lundi 29 décembre 2008

Rapport INSERM évaluations psychothérapies

Evaluation psychothérapies


Rapport INSERM l'intégrale enfin, aprés sa surprenant disparition du site du Minsitère de la santé sur ordre du Ministre Douste Blazy (article de Le Monde sur cette affaire), il nous a été assez difficile de le récupérer, mais grâce à l'autorisation du service de presse de l'INSERM le voila pour vous.


Expertise collective Inserm.


Psychothérapie Trois approches évaluées

Pour consulter ou télécharger la totalité du rapport INSERM sur l'évaluation des psychothérapie en entier, cliquez ici

(Attention, il est long au téléchargement, mais la patience paye) :


Rapport INSERM
SOMMAIRE
Avant-propos
Analyse
Données générales sur l'évaluation de l'efficacité 1. Réflexion sur l'évaluation 2. Aspects méthodologiques de l'évaluation 3. Étapes historiques de l'évaluation
Approche psychodynamique 4. Présentation de l'approche psychodynamique (psychanalytique) 5. Aspects méthodologiques de l'approche psychodynamique 6. Études d'évaluation de l'approche psychodynamique
Approche cognitivo-comportementale
Approche systémique et de couple
Données sur les trois approches
Synthèse
Annexes



Ci-dessous le texte que vous trouverez sur le site de l'INSERM http://www.inserm.fr/ :


Dans le cadre du Plan santé mentale mis en place par le ministère de la Santé en 2001, la Direction générale de la santé (DGS) a sollicité l'Inserm pour réaliser une expertise collective à partir de la littérature internationale sur l'évaluation de différentes psychothérapies appliquées au soin des troubles mentaux.


Deux associations françaises, l'Union nationale des amis et familles de malades psychiques (UNAFAM) et la Fédération nationale des associations d'(ex)patients de psychiatrie (FNAP-Psy) se sont associées à la DGS dans cette démarche.


L'Inserm a réuni un groupe d'experts (psychiatres, psychologues, épidémiologistes et biostatisticiens) qui ont pris en considération trois approches psychothérapiques :
- l'approche psychodynamique (psychanalytique),

- l'approche cognitivo-comportementale,

- l'approche familiale et de couple.


Durant plus d'une année, les experts ont analysé environ 1 000 articles issus de la littérature scientifique internationale. Pour la première fois en France, une démarche d'évaluation concerne trois approches psychothérapiques utilisées dans le traitement des troubles mentaux, allant de la dépression et des troubles anxieux à la schizophrénie et l'autisme.


Les troubles pris en compte dans cette expertise sont :
Chez l'adulte : les troubles anxieux, les troubles de l'humeur, les schizophrénies, les troubles des comportements alimentaires, les troubles de la personnalité, l'alcoolodépendance.
Chez l'enfant et l'adolescent : l'autisme, l'hyperactivité, les troubles des conduites, les troubles des comportements alimentaires, les troubles de l'humeur, et les troubles anxieux.


Trois approches évaluées

L'approche psychodynamique (psychanalytique)
L'approche psychodynamique s'appuie sur la théorie psychanalytique incluant le transfert* . Née des travaux de Sigmund Freud, elle s'est récemment diversifiée dans sa pratique, avec de nombreuses variantes cliniques (psychanalyse, thérapie psychanalytique, thérapie brève psychodynamique, thérapie interpersonnelle psychodynamique…). Ces thérapies ont pour objectif des changements profonds et durables chez le patient. Elles cherchent à les susciter par l'utilisation du langage et font donc partie des thérapies dites verbales. Elles sont utilisées comme outil de (re)construction de la personne. Les psychothérapies psychanalytiques sont des traitements d'au moins un an, avec une ou plusieurs séance(s) par semaine, visant à des changements de la structure et de l'organisation psychique. Les psychothérapies psychodynamiques brèves, de 40 séances ou moins, sont plus souvent centrées sur un événement. Elles se sont essentiellement développées aux Etats-Unis et sont peu pratiquées actuellement en France. Chez l'enfant, l'application de la psychanalyse repose sur la valeur symbolique du jeu (dessins, jouets représentant des êtres humains, des animaux…). Le jeu est également un moyen pour l'enfant de se défendre des affects qu'il éprouve dans la situation thérapeutique. La formation des thérapeutes tient compte de la diversité des techniques. Elle comporte une analyse personnelle, la supervision de plusieurs cas et un enseignement théorique, rarement intégré dans un enseignement universitaire en France. Elle s'adresse à des personnes ayant déjà une formation universitaire et clinique et s'étale sur 5 à 8 ans.
*le transfert désigne le fait qu'une personne se met à actualiser (projeter dans le présent) sur une autre personne, des désirs ou des situations inconscients, liés à son propre passé.


L'approche cognitivo-comportementale
Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) se sont appuyées tout d'abord sur les théories de l'apprentissage. Elles ont ensuite pris pour référence les théories cognitives du fonctionnement psychologique, et en particulier le modèle du traitement de l'information. L'étape préalable est l'analyse des relations entre les " comportements-problèmes ", les pensées, les émotions et l'environnement social et physique. Le thérapeute adapte ensuite au patient les différentes techniques relatives aux théories de cette approche. La relation thérapeutique se fonde sur " l'ici et maintenant ", la sélection avec le patient de problèmes concrets à résoudre et une démarche thérapeutique établie en commun. Deux principes sont appliqués pour favoriser la réussite de cette démarche : la segmentation de la difficulté, en classant les étapes à affronter, et la valorisation des comportements positifs du patient par le thérapeute. Les TCC se pratiquent sur une base de 10 à 25 séances dont la durée varie selon les troubles de 45 minutes à 3 heures. De nombreuses techniques de TCC ont été adaptées à l'adolescent et l'enfant, selon l'âge et avec le soutien de manuels spécifiques.
Les TCC se sont développées en France à partir des années 1970 grâce à des associations privées qui assurent une formation initiale et continue sous la forme d'ateliers et de congrès. Cette formation est destinée aux psychiatres, médecins généralistes, psychologues, infirmiers spécialisés en psychiatrie et certaines professions paramédicales. Depuis quelques années, des diplômes universitaires valident un enseignement théorique de trois ans. Cette formation est complétée par la supervision de plusieurs cas et la réalisation d'un mémoire.


