir mes deux enfants un quart d’heure par jour seulement », se souvient Mona Vasquez, une ex-adepte de la scientologie. « C’est une nanny qui les élevait, raconte-t-elle, une nounou qui prend en charge douze enfants jusqu’à leur majorité ». Quant au reste de la famille, en dehors de la secte, il est exclu : « Les enfants ne savent même pas qu’ils ont des grands-parents, des taties, des tontons. »
Des maltraitances
Selon la Commission, les systèmes clos favorisent la maltraitance et les abus sexuels. Elle dénonce par exemple les satanistes lucifériens, qui prônent la sexualité entre enfants et adultes.
Des problèmes de santé
Les mouvements sectaires refusent souvent la vaccination, mais aussi les traitements médicaux. Les Témoins de Jéhovah par exemple s’opposent aux transfusions sanguines.

Autre danger, comme l’explique Gérard Dagon, président de l’association « Vigi anti-sectes » : les régimes alimentaires spécifiques imposés aux enfants.

Aurélie Blondel aurelie(nospam)@PLUSnews.fr

vendredi 29 septembre 2006

Seconde AUDITION ASSEMBLÉE NATIONALE 27/09/2006

 M. Michel GILBERT : J’interviens à travers le filtre de mon affaire personnelle sur la situation de tous ces enfants, 60 000 à 80 000 suivant M. le rapporteur Vuilque. Mais ce n’est qu’une affaire parmi bien d’autres.

Une organisation sectaire internationale happe des enfants. Nous avons constaté que 25 % des situations de divorce ou de séparation avaient trait, en France, à des dérives sectaires, des psychothérapies à caractère déviant, des gourous de quartier ou des formations professionnelles étranges.

M. le Président : Quelle est votre profession ?

M.Michel GILBERT: Je suis chargé de communication. Je travaille en collaboration avec la presse sur des reportages, qui concernent parfois des organisations sectaires internationales.


Celle qui me concerne est Shri Ram Chandra Mission (SRCM). C’est une organisation sectaire faussement hindouiste. Le gourou, basé à Madras, est un homme d’affaires dont les capitaux sont liés à de grandes entreprises internationales d’informatique. On peut découvrir des trames de cette organisation au sein même de la Commission européenne, puisque le directeur général chargé des rapports sur la pédocybercriminalité en Europe en est un des responsables, et

que le représentant de l’ONU à la Commission européenne en est un autre.

La genèse de cette organisation remonte aux années 1980. Un haut magistrat suisse, juge de cour fédérale, a été le président de cette association de la loi de 1901 déclarée en Suisse pendant une vingtaine d’années. Il a été obligé de démissionner à la suite d’articles de journaux l’impliquant directement.

Ce n’est qu’une des 172 organisations internationales que nous voyons communément. Elle a une trame religieuse, qui renvoie à l’hindouisme. Son public est constitué de femmes à 90 %. L’ouverture de l’ashram de Montpellier a rassemblé plus de 2 000 femmes et plus d’une centaine d’enfants. À chaque fois que les parents que nous sommes, tentons de dénoncer des infractions commises sur des enfants, les services de police refusent d’enregistrer les plaintes. Or, les enfants sont une proie de choix. Ils sont formatés dans l’envie du gourou et de l’organisation sectaire.

Je ne me présente pas comme une victime, mais comme un responsable associatif qui épaule d’autres parents. Nous sommes tous des parents affectés, mais nous refusons le qualificatif de victimes, qui renvoie à des thérapies sur plusieurs années.

J’ai pu constater personnellement que sept autres parents, en Europe, rencontrent des difficultés similaires avec cette organisation sectaire internationale basée à Madras. Le plus souvent, c’est la mère de famille qui se trouve happée ; les couples sont saccagés par l’immixtion du gourou et de la communauté. Les enfants se voient assez rapidement enseigner la pratique méditative qui est l’enseignement principal de cette organisation – parfois dès l’âge de quatre ans. C’est ce qu’on pouvait constater lors de l’inauguration de l’ashram de Madras, fin janvier 2005.

Les associations de terrain ne veulent pas soutenir les parents dans les situations de séparation et de divorce. Ils sont désemparés et personne ne sait leur indiquer comment réagir à la soumission de leurs enfants. Bien souvent, les avocats ont une tendance naturelle à déployer toutes sortes de procédures pour obtenir certains droits ; mais en général il faut attendre cinq, six ou sept ans pour que le parent non sectarisé parvienne à faire entendre sa voix. Ces procédures coûtent très cher. Les magistrats ne comprennent pas.

Le plus souvent, il s’agit d’une mère sectarisée et d’un père non sectarisé. Lors des audiences, le juge aux affaires familiales prendra fait et cause pour la mère, quelle que soit son idéologie. L’intérêt de l’enfant n’est pas vraiment pris en compte. On laisse ainsi certains parents responsables sans recours contre des mafias organisées qui utilisent le mysticisme et les dérives des religions pour accaparer les esprits. Des thérapies comportementales qui n’ont rien de la thérapie cognitive, des thérapies analytiques qui sont exercées par des gourous qui n’ont aucune formation légale, des sciences occultes, des sites web qui entraînent les enfants sur

des forums et des chats, de la cartomancie à la simonie en passant par les magnétiseurs, les faux guérisseurs de cancers, des centaines d’enfants emmenés sous bonne garde, le plus souvent par leur mère, généralement divorcée, psalmodiant jusqu’à l’autohypnose des chants indiens sur une scène de théâtre à Montpellier : voilà ce que nous trouvons dans le contexte de la SRCM. Entre les embrassades et les effusions, et sous un bombardement d’amour, les mères

laissent leurs enfants livrés à eux-mêmes.

J’ai pu constater la mise en danger de quelque 80 000 enfants en France. Je vais régulièrement dans des organisations pour constater les délits qui sont commis. Les yeux hagards, vidés des enfants sont surprenants.

L’appareil judiciaire ne poursuit pas les responsables et les structures dont des parents responsables se plaignent. Quand il est porté atteinte à l’autorité parentale et qu’un parent vient à s’en plaindre, rien n’est fait par la justice. Défendre l’intérêt de l’enfant, le protéger sur le plan psychique, physique et moral n’est plus possible.

Je pense qu’une commission telle que la vôtre devrait examiner la question des maltraitances physiques, qui peuvent être identifiées, mais aussi les maltraitances psychiques et morales, qui sont plus difficiles à discerner et qui resurgiront au moment de l’adolescence ou à l’âge adulte.

Les enfants sont profondément carencés à tous points de vue et peut-être irrécupérables pour une vie normale sans soins psychologiques voire psychiatriques. Nous demandons que mon intervention de l’autre jour puisse servir à des propositions de réformes qui ne sont plus à démontrer et qui sont urgentes.

Mon intervention d’aujourd’hui a pour but de vous confirmer que la SRCM, que vous avez courageusement classée dans les rapports parlementaires de 1995 et de 1999 parmi les organisations sectaires dangereuses, est particulièrement dangereuse pour les enfants. Mme Hayat El Mountacir le signalait dans ses ouvrages, à l’UNADFI et au CCMM.

Il conviendrait d’étudier comment aider les enfants sortants le plus simplement possible, sans thérapie ad vitam aeternam, mais en leur consacrant beaucoup d’amour, pour qu’ils puissent retrouver leur équilibre.

De nombreux enfants crient leur détresse au sein des groupes : les miens et ceux d’autres parents. Voilà pourquoi je voulais vous faire part de toutes ces situations d’enfants soumis contre leur gré, voire contre le gré de leurs deux parents.

M. Jacques MYARD : Que « vend »-on à la SRCM ?

M. Michel GILBERT : Des sessions de méditation, des prières matin, midi et soir dans l’amour du maître.

M. Jacques MYARD : Quel maître ?

M. Michel GILBERT : Shri Parthasarati Rajagopalachari.

M. Jacques MYARD : Où est basée son « épicerie » ?

M.Michel GILBERT: À Madras, au niveau international. À Lausanne, au niveau européen. Il est d’ailleurs surprenant de noter que la Société de théosophie y a également ses sièges.

En France, le siège se trouvait en 1999 dans un château du Jura, à Augerans. Un député du Jura avait tout fait pour que cette organisation cesse de nuire

localement. La mairie avait en effet basculé grâce à l’installation de plusieurs adeptes dans la commune. Le même phénomène s’est produit dans un village des

Pyrénées-Orientales avec des Témoins de Jéhovah.

Cette organisation qui est, de par son nombre, la troisième ou quatrième en France, a eu du mal à retrouver un siège. En septembre 2005, ils ont réouvert un siège à Paris, juste derrière Jussieu.

Mme Martine DAVID: Vous avez parlé de 80000 enfants en France, qui seraient menacés. D’où tenez-vous ce chiffre ?

M. le Président : De chez nous. Mais il s’agit d’une estimation toutes sectes confondues C’est le nombre qui avait été cité par M. Emmanuel Jancovici. Plus exactement, il s’agissait d’une fourchette allant de 60 à 80 000.

M. Michel GILBERT : J’ai préféré prendre le chiffre le plus élevé. En effet, aujourd’hui, on se retrouve face non seulement à des organisations sectaires, mais encore à des gourous autoproclamés de quartier avec une vingtaine de personnes autour d’eux, à des pseudo-thérapeutes, ou à des formations professionnelles déviantes du genre reïki ou kinésiologie, dans des sociétés clairement identifiées et subventionnées par des conseils généraux, avec le label ISO 9002 ; on y forme même des cadres de santé de l’institution publique.

M. Serge BLISKO : Vous parlez de subventions ou de labels accordés par des conseils généraux à certains instituts de formation déviants ou suspects. Pourriez- vous nous communiquer des informations? Nous devons nous informer d’éventuelles infiltrations du ministère de la santé, des organisations professionnelles ou des conseils généraux.

M. Michel GILBERT : Monsieur le président, vous connaissiez une ancienne déléguée du ministère de l’enfance, de la santé et de la formation professionnelle. Elle avait mis en avant ces problématiques. Grâce aux services de l’État, elle avait réussi à empêcher une société, qui faisait de la « psychiatrie spirituelle » de prospérer dans le Var. Le fondateur de cette société était d’ailleurs un des responsables de la Shri Ram Chandra. Cette personne pourrait sans doute vous donner de plus amples détails, car elle connaissait très finement ce sujet.

M. le Président : Vous me laisserez les coordonnées de cette personne, s’il vous plaît.

M. Jacques MYARD : Excusez-moi de revenir sur la question : qu’enseigne le maître de la SRCM ?

M.Michel GILBERT: L’abandon, le laisser-faire, l’accession à un état de saamadi, c’est-à-dire de mort. Il enseigne que la méditation sur le bout du nez permet d’acquérir un état de bien-être. Il y a des séances de sitting, cleaning, soit de capturing, c’est-à-dire de capture mentale. Les responsables se livrent à une psychothérapie sur la personne qui vient à ces sessions de méditation et de nettoyage.

M. le Président : Vous avez dit que nous devions faire des réformes. Avez-vous des suggestions à nous faire ?

M. Michel GILBERT : Je pense qu’à l’occasion de mon audition au nom du Réseau parental le 13 septembre dernier, j’ai soulevé certains points qui méritent d’être examinés. En tant que collectif de parents, nous constatons que lorsque nous intervenons de façon non conflictuelle, en marge de l’appareil judiciaire, nous

parvenons à résoudre assez rapidement les problèmes, dans l’intérêt de l’enfant. Il s’agit le plus souvent de séparations. L’ADFI, dans son rapport annuel, et le GEMPPI notent qu’actuellement 90 % de demandes sur le terrain émanent de

parents en situation de divorce avec un autre parent sectaire.