L'approche familiale ou de couple


Dans l'approche familiale, la famille est considérée comme une collectivité de personnes présentant des schèmes comportementaux, émotionnels et cognitifs qui peuvent être perturbés par l'existence de troubles mentaux de l'un de ses membres. Les perturbations observées au sein de la famille sont toujours considérées comme secondaires à la maladie, et non pas comme à l'origine du trouble. Les thérapies familiales ou de couple peuvent s'appuyer sur plusieurs principes : psychodynamique, écosystémique, comportementaux et cognitifs, … Elle intègre diverses techniques dont la psycho-éducation, tant familiale que conjugale : les thérapeutes informent la famille des caractéristiques de la maladie, de son évolution, de son traitement et des attitudes adaptatives à adopter face aux perturbations liées à la maladie. Les thérapies familiales se sont développées en France dans les années 1970. Les consultations sont ponctuelles ou répétées. Elles réunissent au moins deux personnes faisant partie du contexte de vie d'un ou plusieurs patients. Le thérapeute privilégie l'objectivation des symptômes, des conduites et des émotions, le partage des expériences de vie, ou l'élargissement des réseaux familiaux. Dans certaines thérapies de type cognitivo-comportementale, il s'agit d'élaborer des formes de rencontres (individu, couple, famille, …) ajustées à chaque objectif à traiter. Dans d'autres thérapies de type écosystémique, il s'agit de co-création entre les membres de la famille et le thérapeute, qui ne peuvent se réduire à des programmes préalablement formatés. Les thérapeutes souhaitant être membre titulaire de la Société française de thérapie familiale doivent justifier de 4 années de formation théorique (200 heures par an) et de pratique en thérapie familiale ou de couple. Cette formation est ouverte aux psychiatres, médecins généralistes, infirmiers, psychologues, travailleurs sociaux et éducateurs spécialisés. Certaines universités proposent des modules d'enseignement de thérapie familiale en fin de cursus d'études en psychiatrie ou psychologie clinique.


Peut-on évaluer les psychothérapies et comment ?
Le groupe d'experts réunis par l'Inserm s'est interrogé sur la pertinence de l'évaluation des psychothérapies à travers trois questions :
- quelle est la définition de la population de patients à traiter ?

- comment mesurer l'efficacité de la thérapeutique ?

- comment prouver cette efficacité ?


La définition des " patients à traiter " n'est pas toujours consensuelle et peut parfois entraver l'exploitation clinique des résultats. Cependant, dans la littérature scientifique que les experts ont analysée, les patients à traiter répondent le plus souvent aux troubles définis par la classification internationale des maladies, troubles mentaux et troubles du comportement (CIM-10) qui présente une grande similitude avec la classification américaine DSM (DSM-IV). Cette segmentation des troubles, indispensable pour avoir une vue d'ensemble, ne signifie pas pour autant que l'on ignore que chaque patient peut ressentir des souffrances non catégorisables. En psychothérapie, les mesures de l'efficacité d'une thérapie portent souvent sur des caractéristiques subjectives. Même pour des caractéristiques subjectives, on peut recourir à un système numérique permettant de quantifier une amélioration clinique (à partir de questionnaires ou d'échelles). Il est vrai que la validité de ces mesures est plus facile à démontrer si ces dernières ont été adaptées à la psychothérapie étudiée. Le critère d'évaluation le plus souvent utilisé dans la littérature analysée concerne l'amélioration des symptômes dans le cadre d'un trouble. De manière moins fréquente, les études ont parfois évalué l'amélioration de la qualité de vie et de l'adaptation sociale du patient. Si évaluer l'efficacité d'une psychothérapie à partir de l'amélioration d'un symptôme ne constitue qu'un élément limité d'appréciation, cependant le symptôme est un élément incontournable de l'état de santé mentale des patients. Dans le domaine de l'évaluation des thérapeutiques, se pose aussi la question de la singularité du couple patient/soignant. La reproductibilité des études est ainsi affaiblie par rapport aux études dans le domaine de la physique, de la chimie ou de la biologie. L'avancée des connaissances en thérapeutique prouve néanmoins qu'une évaluation scientifique est possible. L'évaluation de l'efficacité d'une thérapeutique s'appuie sur les résultats des études randomisées (tirage au sort) contrôlées* . Les études randomisées contrôlées peuvent être rassemblées dans des méta-analyses (cf. encadré) ou dans des revues systématiques. Pour apprécier la qualité méthodologique des publications, les experts ont noté les méta-analyses sur 7 critères de qualité et les études contrôlées sur 10 critères de qualité (cf. tableau).
* Ces études comparent un groupe traité à un groupe comparatif. La méta-analyse est une approche quantitative de la revue de la littérature qui permet d'estimer, par le calcul d'une taille d'effet, la magnitude de l'effet obtenu chez le " sujet traité " par rapport au " sujet contrôle ". Le principe repose donc sur l'idée que l'ensemble des études représente une quantité d'informations en liaison avec l'objectif de la recherche, chaque étude y apportant sa contribution. On prend alors pour hypothèse, que l'ensemble des études est un échantillon de toutes les études possibles.
L'efficacité de chacune des trois approches vis-à-vis des troubles a été évaluée par les experts selon deux niveaux de preuves.
- La preuve d'efficacité est établie lorsque l'on retrouve une ou plusieurs méta-analyses ou lorsque des études contrôlées randomisées sont convergentes et de forte puissance statistique. - La présomption d'efficacité est établie lorsqu'on retrouve une ou plusieurs méta-analyses ou études contrôlées randomisées pouvant se contredire et nécessiter confirmation.