M. le Président : Vous seriez plutôt favorable à un règlement non contentieux de ce genre de difficultés ?

M. Michel GILBERT : Malgré tout le respect que j’ai pour les juges de la République, je constate le manque de compréhension dont ils font preuve s’agissant de ces problématiques ; je pense qu’il vaudrait mieux régler ces séparations à l’amiable, en dehors du monde judiciaire. En outre, les organisations sectaires ont de très bons avocats. Dans le cas de la SRCM, nous avons même appris que des juges en faisaient partie – comme le premier magistrat du canton de Vaud.

Il serait beaucoup plus efficace de déconflictualiser et de traiter les problèmes en amont. Nous avons à votre disposition des exemples de cas résolus et dont les parents sont satisfaits. Parfois même le parent sectarisé sort de l’organisation sectaire, se rendant compte qu’il a été manipulé.

M. le Président. Où en êtes-vous, vous-même, avec vos enfants ?

M. Michel GILBERT : Je suis en effet touché personnellement par le phénomène sectaire. Au sein des associations avec lesquelles je travaille, le Réseau parental Europe, il n’y a que des personnes concernées. C’est un gage de confiance. Les organismes sectaires s’infiltrent partout, mais pas chez nous.

Je me trouve moi-même, après sept années de procédures diverses, dans une situation d’impasse : mes enfants sont toujours entre les mains d’une organisation sectaire internationale. Ils ont été déplacés de leur lieu de vie en territoire français, à l’étranger, comme cela arrive fréquemment. Dans mon cas, c’est en Espagne. Pour nous, ce pays est devenu un sanctuaire à sectes. On y trouve non seulement des groupuscules terroristes, des groupes mafieux un peu partout, mais aussi des organisations sectaires. Les autorités espagnoles ont créé au sein du ministère de la justice un Observatoire des religions. Je crois savoir que M. Roger Gonnet n’est pas très content que l’Église de Scientologie soit en voie de reconnaissance par Madrid.

Certaines personnes autoproclamées ont accaparé tous les pouvoirs et ne veulent surtout pas que la problématique sectaire soit prise en compte.

M. le Président : Y a-t-il d’autres questions ?

M. Michel GILBERT : Monsieur le président, j’ai réfléchi au point suivant : les maires, comme M. Georges Frèche à Montpellier, sont parfaitement vigilants vis- à-vis du phénomène sectaire. Il conviendrait de les soutenir. Vous pourriez peut- être ainsi obtenir des appuis sur le terrain.

M. le Président : Ce n’est pas la position de l’Association des maires de France qui, nous dit-on, ne se sent pas concernée par la question. Mais c’est probablement une piste à approfondir.

M.Michel GILBERT: Je reprendrais également la proposition de l’ancien député M. Éric Doligé, aujourd’hui sénateur, qui souhaiterait s’en prendre aux biens patrimoniaux et aux finances des organisations. On pourrait peut-être ainsi les mettre à terre.

M. le Président : Je vous remercie.


https://www.assemblee-nationale.fr/12/pdf/rap-enq/r3507.pdf


mercredi 30 août 2006

Les sectes font de la résistance

En décembre 2003, la Cour européenne des Droits de l'homme a condamné la France pour discrimination et violation du droit au respect de la vie familiale d'une adepte des Témoins de Jéhovah, ayant perdu la garde de ses deux enfants. La cour d'appel de Nîmes avait, en effet, estimé que les règles éducatives en vigueur au sein de la secte étaient "essentiellement critiquables en raison de leur dureté, de leur intolérance et des obligations imposées aux enfants de pratiquer le prosélytisme". Une décision fondée sur "des généralités au regard des Témoins de Jéhovah" sans "qu'aucun élément concret et direct ne démontre l'influence de la religion de la requérante sur l'éducation et la vie quotidienne de ses enfants", selon l'institution juridique européenne.



Les chiffres en France

D'après l'Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l'Individu (UNADFI), on dénombrerait environ 500 000 membres de sectes en France. Mais cela reste très difficile à évaluer. Toutefois, 80 % de ces organisations regrouperaient moins de 500 adeptes et seule une quarantaine de mouvements concentrerait le phénomène sectaire. On peut néanmoins les classer en cinq grands ensembles :

- les sectes millénaristes : les plus anciennes, de taille internationale et issues du protestantisme (Mormons, Témoins de Jéhovah) ;
-les sectes d'origine orientale : syncrétistes et utopistes, groupe le plus puissant et le plus dynamique (Krishna, Moon, Scientologie) ;
- les sectes gnostiques : occultistes et ésotériques (Graal, Rose Croix) ;
- les sectes se réclamant du catholicisme mais totalement indépendantes de Rome et non reconnues (Mandarom) ;
- les autres, plus minoritaires, sont des petits groupes prônant le végétarisme, les médecines douces, la méditation...

En France, une loi anti-sectes depuis 2001

Dès 1981, un premier rapport produit par Philippe Marchand, dans le cadre de la commission des lois de l'Assemblée nationale, entame le processus de la prise de conscience des pouvoirs publics vis-à-vis du phénomène sectaire. En 1995, une autre commission d'enquête parlementaire sur les sectes dépose un nouveau rapport. La France prend conscience de l'ampleur du phénomène. La loi About-Picard, (juin 2001), condamne les infractions traditionnelles de droit pénal, permet de poursuivre le groupe entier en tant que personne morale, et non plus seulement les dirigeants de la secte incriminée, et ainsi offre la possibilité de prononcer sa dissolution, par procédure pénale ou civile. Le délit de manipulation mentale se voit puni d'une peine de prison de trois à cinq ans et d'une amende de 45 000 à 90 000 euros. Une première en Europe. Ce dernier élément a suscité de larges débats, notamment au sein des églises officielles. La question reste de savoir où fixer la frontière et surtout les critères entre manipulation mentale et conviction, dès lors qu'il s'agit de subjectivité....



Invités :

Philippe-Jean Parquet
Professeur de psychiatrie à l'université du droit et de la santé de Lille II
Philippe-Jean Parquet gère, au sein de son unité, une structure d'aide aux victimes des sectes.
Il est membre du conseil d'orientation de la MIVILUDES mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires,
en charge des actions de prévention.