Critères d'évaluation des études contrôlées
Les critères d'évaluation Les notations / 10
1 Symptômes clairement définis 0 - 0,5 - 1

2 Mesures validées 0 - 0,5 - 1

3 Évaluateur indépendant et aveugle 0 - 0,5 - 1

4 Évaluateur entraîné et fiable 0 - 0,5 - 1

5 Traitement présenté dans un manuel 0 - 0,5 - 1

6 Randomisation 0 - 0,5 - 1

7 Fidélité au traitement 0 - 0,5 - 1

8 Pas d'autre traitement concomitant 0 - 0,5 - 1

9 Mesures et entretiens d'évaluation multimodaux 0 - 0,5 - 1

10 Durée du traitement optimale 0 - 0,5 - 1


Critères d'évaluation des méta-analyses
Les critères de qualité Les notations / 7
1 Inclusion de tous les essais de qualité sur le sujet 0 - 0,5 - 1

2 Critères de jugement clairement définis 0 - 0,5 - 1

3 Utilisation de méthodes statistiques adéquates 0 - 0,5 - 1

4 Prise en compte de la puissance statistique 0 - 0,5 - 1

5 Comparaison des tailles d'effet 0 - 0,5 - 1

6 Test de l'homogénéité des études 0 - 0,5 - 1

7 Estimation des études non publiées 0 - 0,5 - 1


Efficacité des trois approches par pathologie
Pour les personnes atteintes de schizophrénie en phase aiguë ou hospitalisées sous antipsychotiques, les données de la littérature ont mis en évidence :
- une efficacité des thérapies familiales sur le taux de rechute à deux ans ;

- une efficacité modérée et à court terme des thérapies cognitives ;

- pas d'efficacité des thérapies psychodynamiques.


Pour les patients schizophrènes stabilisés, suivis en ambulatoire et traités par médicament, une efficacité est établie pour l'approche cognitivo-comportementale par l'acquisition d'habiletés sociales et une meilleure gestion des émotions. La thérapie familiale est également efficace sur le taux de rechute à deux ans. Les comparaisons directes entre les approches permettent d'établir une efficacité supérieure de l'approche psycho-éducative familiale et des thérapies cognitivo-comportementales.


Pour le trouble bipolaire (maniaco-dépressif), appartenant aux troubles de l'humeur, les données disponibles montrent une efficacité de l'approche psycho-éducative conjugale associée à un traitement médicamenteux. Cette efficacité est mise en évidence sur le fonctionnement global, l'observance du traitement et la survenue des rechutes uniquement maniaques.


Pour les troubles dépressifs majeurs chez des patients hospitalisés sous antidépresseurs, les TCC sont efficaces. Les études contrôlées comparant approches psychodynamique et cognitivo-comportementale concluent à la supériorité de la seconde. La psycho-éducation familiale a un effet à court terme sur le fonctionnement global des patients et les thérapies psychodynamiques un effet sur l'adaptation sociale et la durée d'hospitalisation des patients. Pour des troubles dépressifs d'intensité moyenne ou légère traités en ambulatoire, les thérapies cognitives sont plus efficaces que les traitements antidépresseurs. Les thérapies psychodynamiques n'ont pas montré une efficacité équivalente à celles des TCC.


Les thérapies cognitivo-comportementales ont été largement étudiées dans les troubles anxieux. Leur efficacité est la mieux établie en association ou non au traitement médicamenteux dans le trouble panique et dans le trouble anxieux généralisé. Elles sont également efficaces dans l'état de stress post-traumatique, dans les troubles obsessionnels compulsifs, dans les phobies sociales et diverses phobies spécifiques. D'après une étude contrôlée, les thérapies psychodynamiques brèves sont efficaces dans le traitement du trouble panique en association avec un antidépresseur pour prévenir les rechutes. Elles pourraient être également efficaces dans l'état de stress post-traumatique, et n'ont pas été étudiées dans d'autres troubles anxieux.


Dans les troubles des comportements alimentaires, les travaux montrent que plusieurs thérapies sont efficaces. Les résultats des études comparatives ne permettent pas de tirer une conclusion générale sur la supériorité d'une approche sur une autre. Dans la boulimie, les thérapies cognitivo-comportementales, associées ou non à la pharmacothérapie, ont montré leur efficacité. Dans l'anorexie mentale, les thérapies familiales ont fait preuve d'efficacité jusqu'à 5 ans de suivi, mais seulement chez des patientes pour lesquelles l'anorexie a débuté avant l'âge de 19 ans et ayant moins de 3 ans d'évolution de leur trouble. L'approche cognitivo-comportementale n'a pas montré d'efficacité sur les symptômes mais une présomption d'efficacité peut être évoquée pour la prévention des rechutes.


Parmi les troubles de la personnalité, la personnalité borderline a été la plus étudiée et les thérapies psychodynamiques ont montré leur efficacité, de 18 mois à 4 ans de suivi. Les thérapies cognitivo-comportementales ont également montré leur efficacité à 1 an de suivi. Pour la personnalité antisociale, une étude a montré que les thérapies psychodynamiques et les thérapies cognitivo-comportementales sont efficaces à 7 mois de suivi, lorsque les sujets sont également déprimés.
Dans la dépendance à l'alcool, l'efficacité des thérapies familiales et des thérapies cognitivo-comportementales reste encore à confirmer. Les thérapies psychodynamiques n'ont pas été étudiées dans cette indication.