Jean-Michel Pesenti
Avocat pénaliste, Jean-Michel Pesenti a plaidé pour des victimes dans pas moins de deux cents affaires de sectes, dont de nombreuses mettant en cause l'église de scientologie, le Mandarom, les Témoins de Jéhovah ou encore Raël.
Jean-Michel Pesenti a par ailleurs repris le procès Tabachnik (OTS) en appel,
pour la défense de quatre familles de victimes.

Maurice Duval
Ethnologue, maître de conférences en ethnologie des mondes contemporains à l'université Paul-Valéry de Montpellier, Maurice Duval y dirige le Centre d'études et de recherches comparatives en ethnologie.
Il est l'auteur d' "Un ethnologue au Mandarom" : enquête à l'intérieur d'une secte, paru en 2002.

Mathieu Cossu
Responsable du site Internet Prevensectes, un site indépendant d'information générale et de prévention sur les sectes.
A travers cette interface, Mathieu Cossu assure également un rôle d'écoute et de conseil auprès des familles ou des personnes qui ont le sentiment d'être en contact avec une secte.


Livres:

Les sectes : Jean Vernette, Ed. PUF, 2002

Qu'est-ce exactement qu'une secte ?
Quelles sont les principales actuellement dans le monde ?
Quel danger présentent ces nouveaux mouvements religieux et comment lutter contre eux ?
Telles sont les questions auxquelles ce livre se propose de répondre.

Les sectes : Alain Vivien, Ed. Odile Jacob, 2003

L'auteur brosse le tableau de l'action des sectes en France et dans le monde, décrypte leurs stratégies et leurs fonctionnements, alerte sur les dangers moraux, psychologiques mais aussi financiers et politiques qu'elles représentent, notamment à la faveur de la mondialisation.


Sites web

Prevensectes
Pour ne pas se laisser piéger par les sectes.
Assemblée nationale
Rapport d'enquête sur les sectes, 1995.

Cour européenne des Droits de l'homme
Arrêt concernant l'affaire Palau-Martinez.

Médias

* Libération
- "La France condamnée pour avoir discriminé une témoin de Jéhovah", 16 décembre 2003.

* L'Express
- "Loi sur les sectes : le pour, le contre", par François Koch, article du 27 juillet 2000.

* France 5
- "C dans l'air : Le mystère de la secte tueuse", l'affaire de l'ordre du temple solaire, entreetien avec Alain Vuarnet - parent affecté -


jeudi 30 mars 2006

Aspects psychologiques du danger sectaire


SECTES ET ENFANCE

Journée d'études du Groupe d'études sur les sectes de l'Assemblée nationale, Lyon, France

Le 30 mars 2006

Communication de Jean-Claude Maes psychologue de SOS-Sectes en Belgique

1. Le concept de filiation

1. a. Le mythe d’auto-engendrement

1. b. Les filiations imaginaires

1. c. Les enjeux groupaux

2. Le concept de lien

2. a. Les besoins des enfants

2. b. Les rituels sectaires

2. c. Le double lien

3. Le concept de loi

3. a. Deux types de lois

3. b. De la gestion sectaire des appartenances: l’incestuel sectaire

3. c. De la gestion sectaire des conflits

4. Conclusion: les conséquences pour les enfants



Je suis psychologue et psychothérapeute familial systémique, ce qui signifie que j’ai tendance à envisager les problèmes psychologiques sous l’angle groupal et observable plus que sous l’angle historique individuel et inconscient. J’ai, en son temps, reçu quelques familles dont un membre était adepte de secte, et qui m’ont donné l’idée de créer des groupes de parole pour victimes de secte. C’est là que s’enracine tout ce que je pourrais exposer aujourd’hui sur le phénomène sectaire, et c’est cette première activité qui justifie toutes celles que j’ai mené par la suite dans le champ de ce que j’ai intitulé l’aide aux victimes de sectes. A savoir, dans l’ordre où elles sont apparues: l’observation anthropologique, la consultation psychologique, l’étude statistique à partir de protocoles de recherche, l’organisation de colloques et de séminaires, la création à Bruxelles d’un service psychologique spécialisé: SOS-Sectes.

1. Le concept de filiation

J’ai créé SOS-Sectes au sein d’un planning familial dans lequel j’étais, et suis toujours, employé. Ce planning familial a lui-même été créé par une assistante sociale, au sein d’une maison médicale qui existe toujours, et dans laquelle je pratique la psychothérapie en tant qu’indépendant. Cette maison médicale a été créée au début des années soixante-dix par de jeunes médecins qui pratiquaient une certaine militance, propre à ces années-là, et qui a engendré ce qu’on appelle, en Belgique, le milieu associatif. Pour un certain nombre de ces médecins, le socialisme rimait avec la psychanalyse… On trouve des traces de tout cela dans les rapports d’activité des trois institutions, avec les concepts de santé intégrée et de subjectivité. La santé intégrée, c’est l’idée que la santé se décline sous des angles divers indissociables les uns des autres: le somatique, le psychique, le social, le juridique, etc. La subjectivité est un concept psychanalytique qui va de pair avec celui d’autonomie: l’idée que la santé dépend du désir de l’usager au moins autant que de la compétence des intervenants.

Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous raconte tout cela… Réponse: parce que j’ai pour mandat de développer les aspects psychologiques de l’enfance en secte, et que le premier concept à développer dans ce cadre, c’est sans aucun doute celui de la filiation ! Or, toutes les sectes sans exception ont un problème avec la filiation. Je dirais, très schématiquement, qu’on peut repérer sur ce point deux grands types d’écueils qui, le plus souvent, coexistent.

1. a. Le mythe d’auto-engendrement

Premier type d’écueil: une partie de la filiation passe « à la trappe », autour d’un mythe d’auto-engendrement. C’est ce type d’écueil que j’ai voulu éviter en vous expliquant l’origine institutionnelle et idéologique de SOS-Sectes. On dit que les sectes avancent masquées. C’est souvent vrai, mais cela ne veut pas seulement, ni toujours dire qu’elles n’affichent pas leur nom sur le frontispice de leurs locaux. Cela veut surtout dire qu’elles cachent – sciemment – quelque chose de leurs origines, soit en l’idéalisant, soit en le passant sous silence. Qu’ils s’agissent de certaines de leurs sources d’inspiration au niveau idéologique, de certains éléments de la biographie du gourou, etc. Il faut savoir que telles pratiques sont également le lot des familles qui engendrent la psychose: quand on creuse un peu l’histoire de ces familles, on tombe sur des « cryptes » difficiles à ouvrir. Et quand on y arrive, on trouve généralement un souvenir honteux concernant l’un ou l’autre ancêtre.

Ce qui est assez étonnant à observer, c’est que ces secrets de famille, en partie à cause de ce qui a été mis en place pour les préserver, influencent le destin familial. Par exemple, on peut observer que certains de ceux qui ne sont pas dans le secret, et en particulier certains des enfants, rejouent des éléments du scénario honteux sous forme de comportements, sans savoir ce qui les pousse, mais de façon très compulsive.

1. b. Les filiations imaginaires

Second type d’écueil: une partie de la filiation dont le gourou se réclame est purement imaginaire. C’est particulièrement net avec une majorité de sectes religieuses qui prétendent renouer avec la pureté de origines de telle ou telle religion, alors qu’elles ne peuvent se réclamer d’aucune filiation, ni réelle, comme ce serait le cas si elles étaient le fruit d’un schisme (je pense par exemple, au sein du christianisme, aux catholiques et aux orthodoxes), ni symbolique, comme ce serait le cas si elles étaient le fruit d’une critique motivée, dans un contexte historique tendu (ici, je pense évidemment aux protestants, qui n’ont pas rompu avec le catholicisme pour assouvir la soif de pouvoir d’un quelconque gourou, mais parce qu’une alternative au catholicisme était de toute évidence nécessaire).

Les filiations imaginaires peuvent suivre des chemins plus insidieux. Par exemple quand telle ou telle secte, dans un de ses manuels, se réclame, pour étayer un de ses credo, de la science, et qu’elle fait figurer, sur la même page, une photo d’Einstein... En dehors de tout contexte, sauf qu’Einstein est une icône de la science, et que faire figurer cette icône dans un manuel, c’est sous-entendre une filiation avec lui. Le fond du problème, c’est que la filiation, quand elle est réelle ou symbolique, relativise les idées, les croyances: si j’affirme ceci ou cela, c’est parce que j’y crois, mais aussi parce que j’ai été influencé par untel ou untel.

Dans certaines familles aussi il peut y avoir des filiations imaginaires, par exemple quand un acte d’adoption (je range ce type d’acte dans les filiations symboliques) est gardé secret, que les parents adoptants cachent sous ce silence (qui relève de la pensée magique) la blessure de leur infertilité. Là encore, un absolu camoufle la relativité des choses: « Nous ne sommes pas infertiles ! La preuve: nous avons un enfant. »... Dans ce cas et dans d’autres, on observe de façon récurrente des crises d’adolescence qui tournent à la catastrophe.

1. c. Les enjeux groupaux

Et l’enfance en secte dans tout cela ? Au niveau familial, on peut résumer la situation en peu de mots: tous les adeptes sont des frères (y compris les parents et leurs enfants), la secte est une mère, et le gourou un père... On imagine aisément les difficultés qui peuvent en découler. Dans le meilleur des cas, l’autorité parentale est vidée de sa substance. Dans le pire, les enfants sont séparés de leurs parents et éduqués dans un contexte aseptisé, désinfecté pourrait-on dire (car la dialectique de la souillure et de la pureté est à l’avant-plan de tous les vécus sectaires, sous forme de procédures). On y trouve, certes, la perfection de principes appliqués à la lettre, mais outre que ces principes peuvent être discutables, il y manque de toute façon l’imperfection inévitable et nécessaire d’un lien filial qui ne repose pas sur l’absolu d’un quelconque idéal pédagogique mais sur le relatif du désir d’enfant, et toute l’histoire qui accompagne ce désir, qui fait qu’avant même de naître, l’enfant possède déjà tout un passé.

En réalité, et heureusement, les choses tournent souvent mieux que ce que pourrait suggérer ce qui précède... Mais pourquoi ? Pas parce que le système dont je viens de tracer les grandes lignes aurait du bon, mais parce que la plupart des adeptes restent parents, et concilient les contradictions résultant de leur double appartenance par un fonctionnement à deux vitesses: un fonctionnement à la ville, un autre à la scène. Et heureusement à nouveau, les enfants sont naturellement doués pour naviguer entre deux eaux (qu’on pense aux enfants du divorce !).

Ceci recoupe un concept sur lequel j’ai fait couler beaucoup d’encre, mais que je ne ferai qu’évoquer aujourd’hui. Je le dois à Steven Hassan (1995), mais j’ai essayé de lui donner les fondements métapsychologiques qui lui manquaient. L’idée en « très, très court », c’est que l’adepte survit au double lien en clivant son identité: d’une part le soi-secte conforme à l’idéal sectaire, et se présentant, en quelque sorte, comme un clone du gourou ; d’autre part le soi-famille, qui reste loyal à sa famille d’origine, et à la filiation qui accompagne celle-ci. Je reviendrai plus tard aux conséquences d’un tel fonctionnement sur l’enfant.