Concernant les enfants et les adolescents, les seules études disponibles relatives aux thérapies psychodynamiques ont été menées de manière rétrospective et sans comparaison avec un groupe témoin. Elles ne permettent donc pas de conclure sur leur efficacité.
Dans les cas de troubles envahissants du développement et en particulier de l'autisme, des programmes éducatifs et comportementaux intensifs dispensés par les parents ou menés dans des centres spécialisés ont montré leur efficacité s'ils sont administrés à un stade précoce. Ils conduisent à une amélioration du quotient intellectuel, des performances scolaires et des conduites sociales.

Différentes techniques de TCC ont été testées dans les troubles anxieux de l'enfant. Une présomption d'efficacité peut être évoquée pour plusieurs types de troubles anxieux (anxiété de séparation, hyperanxiété, trouble obsessionnel compulsif, phobie scolaire et peurs). Une étude montre que la participation des parents comme " co-thérapeutes " conforte l'efficacité de ces thérapies cognitivo-comportementales.
Concernant les troubles dépressifs d'intensité modérée, il existe une présomption d'efficacité des TCC. Dans ce cas, la participation des parents au traitement ne semble pas améliorer les résultats.
Pour l'hyperactivité, les thérapies familiales sont efficaces sous forme de traitement combiné incluant médicaments et prise en charge intensive avec une formation comportementale des parents.
Pour les troubles des conduites, les thérapies familiales combinant le traitement par l'apprentissage parental (apprendre les bons comportements à l'enfant) et l'entraînement de l'enfant à la résolution de ses problèmes sont plus efficaces qu'un seul des deux traitements. Il est important de souligner que dans toutes les études analysées par cette expertise, il n'a pas été relevé d'apparition de nouveaux symptômes venant se substituer à court ou long terme à ceux pris en charge par la thérapie, quels que soient la thérapie ou le trouble examinés.
Les conclusions qui découlent de l'analyse et de la synthèse des études d'évaluation répertoriées dans la littérature constituent un éclairage utile aux professionnels et aux usagers. Si la relation singulière entre une personne en souffrance et un thérapeute reste un élément déterminant dans le choix et la conduite d'une thérapie, l'information des usagers et la formation des thérapeutes doivent se faire en relation avec les preuves scientifiques disponibles, elles sont deux points majeurs pour améliorer l'offre de soin et le travail en réseau des différents acteurs de santé.


Qu'est-ce que l'expertise collective?
L'Expertise Collective Inserm a pour objectif de faire le point, dans un domaine précis, sur l'ensemble des connaissances scientifiques et médicales à partir de l''analyse de la littérature scientifique internationale.Pour répondre à la question posée, l'Inserm réunit un groupe pluridisciplinaire composé de scientifiques et de médecins. Ces experts rassemblent, analysent les publications scientifiques et en font une synthèse.Des «lignes forces» sont dégagées et des recommandations élaborées afin d'aider le commanditaire de l'expertise dans sa prise de décision.


Qui a réalisé cette expertise?
- Les experts
Olivier Canceil, service hospitalo-universitaire de santé mentale et thérapeutique, secteur 75G14, Centre hospitalier Saint-Anne, Paris

Jean Cottraux, unité de traitement de l'anxiété, Hôpital neurologique

Pierre Wertheimer, centre hospitalier universitaire de Lyon

Bruno Falissard, laboratoire «innovation méthodologique en santé mentale», Université Paris XI, AP-HP, Villejuif

Martine Flament, institut de recherche en santé mentale de l'Université d'Ottawa, Canada

Jacques Miermont, fédération de services en thérapie familiale, centre hospitalier spécialiséPaul Guiraud, Villejuif

Joel Swendsen, laboratoire de psychologie clinique et psychopathologie, institut universitaire de France, Université Victor Ségalen, Bordeaux 2

Mardjane Teherani, service de psychiatrie, centre Hospitalier universitaire Xavier Bichat-Claude Bernard Paris

Jean-Michel Thurin, psychiatre, Paris


La coordination scientifique
Centre d'expertise collective de l'Inserm, Paris, sous la responsabilité de Jeanne Etiemble


Contact presse Inserm

Céline Goupil

tél.: 01 44 23 60 73

fax.: 01 45 70 76 81



Éditions Inserm, ISBN 2-85598-831-4, 568 pages, Février 2004


Vous pouvez vous adresser :

• à votre libraire habituel

• au distributeur LAVOISIER

14 rue de Provigny

94236 Cachan cedex

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Renseignements : Editions Inserm

101 rue de Tolbiac

75654 Paris cedex 13

Tél. : 01 44 23 60 78/82

Fax:01 44 23 60 69






Agenda
8 janv. 2009Les sciences humaines comme moteur de la culture, de la ville et des dynamiques socialesDépression d’infériorité, dépression d’infertilité ?, SPP
9 janv. 2009Travail psychique et processus créateur, CRPPC
13 janv. 2009Guerre de la psychanalyse, Emile Jalley, conférence-débat
14 janv. 2009Pour une clinique borroméenne, ALIDu féminin à la folie : figurations brésiliennes de l'Autre, cartel franco-brésilien de psychanalyse
17 janv. 2009La décision entre médecine et psychanalyse : enjeux contemporainsDes groupes pour les enfants, les adolescents et leur famille, Journées scientifiques annuelles de la SFPPGLes objets de la mémoire, ALI
21 janv. 2009Dépression chez l’adolescent(e), conférence SPP
24 janv. 2009Séminaire d'Hiver 2009 ... Ou pire, ALI
26 janv. 2009Psychiatrie : qui va payer l’addiction ?, Colloque UNCPSY
27 janv. 2009Secondes Assises de la psychiatrie médico-socialeAutismes : à tous âges, quelles institutions ? Leurs places dans le médico-social aujourd'hui?, assises Assoc Scientifique de psychiatrie institutionnelleLe féminisme élémentaire ou du lien corps/psyché, conférence GREPSY
31 janv. 2009Nouveaux conflits, nouvelles pratiques ?, colloque SPP
5 févr. 2009Nouvelles identités familiales - nouveaux mythes - nouveaux rituels, congrès Fédér Eurp Psychothérapie psychanalytique
7 févr. 2009Croire à l'épreuve du doute, 4ème groupe
21 févr. 2009Thème : Psychiatrie, psychanalyse, psychothérapies. Quel avenir pour les traitements de l’âme ? , Journée Soc inter hist psychiatrie, psychanalyse, SIUEERPP, Carnetpsy
28 févr. 2009Soin & dialectique institutionnelle, 23e journée de psychothérapie institutionnelle, La Borde
11 mars 2009Surfaces et cancer
12 mars 2009Psychodrame et dépressions, conf SPP
14 mars 2009Psychanalystes et travailleurs sociaux en institution, ALI