2. Le concept de lien

J’ai rencontré peu d’enfants dans le cadre de SOS-Sectes, et d’ailleurs peu d’adeptes. Par contre, j’ai rencontré un certain nombre d’adultes ayant passé leur enfance dans une secte, d’ex-adeptes pouvant témoigner des conditions de vie des enfants dans les sectes, et surtout, énormément de proches d’adeptes inquiets pour les enfants de ces derniers, soit parce qu’ils voyaient ces enfants vivre des situations qui leur paraissaient dangereuses pour la santé, soit parce que ces enfants développaient des symptômes. Chaque situation est particulière, et il est toujours difficile de faire la part de ce qui doit être attribué à la dynamique sectaire ou à l’hérédité familiale. Je ne dispose pas de temps nécessaire pour faire le tour de la question, de plus je voudrais éviter les langues de bois propres à ma profession. En même temps, je préférerais ne pas donner malgré moi dans des simplismes: la question est trop grave. Tout ce que je puis faire, dès lors, c’est proposer quelques pistes de réflexion, quitte à ce que cette dernière soit éclatée. Et laisser à chacun le soin de faire sa propre synthèse.

2. a. Les besoins des enfants

Première piste de réflexion: de quoi un enfant a-t-il besoin pour se développer de façon satisfaisante ?

On pourrait déjà se demander: satisfaisante pour qui ? Parce qu’on pourrait imaginer qu’un enfant se développe de façon satisfaisante pour la secte, donc pour l’adepte, mais de façon non satisfaisante pour les parents non adeptes, et/ou pour la société. C’est pourquoi, je pense, on a créé les Droits de l’enfant. A l’instar de Jacques Michel (in Collectif, 2003, p.101), je préférerais qu’on nous parle des Devoirs des parents, mais nonobstant, je propose de limiter les besoins de l’enfant à ce que lui permettra de mener une vie à peu près autonome (c’est ici qu’on retrouve ma filiation). Il me semble qu’on pourrait, alors, limiter les besoins de l’enfant à deux: formulé à un niveau affectif, 1) de l’amour, et 2) des limites, ou encore et pour le formuler de façon moins romantique, 1) du lien, et 2) des lois ; formulé à un niveau cognitif, cela donne 1) de la matière, et 2) des moyens d’y faire un tri, c'est-à-dire, à nouveau mais à un autre niveau, des limites, des lois. Vous savez que quand on analyse un sujet donné, une matière, quand on explore un champ théorique, on commence par classifier les éléments, en créant des catégories, on trace des frontières, de plus en plus précises, jusqu’à ce qu’on arrive à en déduire des lois. Une loi, au niveau le plus élémentaire, c’est la description de la relation entre des éléments et l’ensemble qui les contient, ou entre plusieurs ensembles, par exemple entre les sous-ensembles et l’ensemble qui les contient.

En ce qui concerne la matière apportée aux enfants, on a amplement démontré, en sciences humaines, qu’elle ne peut s’inscrire dans la mémoire en dehors du lien, et des émotions qui l’accompagnent: l’être humain est un animal grégaire. Je ne vais pas passer trop de temps sur cette question. Disons qu’on pourrait s’indigner que la matière que telle secte donne à digérer à tel enfant, soit une matière non conforme à ce que la société attend du futur adulte... Mais pour moi, en tant que psychologue, ce n’est pas pertinent. Et puis, je commence à croire que la matière enseignée par les sectes, faute d’être conforme aux valeurs de la démocratie, recoupe les exigences d’un certain type de libéralisme (je ne parle pas ici de l’idéologie libérale, mais d’une certaine praxis). Je vous renvoie, à ce sujet, à des ouvrages tels que « Sectes, démocratie et mondialisation », d’Anne Fournier et Catherine Picard (2002).

2. b. Les rituels sectaires

Parlons du lien. Tout lien, qu’il soit conjugal, familial, amical, professionnel, ou autre, s’enracine dans des croyances, croyances partagées par le groupe d’appartenance, mais aussi des rituels, plus ou moins formalisés, qui entretiennent les croyances, organisent l’espace et le temps, etc. Certains rituels soutiennent la durée, qui est non changement, d’autres soutiennent le changement, par exemple les rites de passage.

Pour moi, ce qui caractérise les groupes dits sectaires, ce qu’ils ont en commun, n’est pas à repérer du côté des croyances, qui peuvent être bizarres (mais en dernière analyse, toute croyance finit par se heurter au réel), mais à repérer du côté des rituels. Quand il s’agit de grands groupes, ces rituels sont très institutionnalisés, donc très repérables. Quand il s’agit de petits groupes, ils peuvent avoir un aspect plus empirique. Petits et grands groupes ont en commun de ne proposer – et je dirais même, de n’autoriser – qu’un seul rite de passage, à savoir l’entrée dans le groupe, qui se présente, se définit résolument comme une coupure, coupure avec l’extérieur d’un point de vue spatial, coupure avec le passé d’un point de vue temporel.

Cela ne prend pas forcément une forme caricaturale. C’est ainsi que j’ai défini en son temps, autour du concept de « co-adepte » (Maes, 2000, 2005, etc.), comment certains proches de l’adepte participent à la coupure sectaire par la façon dont ils réagissent aux nouveaux comportements de l’adepte. C’est un fonctionnement systémique. Après quoi, il faut préciser que ces comportements sont dictés à l’adepte par certains rituels du groupe, ceux qui entretiennent la coupure fondatrice, initiée par le rite de passage. Une autre façon de formuler la même chose, c’est de constater qu’après ce rite de passage, tous les rituels d’entretien n’auront plus qu’une seule visée: préserver la pureté originaire sans la moindre tache (entendre par là: sans la moindre possibilité de changement).

2. c. Le double lien

Revenons aux enfants. Le lien qui unit l’enfant à l’humanité est fait, dans un premier temps, de relations verticales aux parents, et de relations horizontales dans la fratrie, puis dans un second temps, de relations verticales à des adultes extérieurs (je pense en particulier aux enseignants), et de relations horizontales avec des enfants d’autres familles. Par ailleurs, il se fonde, comme déjà dit, sur une filiation, qui s’exprime, entre autres, à travers le désir des parents (désir d’avoir un enfant). Toutes ces relations, pour des raisons que je n’aurai pas le temps de développer, mais qui recoupent ce que je viens de définir en termes de coupure, courent le risque d’être carencées. Plus précisément, toutes les relations susceptibles de soutenir, chez l’enfant, des changements, seront combattues dans la secte par des rituels de non changement. Ce qui est mis en danger ici, c’est donc la possibilité pour l’enfant d’accéder à l’autonomie.

Le lien sectaire présente un visage résolument paradoxal. En effet, d’une part c’est un lien particulièrement contraignant, et d’autre part il se fonde sur une coupure. A un niveau étymologique, comme vous le savez, on trouve, à l’origine, à la fois « secare », couper, et « sequi », suivre. A mon sens, il n’y a pas contradiction entre ces deux racines, mais rendu d’un paradoxe. Sans doute est-ce un hasard, mais il se pourrait aussi que ce soit le fruit d’une intuition collective: tous les rituels qui nourrissent le lien sectaire mettent en scène un signifiant de coupure… Qui plus est, ce paradoxe est impossible à dénoncer. Par exemple, si l’adepte ou l’enfant d’adepte s’avisait de se plaindre que quelque chose dans les prescriptions du gourou l’empêche de faire lien au sein du groupe, ou met en péril ses liens familiaux, on lui dira qu’il a mal compris ces prescriptions, ou qu’il échoue à les mettre en application, on va donc lui rappeler, l’avertir qu’il est en grand danger spirituel, etc. A l’arrière-plan, une menace plus ou moins explicite ou voilée d’exclusion, qui terrifie l’adepte s’il est arrivé à un stade de forte dépendance vis-à-vis du groupe sectaire. Ce que je viens de décrire s’appelle un double lien. Signalons que dans les familles où les doubles liens dominent, les enfants sont, à nouveau, en danger de psychose.

En pratique, les sectes s’occupent plus ou moins des enfants. Certaines sectes en prennent un soin attentif, les mettent au centre de leurs pratiques, et cela peut donner des résultats catastrophiques, des dégâts irréparables. D’autres sectes laissent une certaine marche de manœuvre aux parents. Il faut entendre par là que les parents font ce qu’ils veulent à condition premièrement de s’arranger pour que leurs enfants ne pèsent pas sur le fonctionnement sectaire, et deuxièmement de ne pas contrevenir aux lois sectaires.

3. Le concept de loi

J’en arrive ainsi à la seconde partie de mon exposé, qui concerne les lois. En « très, très court » à nouveau, disons qu’on peut repérer, dans n’importe quel groupe, deux types de lois qui peuvent soit coexister, soit s’amalgamer. C’est dans le second cas qu’apparaissent les paradoxes et les doubles liens.

3. a. Deux types de lois

Il y a, d’une part, les lois qui servent à gérer les appartenances aux groupes et aux sous-groupes, et d’autre part, les lois qui servent à gérer les conflits. Je vais donner quelques exemples.

Dans le cas du premier type de lois, je dirais que l’infraction est sanctionnée d’exclusion. Par exemple, l’adultère est sanctionné (ou peut l’être) par une exclusion du sous-groupe conjugal. Certaines hérésies religieuses peuvent être sanctionnées d’excommunions. Etc.

Dans le cas du second type, par contre, qui concerne, comme je l’ai dit, la gestion des conflits, l’infraction ne remet pas l’appartenance en question. Par exemple, certaines infractions du règlement de travail entraînent le licenciement, d’autres entraînent des rétorsions, des sanctions dites « administratives », des changements de fonction, que sais-je, mais pas de licenciement.

Du côté des lois universelles, et si je me réfère, cette fois, à la théorie psychanalytique, nous avons le tabou de l’inceste, qui concerne les appartenances, et le tabou du meurtre, qui concerne la gestion des conflits. J’y reviendrai.

Quand les deux types de lois coexistent, l’appartenance est à la fois solide et souple. Par solide, il faut entendre qu’elle autorise et qu’elle supporte les différences individuelles en son sein. C’est le rôle du deuxième type de lois, bien évidemment, que de gérer la coexistence de ces différences. Par souple, il faut entendre que le groupe d’appartenance pratique l’exogamie. Notons que la frontière entre l’inceste et l’endogamie fluctue énormément suivant les cultures et les époques. Mais globalement, le tabou de l’inceste soutient l’exogamie.

3. b. De la gestion sectaire des appartenances: l’incestuel sectaire

Dans certains groupes, dont les groupes intégristes et les groupes sectaires, on trouve une interdiction plus ou moins rigide de l’exogamie. C’est presque le contraire du tabou de l’inceste. P. C. Racamier, l’inventeur du concept d’incestuel, a montré que dans les familles incestuelles, le tabou de l’inceste est remplacé par un tabou du tabou de l’inceste. L’incestuel, c’est une ambiance d’inceste dans un contexte non incestueux. Il n’y a pas d’inceste, mais il règne dans le groupe la même ambiance que dans une famille où l’inceste aurait lieu. Nous pourrions poser l’hypothèse que la prégnance d’une loi endogamique dans le groupe de croyance peut avoir une résonance incestuelle, voire incestueuse, dans la famille…

Les sectes sont extrêmement discrètes en ce qui concerne l’existence en leur sein d’incestes ou d’abus sexuels, mais un certain nombre de scandales relayés par la presse, ainsi que des récits récoltés en consultation, donnent à penser que le danger est bien réel. Je ne parlerai même pas de certains groupes qui proposent des pédagogies douteuses…

Fondamentalement et pour éviter toute diabolisation, je pense qu’il faut considérer que l’abuseur est toujours seul coupable de l’abus, même quand son groupe de référence lui offre des éléments facilitateurs. Par contre, je m’interroge sur ce qu’il faut penser, par exemple d’un groupe dans lequel la dénonciation d’un inceste entraîne les effets suivants:

1° Le tribunal sectaire (car les sectes ont leurs propres tribunaux) interdit à la famille de porter plainte, dans le but d’éviter un scandale qui rejaillirait sur le groupe.