jeudi 13 novembre 2008

«Camino» : l’Opus Dei crucifié

Tumeur. L’Espagnol Javier Fesser fait scandale en s’en prenant à l’organisation catholique.

Quotidien Libération culture, 12 novembre 2008

De leur correspondant à Madrid François Musseau

«Jamais le thème de l’Opus Dei n’avait été traité au cinéma de façon aussi nette et aussi réelle.»

Cet éloge de la critique Maria Martinez Diaz explique pourquoi les responsables de la Obra (nom donné à cette puissante organisation catholique née en Espagne en 1928) s’arrachent les cheveux. «Ce film est une frivolité», «il déforme la réalité», enragent-ils. Le film en question, Camino, sorti en salles à la mi-octobre en Espagne, emporte pourtant les faveurs de la critique - même s’il n’a rien gagné au festival de Saint-Sébastien - et du public, caracolant en tête du box-office parmi les productions nationales.


Calvaire. Le sujet même du long métrage garantissait la polémique : Camino est une adorable fillette qui, tout en découvrant l’amour pour un garçon, apprend qu’elle est atteinte d’une tumeur cancéreuse logée sur une vertèbre. Sa famille, dévouée à l’Opus Dei, l’accompagne dans son calvaire, animée, jusqu’à sa mort, d’une sinistre euphorie : la fillette aurait été appelée par Dieu, et ses parents (surtout sa mère, dépeinte comme une fanatique) y voient un «sublime cadeau divin».


Après avoir adapté à l’écran un hit de la BD espagnol (Mortadelo y Filemón), le cinéaste Javier Fesser, 44 ans, s’est très largement inspiré de l’histoire réelle d’Alexia González-Barros, connue de la plupart des Espagnols. En 1985, au bout d’une agonie de dix mois, cette Madrilène de 14 ans succombe à un cancer. Fille de membres de l’Opus Dei, cadette de sept frères, élevée dans un collège religieux, elle est finalement transférée dans un hôpital de Pampelune géré par la Obra. Face à la douleur et les épreuves au bloc opératoire, l’adolescente aurait montré un courage hors du commun. On veut alors en faire une sainte. Sa béatification est aujourd’hui en cours.


Javier Fesser s’empare de cette figure mythique pour galvaniser la force vitale de Camino et la richesse de son imagination - les scènes à l’hôpital alternent avec des visions fantastiques où un ange la terrorise. Ce faisant, le cinéaste fustige son entourage : une sœur «numéraire» (célibataire de l’Opus) qui l’ignore, une mère se réjouissant qu’elle soit happée par les desseins divins, et des prêtres de l’Opus voulant hâter sa mort pour s’assurer de la «sainteté» de la petite. Le réalisateur assure que le film n’est pas une biographie, et intègre des «éléments d’autres histoires semblables». Mais le film se terminant par une dédicace à Alexia González-Barros, la famille de la défunte estime que Javier Fesser l’a trompée. Et s’indigne d’une des scènes finales où, face au lit d’hôpital, peu après la mort de Camino, prêtres et parents applaudissent en chœur.


Morbide. «Ce qui gêne le plus dans mon travail, c’est qu’il n’y ait pas un seul détail du film qui ne reflète pas la réalité de l’Opus Dei», se défend Fesser. Rien n’y manque en effet : le goût pour la mortification (il faut marcher avec des pierres dans les souliers), le rejet de l’amusement (la pièce de théâtre dans laquelle s’épanouit Camino), le mépris pour l’amour humain (la mère éloigne le garçon dont sa fille est amoureuse), un penchant pour le morbide (les curés de l’Opus autour de la malade), etc.


C’est, au fond, l’objectif du cinéaste : tout en célébrant le monde imaginaire de la jeune condamnée, Javier Fesser dépeint avec minutie le fanatisme d’une secte religieuse. Alors que Camino est sur le point de rendre l’âme, sa sœur lui lance : «Comme je t’envie ! Tu vas rejoindre Dieu !» Et Camino, respirant à peine, du tac au tac : «Tu veux que je prie pour que tu meures aussi ?»



lundi 3 novembre 2008

Le PDG de Skyrock condamné à un an de prison ferme pour corruption de mineure

Actualisé le 1er Juin 2012
Le Réseau Parental Europe ne s'intéresse pas à la vie sexuelle du PDG de Skyrock, qui fait l'objet de poursuites judiciaires depuis plusieurs années.
Son avocat demande que toute publication sur son client soit retirée de nos sites et blogs. Ce que nous avons fait.

mercredi 8 octobre 2008

L'indigence de la justice française une nouvelle fois pointée du doigt


Courtoisie de Wikinews:

Sources Reuters et agences, le 8 octobre 2008.


– « Rien de nouveau sous le soleil » disait l'Écclésiaste. Tel est le cas de la Justice française. Un nouveau rapport publié par le Conseil de l'Europe classant la France au 35ème rang européen sur 43 en termes de dépenses pour ce poste. Cette étude est publiée tout juste deux ans après le précédent rapport, lequel pointait du doigt les mêmes faiblesses. A la Commission européenne, le CEPEJ s'étonne de l'inefficacité de la justice française.