2° Plutôt que de gérer l’abus comme un conflit entre l’abusé et l’abuseur, se concluant par une sanction à l’égard de l’abuseur, le tribunal sectaire décide d’exclure l’abuseur du groupe (par définition le mal est à l’extérieur du groupe). En soi c’est un problème, car la victimologie démontre que la victime d’une infraction a besoin, pour se remettre de son traumatisme, de passer de la position passive qui était la sienne pendant l’infraction, à une position plus active, où elle se confronte à son agresseur, ce que lui permet la procédure judiciaire.

3° Passé un certain délai, l’abuseur présente ses excuses publiques, et l’abusé accorde son pardon (ne pas l’accorder serait considéré comme un péché).

Je viens de donner un exemple d’amalgame entre les deux types de lois.

3. c. De la gestion sectaire des conflits

Qu’en est-il de la gestion des conflits ? Le crime de Caïn, au fond, c’est d’abord son insoumission à Dieu, symbole fort de ce que les psychanalystes appellent la « fonction paternelle ». Cette fonction ne doit pas forcément passer par le signifiant divin, mais elle doit trouver des signifiants sociaux, voire des incarnations (ne serait-ce que la figure du juge), sinon les conflits dégénèrent en guerres, et les guerres se concluent par de meurtres. Il faut entendre ces concepts dans une acception très large: le meurtre peut être moral, affectif, social, etc.

On peut donc dire que le tabou du meurtre soutient la gestion sociale des conflits, au même titre que le tabou de l’inceste soutient l’exogamie.

D’après une étude que nous avons menée de 1996 à 2001 (cf. Collectif, 2001), les sectes gèrent les conflits par le rappel doctrinal et la culpabilisation, ce qui a pour effet de faire monter l’angoisse, sans que quoi que ce soit de cette angoisse puisse s’exprimer, puisque l’expression d’une angoisse ce serait déjà le conflit. Et plus grave encore, ce serait du conflit doctrinal: la doctrine est supposée parfaite, donc par définition son application adéquate devrait apaiser toutes les angoisses... De façon assez générale, quand un adepte exprime des doutes sur la doctrine, on lui répond qu’il est en danger de mort spirituelle, et que le seul antidote possible à cette maladie est le prosélytisme. Faut-il expliquer en quoi cette prescription est, à nouveau, paradoxale ? D’après mes observations, la seule façon qui reste au conflit pour s’exprimer, c’est à travers des symptômes, essentiellement psychosomatiques et phobiques.

4. Conclusion: les conséquences pour les enfants

Revenons aux enfants. Leur maturation, comme tout processus de changement, dépend beaucoup de la possibilité pour le groupe de référence (la famille élargie) d’accéder à une dialectique: l’enfant doit pouvoir exprimer les conflits auxquels il est confronté dans un contexte structuré, contenant. La fonction paternelle, je l’ai dit, doit être fortement incarnée. Peu importe d’ailleurs que ce soit par le père ou par la mère. Ce qui est important, c’est qu’il puisse éprouver ses contradictions (ce qu’on appellerait en rhétorique la thèse et l’antithèse), et faire ses premiers choix de vie (ce qui correspond plus ou moins à la synthèse). Deux éléments s’y opposent dans une secte.

Premièrement, les fonctions parentales sont fréquemment perçues comme rivales du service sectaire. C’est ainsi que la seule « fonction paternelle » admise est celle du gourou. Or, elle est d’un type fort paradoxal, dont Jean-Marie Abgrall a dit, dans une formule heureuse (1996, pp. 99-100), qu’on observait dans les sectes une « co-errance » de la fonction paternelle et de la fonction maternelle… Si on l’exprime en termes de figure mythique, cela signifie que dans une famille normale, le père est supposé interdire à l’enfant de rester « dans les jupons » de sa mère, alors que dans une secte, le gourou-père fait une obligation à l’adepte de fusionner avec le groupe-mère.

Deuxièmement, j’aimerais attirer votre attention sur la réalité suivante: tous les enfants ont peur d’être abandonnés. Freud a montré comment cette peur présidait à l’intériorisation des interdits, et même, constituait l’embryon de ce qui deviendra le sentiment de culpabilité. On voit ici comment la peur de l’exclusion soutient la fonction paternelle, et la gestion des conflits. A priori, on pourrait donc penser que les amalgames sectaires ne vont pas poser problème. Sauf que dans un contexte normal, la peur de l’enfant ne repose sur aucune réalité, alors que dans le contexte sectaire, l’exclusion est loin d’être un fantasme, c’est une réalité récurrente. Parallèlement, la menace d’exclusion est un des organisateurs groupaux les plus fondamentaux, voire les plus fondateurs.

L’amour en secte est toujours conditionnel. Là où l’amour dans une famille devrait être par définition inconditionnel. Or, cette inconditionnalité est très précisément ce qui autorise la différence, donc la différenciation. On a parfois dit que l’idéal sectaire était un fantasme de clonage… Je pense que c’est vrai. Et je pense qu’un tel idéal appliqué à la parentalité et à l’éducation est une catastrophe affective, avec de nombreuses conséquences possibles dans tous les domaines de la vie, que ce soit la culture, la socialisation, la citoyenneté, etc. Je vous remercie pour votre attention.

Jean-Claude Maes

BIBLIOGRAPHIE

ABGRALL, J.-M. (1996), La mécanique des sectes, Payot, Paris. COLLECTIF (2003), Actes du quatrième colloque belge d’aide aux victimes de sectes: « Sectes et société », SOS-Sectes, Bruxelles. COLLECTIF (2001), Santé mentale et phénomène sectaire, Commission Communautaire Française, Bruxelles. FOURNIER, A. et PICARD, C. (2002), Sectes, démocratie et mondialisation, PUF, Paris. HASSAN, S. (1995), Protégez-vous contre les sectes, Éditions du Rocher, Monaco. MAES, J.-C. (2000), Dépendance et co-dépendance à une secte, in Thérapie familiale n°21, pp. 111-127. MAES, J.-C. (2005), Le concept de co-dépendance appliqué à l'étude du phénomène sectaire, in MIVILUDES (2005), Sectes et laïcité, La Documentation française, Paris, pp. 46-57.