Selon l'agence Reuters « Avec 0,19% de sa richesse nationale (PIB) consacré à la justice en 2006, la France se retrouve selon ce rapport derrière l'Arménie, Andorre, la Moldavie, la Roumanie et la Russie ». L'auteur de la dépêche ajoute : « Paris est au 35ème rang sur 43 pour le nombre de juges par habitants, au 42ème pour le nombre de procureurs, au 39ème rang pour les effectifs de personnels de justice ». La suppression de 256 juridictions en France relève aussi d'une tendance similaire dans 25 autres pays européens.


Ce constat a provoqué la réaction immédiate de la Garde des Sceaux Rachida Dati, qui dénonce que « L'étude compare des systèmes qui ne sont pas comparables ».


Le syndicat de la magistrature relève : « Ce rapport est très révélateur d'une situation qu'on dénonce, avec un système exsangue, qui le sera encore plus avec la réforme de la carte judiciaire, dont le but caché est de faire des économies d'échelle ».


Voir aussi la grogne magistrale dans l'article du SM




Strasbourg, 08.10.2008 –


La Commission du Conseil de l’Europe pour l’efficacité de la justice (CEPEJ) vient de rendre public son 2e rapport d’évaluation des systèmes judiciaires européens lors d’une conférence de presse à Paris.


Le rapport comprend des données pour 45 Etats européens (*), permettant ainsi au Conseil de l’Europe de disposer d'une véritable photographie de la justice en Europe. La CEPEJ a essayé d'en tirer quelques premières grandes tendances européennes et des conclusions relatives à l'application des principes fondamentaux et des normes européennes dans le domaine de la justice.


Le rapport offre des tableaux comparatifs et des commentaires pertinents dans des domaines essentiels tels : les dépenses publiques consacrées au système judiciaire, le système d’aide judiciaire, l’organisation des juridictions, les personnels judiciaires, les durées de procédures, les notaires.



Pour plus d’information sur la Commission européenne pour l’efficacité de la justice
Contact Presse : Henriette Girard, Attachée de Presse, Division de la Presse,
Tél. +33 3 88 41 21 41 ; Mobile +33 6 75 65 03 39 ;
henriette.girard@coe.int
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(*) Sur les 47 Etats membres du Conseil de l’Europe, seul le Liechtenstein n’a pas fourni de données pour le présent rapport. Celles de Saint-Marin ont été transmises trop tardivement.



La France a été condamnée 21 fois cette année pour non respect des droits de l'homme.

dimanche 5 octobre 2008

Ne pas vendre la peau de l'ours


Un « Nounours » minaudé par une épouse en direction de son conjoint permet d’apprécier l’importance que revêt le plantigrade dans notre quotidien.
En se tournant vers le « Nounours » en question on peut se trouver face à un individu qui rappelle ce frêle esquif qu’un simple zéphyr pourrait emporter ou au contraire se voir confronté à une espèce de brute, taillée à la hache, susceptible d’effrayer un ours, un vrai. Cette qualification indicible témoigne de l’influence de l’animal dans le subconscient collectif. Il est vrai que nous sommes entourés par des ours depuis nos premiers pas. En feutre, en mohair ou en nylon la bête est présente, depuis plus d’un siècle, dans la plupart des chaumières qui , d’Amérique ou d’Allemagne, se disputent la paternité de la peluche. Du coffre à jouets ou du lit de jeune fille « Nounours » passe dans la chambre à coucher et finit souvent, assis sur l’arrière train, au beau milieu du lit conjugal. Blanc ou marron, avec sa bouche cousue, ses yeux en boutons de bottines plusieurs fois raccommodés, ses coutures sur le ventre et au cou, il trône et confirme à d’éventuels protagonistes qu’il convient de ne pas ouvrir les hostilités ou à l’inverse de profiter de la couche. Il décide des ébats et débats et fait autorité. Il sait qu’il peut être pris à témoin ou qu’on peut même lui demander conseil comme à l’époque où on lui parlait des premières amours. Merci d’essuyer vos larmes. Cet inconscient collectif à l’égard de l’ours est savamment entretenu par une multitude d’intervenants mercantiles. Il y eut le fameux « Bonsoir les enfants » entouré de Pimprenelle et Nicolas (C’était déjà un prénom célèbre dans les années 70) puis « Paddington » avec son chapeau et sa valise qui ont assuré les relations publiques de ce petit monde enchanté. Un arbre de Noël se doit d’être présenté avec son ours. D’une façon ou d’une autre, ils nous accompagnent partout. Et maintenant il y a les ours des Pyrénées qui, malheureux, n’ont pas de chance. S’agit-il encore de bêtes ? Difficile de répondre à cette question envers des animaux de la nature – c’est politiquement plus correct que de les dénommer « bêtes sauvages, » non ? – qui sont suivis à la trace, équipés d’une puce électronique dans l’abdomen et d’un collier pour le radio guidage. Pour répondre aux appels que pourraient leur lancer des promeneurs, désireux de faire copain-copain, ils ont même un prénom. Un parrain et une marraine viennent compléter la panoplie. Pourquoi ne pas prévoir aussi une fête pour leur mariage avec invitations des personnalités aux copulations ? Moi, je serais à la place des ours, je commencerais à en avoir assez qu’on ne me laisse pas rouler ma bosse. Heureusement, les ours ne sont pas fous, à la différence du chevreuil qui a récemment tenu en haleine toute une contrée, par ses frasques et attaques répétées envers ses voisins, les humains. Certes, ce ne doit pas être agréable de se retrouver avec un trou de balle dans le pied, comme ce « pauvre Balou », mais tout de même, est-ce que nous n’en avons pas un peu trop fait ? S’il y a lieu de défendre la faune en général et les ours en particulier, fallait-il pour autant ameuter le pays tout entier, reportage télé à la clé ? Il me semble que l’on a dépassé les limites de la décence. L’ours blessé n’a pu être localisé qu’après plusieurs semaines de recherches… ce qui paraît normal compte tenu du raffut qui se déroulait sur son territoire. L’animal n’a sûrement eu qu’une seule envie, celle de se tirer, en tous cas de se terrer, quitte à souffrir en silence. Vingt cinq personnes aux trousses dont deux vétérinaires et la presse qui en fait une affaire d’Etat, lui ont fait croire que le temps où l’on en voulait à sa graisse était revenu. Dés que la nouvelle fut divulguée par le chasseur qui s’est immédiatement rendu à la gendarmerie, « le tranquille village de Prades prend aussitôt des allures de place forte. Les voitures de gendarmerie investissent l'unique rue, la mairie est ouverte, un cordon de sécurité empêche les curieux de se rendre sur la piste qui mène au « lieu du crime », le préfet, Jean-François Valette arrive sur place, le ballet des voitures entre office de la chasse, office de la forêt et comité de suivi est incessant… » (La Dépêche du 8 Septembre 2008). Et si l’on parlait aussi de « lieu du crime » pour tous ces enfants qui meurent de faim dans le monde ? Sans compter qu’indépendamment de la blessure il y a sûrement un pretium doloris sur lequel personne ne s’est encore penché à ce jour. Pourquoi ne pas prévoir une pension d’invalidité ? Il y a aussi cette vexation suprême : le « tir d’instinct » de ce chasseur qui l’a confondu avec un vulgaire sanglier… Moi, un cochon ? dit-il partout. Balou ne se remet pas de cette humiliation. L’affaire en témoigne, l’ours habite au plus profond d’un certain nombre d’entre nous et ce ne sont pas les financiers qui pourront dire le contraire. Spécialisés dans la spéculation virtuelle ou pas, les hommes de finance sont, aujourd’hui plus que jamais, confrontés au dicton qui conseille utilement de, « Ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué »
(Pour Ligne de crédit N° 409 du 01/10/2008) Gérard Gorrias

Réaction :

(02/10/2008 - 13:58)
Bonjour, C'est un très très bel article. L'ancien dessinateur des peluches géantes de l'usine Nounours à côté de Vaison la Romaine, Benoît, s'était sérieusement penché sur ces questions relatives aux insconscients collectifs. Nous mêmes dans notre association, posons la question de fond que vous ne manquez pas de raviver : Et si l’on parlait aussi de « lieu du crime » pour tous ces enfants qui meurent de faim dans le monde ? Nous permettez vous de reprendre votre article dans un de nos blogs ou forums pour développer une réflexion, car sont traités de bêtes sauvages, sous les termes "pervers manipulateurs narcissiques", les milliers de pères coupés de leurs enfants dans les ruptures et divorces, et de "sorcières", les non moins nombreuses mères monoparentalisées qui se "débarassent du chien en disant qu'il a la rage". Centre PEM Mediation

mercredi 1 octobre 2008

Georges Fenech - “500.000 concitoyens touchés par le phénomène”


Propos recueillis par Sandrine Briclot, pour France Soir le mercredi 1 octobre 2008 à 04:00


C’est aujourd’hui que Georges Fenech, qui préside la mission interministérielle, prend les rênes de la Miviludes, l’observatoire anti-sectes. Une mission taillée sur mesure pour un magistrat averti des dérives sectaires.Créée en 2002, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) est chargée d’observer et de détecter le phénomène sectaire mais également de lutter contre les risques avérés.


A sa tête depuis ce matin, un homme réputé pour sa fermeté face à ce qu’il considère comme « un vrai problème » en France. Magistrat, ex-député UMP et ancien président de la commission d’enquête sur les sectes et les mineurs, l’homme est même la bête noire des mouvements sectaires depuis qu’il a instruit et requis dans plusieurs affaires mettant en cause certains de leurs responsables. Missionné en avril dernier par François Fillon, Georges Fenech a remis cet été au gouvernement un rapport sur « la justice face aux dérives sectaires ». Un texte qui laisse augurer de l’action qu’il mènera à la Miviludes : renforcement de la surveillance et de la prévention et — c’est nouveau — création de cellules d’interventions.


Il nous explique.


FRANCE-SOIR. Avec votre nomination à la présidence de la Miviludes, les sectes deviennent « un vrai problème »… C’est un message ?


GEORGES FENECH. Il faut balayer toute interrogation sur la volonté du gouvernement de prendre le problème au sérieux. Il y a une vraie préoccupation des pouvoirs publics au sujet des sectes.

Ma nomination à la tête de cette mission, de par mon parcours professionnel en tant que magistrat et parlementaire très préoccupé par cette question, prouve cette volonté de non seulement maintenir la vigilance et la lutte dans le domaine sectaire mais également de la renforcer. Comme vous le savez, j’ai remis cet été au Premier ministre un rapport où je formule douze préconisations pour lutter plus efficacement contre les dérives sectaires. Oui, c’est un message.


Quel sera votre premier chantier ?


Il sera de proposer au Premier ministre un renforcement de la Miviludes tant dans son domaine d’action que dans son statut. Nous faisons un gros travail de formation et de surveillance mais il nous manque une cellule d’intervention dans un domaine purement opérationnel. On pourrait créer des sections qui pourraient être appelées en renfort sur le terrain par les forces de l’ordre. Nous l’avons déjà expérimenté dans le cadre d’une affaire dans le Calvados qui s’est soldée par deux mises en examen. Il faut comprendre que lorsqu’on intervient dans une communauté, on tombe sur des individus qui n’ont plus aucun repère. On pourrait aussi imaginer des structures d’accueil qui réaliseraient un suivi psychologique des adeptes.


Le nombre de sectes est-il en évolution ?


Le phénomène sectaire est un phénomène mouvant, fluctuant. Vous avez des sectes qui apparaissent, d’autres qui disparaissent, certaines qui changent de nom… Ce sont des organisations en perpétuel mouvement, d’où l’intérêt pour la Miviludes de suivre ces évolutions comme, par exemple aujourd’hui, la montée inquiétante des mouvements dits sataniques, qui touchent plus particulièrement les jeunes.


On peut considérer que si le phénomène n’est pas en expansion, il n’est pas non plus en régression.


Le volume des organisations sectaires tournent autour de 200 mouvements. Et, selon l’enquête que j’ai menée en tant que député, qu’il y a entre 60 et 80.000 enfants touchés par ce phénomène et que, probablement, dans l’ensemble du pays, environ 500.000 de nos concitoyens sont concernés.


Aujourd’hui les sectes ont-elles un nouveau visage ?


Il y a le problème de l’enseignement à domicile et des formations professionnelles (NDLR : lire ci-aprés). Nous observons également quelques techniques employées par certains psychothérapeutes mal intentionnés, comme celle des faux souvenirs induits. Cela consiste à faire revenir à la mémoire de la personne des souvenirs enfouis qui sont… faux. On la persuade qu’elle a été victime d’attouchement ou d’inceste pendant son enfance par exemple. Cela abouti parfois à des catastrophes familiales et des plaintes. La réglementation existe, elle a été votée, nous attendons son décret d’application. En attendant, ces professions sont très lucratives ! On voit même certains médecins se faire radier du conseil de l’ordre pour exercer ces médecines parallèles !


Le dernier rapport de la Miviludes évoque « les actions de lobbying effrénées » des mouvements sectaires. Comment se traduisent-elles ?


Il y a différentes manières pour des organisations à caractère sectaire de faire du prosélytisme ouvertement ou sous différents masques. Certaines s’abritent derrière de nobles causes pour avancer leurs pions. On le constate notamment dans le domaine de l’humanitaire où de grandes organisations se déplacent sur des lieux de catastrophes naturelles, d’épidémies ou de révoltes de banlieues. On ne peut pas non plus exclure le phénomène de l’entrisme. L’infiltration dans les lieux de pouvoir politiques, économiques, industriels, ça existe !

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L’enseignement à domicile sous surveillance


Chaque parent a le droit d’être le précepteur de son enfant et de ne pas l’envoyer à l’école, comme le stipule la loi Jules Ferry de 1882. « C’est une liberté fondamentale qu’il n’est pas question de remettre en cause, explique Georges Fenech, mais on se rend compte qu’à travers cette liberté, des parents vivant en communauté enferment socialement leurs enfants. » Et le nouveau président de la Miviludes de rappeler une loi votée en mars dernier et passée inaperçue : « Ce texte dit qu’au-delà de deux familles qui se regroupent pour enseigner à leurs enfants, il faut faire une déclaration d’ouverture d’école même hors contrat car c’est une école de fait. » L’occasion pour les acteurs anti-sectes d’exercer une surveillance sur ce nouveau type d’établissement scolaire familial, car « qui dit déclaration d’ouverture d’école dit contrôle plus approfondi et plus régulier de l’Education nationale et du ministère de la Santé », prévient Georges Fenech.

Edition France Soir du mercredi 1 octobre 2008 n°19916 page 6

jeudi 25 septembre 2008

Les droits de l'enfant en milieu sectaire: Mythe ou réalité?

Conférence publique du SoDRUS par Me Carolle Tremblay

Carolle Tremblay est avocate, membre du Barreau de Montréal. Elle œuvre en pratique privée depuis 1989 exclusivement dans le domaine du droit de la famille.

Au cours des dix dernières années, elle a agit dans des litiges impliquant une problématique sectaire et participé à plusieurs activités médiatiques et entrevues sur des questions reliées.

Depuis 2002, Carolle Tremblay est présidente d’Info-Secte. Depuis ses débuts en 1980, Info-Secte est un organisme sans but lucratif qui aide les gens préoccupés par les sectes, les nouveaux mouvements religieux et les phénomènes liés à ce domaine. À titre de présidente, Me Tremblay a représenté Info-Secte au niveau international, notamment à titre de collaboratrice ou de conférencière invitée par l’International Cultic Studies Association lors des congrès tenus à Madrid (2004), à Denver (2005) et à Bruxelles (2006).

À l'aspect anecdotique et véridique, Me Tremblay a retenu 3 expériences ou causes dans lesquelles des groupes sectaires ont été impliqués.Les droits de l'enfant en milieu sectaire: mythe ou réalité?

1. Mes parents se séparent: le groupe sectaire, ma nouvelle famille (anecdote et résumé des faits)

a) pourquoi adhérer à un groupe?
b) le meilleur intérêt de l'enfant et ses droits
c) la préparation d'un interrogatoire

d) le respect et le farfelu - apprendre un nouveau langage: celui du groupe

e) le rôle des experts en matière de garde

f) l'État et la protection des enfant
2. L'inaccessibilité à la justice: David contre Goliath - résumé anecdotique des faits

a) l'absence de ressources - une constante chez les ex-membres

b) les séquelles laissées par l'expérience sectaire et la crédibilité des victimes: le droit n'est pas une garantie de justice
c) quand Goliath s'en prend à l'avocat
d) le rôle de l'avocat et du syndic

3. Comment se faire du bien sans faire mal: la liberté de conscience et de religions et ses limites

a) en matière d'éducation
b) en matière de soins de santé
c) la Loi sur la protection de la jeunesse

d) harcèlement et droit criminel

Bienvenue à tous!
Lorraine Derocher
Professionnelle de recherche
819 821-8000, poste 62676
Groupe de recherche
Société, Droit et Religions de l'Université de Sherbrooke