lundi 28 février 2011

André appelle à l'aide pour retrouver sa fille => La mère en fuite placée en garde à vue

Béziers 28 février 2011

La mère en fuite placée en garde à vue

Réactualisé le 12 mars 2011
Quotidien Midi Libre .com
Edition de vendredi 11 mars 2011

Lundi, nous relations l'appel au secours d'André. Il ne pouvait plus voir sa fille. Sa compagne refusait de la lui présenter depuis leur séparation. Il nous avait expliqué qu'il craignait qu'elle n'ait rejoint une secte. Sa compagne, que nous n'étions pas arrivés à joindre nous a finalement confié : « Je ne fais pas partie d'une secte, je fais du yoga. » Rien de plus.

Sur instruction du procureur de la République Patrick Mathé, elle a été entendue une dernière fois. Hier, elle a été placée en garde à vue toute la matinée. Elle a été relâchée vers 14 h 30. Elle a été remise en liberté avec comme condition qu'elle accepte une médiation pénale. Elle se serait donc engagée à respecter cette mesure. Lundi sera organisée une rencontre en vue de régler ce conflit.

Auprés de l'enquête, nous avons appris : « Cette enseignante serait en difficulté. Elle serait peut-être sous influence d'une secte qui n'est pas sous surveillance. » Le procureur nous a précisé : « Si elle venait à ne pas respecter ses engagements, elle serait poursuivie devant le tribunal correctionnel. » Par ailleurs, il a demandé la mise en œuvre d'une procédure d'assistance éducative. Le juge des enfants sera saisi très rapidement pour veiller à l'avenir de l'enfant de 22 mois.


J.-P. A.

Quotidien MIDI LIBRE .com
Edition du lundi 28 février

André appelle à l'aide pour retrouver sa fille

Aidez-moi à retrouver ma fille », explique André au bord des larmes et à bout de nerfs. Depuis le mois d'octobre, il est sans nouvelle de sa petite Maya âgée de 22 mois. Sa belle-famille et son enfant sont introuvables.

« J'ai multiplié les démarches, j'ai déposé plainte auprès de la gendarmerie, je n'arrive à rien. Mon ex-compagne et ma belle-famille, qui font partie de la secte méditation transcendantale, sont introuvables. »

Au mois de janvier, André et quelques amis ont manifesté dans Thézan, où habitait sa belle-famille. Dans la foulée, ils ont placardé dans les rues du village des tracts expliquant la situation et la présence de membres d'une secte classée comme telle depuis 1995.

« Leur réaction ne s'est pas faite attendre.Ils ont quitté Thézan dans la nuit, depuis on les recherche. »

« Ma femme est enseignante, elle sera titularisée à la fin de l'année. Elle est enceinte de mon second enfant. J'ai été obligé d'entreprendre des démarches de reconnaissance préalable de paternité. J'espère quelle ne seront pas vaines. »

Le 21 octobre dernier, la compagne d'André a déposé une plainte pour violence conjugale contre lui. Ce dernier a été placé en garde à vue. Pendant son absence, leur maison a été totalement vidée et la compagne serait partie avec environ 20 000 .

Depuis, il a été totalement blanchi par la justice. Mais rien n'y fait. La belle-famille semble ne pas répondre aux injonctions de la juge qui s'occupe de ce dossier. Alors avec ses propres moyens, avec des amis, il les suit à la trace. Qui à Saint-Nazaire-de-Ladarez, qui à Cournonsec et dernièrement à La Paillade. Il va partout et distribue des tracts pour que les voisins sachent. Aujourd'hui, il a rendez-vous en mairie de Montpellier pour expliquer ce qui se passe. « C'est un moyen pour moi de prévenir les autorités locales pour qu'elles fassent attention au développement de cette secte. » André est aidé dans sa quette par les associations qui luttent contre les sectes.

D'aprés l'article de Jean-Perre Amarger

mercredi 2 février 2011

Médecines douces: sont-elles efficaces?

Pour l'exercice du libre arbitre et afin de favoriser l'esprit critique, souvent chez certains endormis, voici Florent Martin de l'OZ en Savoie (membres du réseau thématique d'échanges au sein du GEMPPI). Les zeteticiens ont un humour assez dégouroutant, leurs analyses permettent de confondre les charlatans pseudo scientifiques et escrocs "thérapeutiques" du nouvel âge.
Usez de votre discernement et de votre sens critique, c'est bon pour la santé.


Pour aller plus loin, nous vous recommandons l'émission "le magazine de la santé" sur France5. qui a diffusé le 3 mai 2011 une superbe "enquête de santé" pour retrouver la video.

Se soigner autrement


Diffusé le lundi 2 février à 20h35

LES RECETTES DE GRAND-MERE
RHUME & BRONCHITE
Frictionner la plante des pieds avec de l’ail. Puis glisser la gousse d’ail dans une chaussette que l’on gardera au pied toute la nuit, c’est une des méthodes chinoises pour lutter contre le rhume.

En Europe pour lutter contre la bronchite, une vielle recette recommande de boire avant le dîner, un verre de lait dans lequel on écrase gousses d’ail, puis on fait bouillir l’ensemble avant de boire tiède.

HALEINE
Pour assainir une haleine que l’on qualifiera de « chargée », on peut mâcher du persil. La chlorophylle délivrée a en effet la propriété d’absorber les mauvaises odeurs aussi bien qu’un chewing-gum américain.

PETITS BOBOS QUOTIDIENS
Pour les démangeaisons, il suffit de frotter un concombre dessus pour les enrayer.
Pour une ecchymose, quand la peau bleuit après un coup, Vous hachez du persil, vous le mélangez avec du gros sel, puis vous le mouillez avec de l’eau de vie jusqu’à en faire une pâte, que vous étalez sur le bleu et en quelques heures, il parait que l’ecchymose disparaît !
Pour les aphtes, bien sur il faut éviter de manger des noix, en revanche, vous pouvez ruminer des fanes de carottes pour les éliminer.

BOUFFEES DE CHALEUR
Boire une tisane, dont voici la recette : 3 pincées d’anis étoilé / 3 pincées d’œillet rouge / 3 pincées de racine de valériane / 2 pincées d’anis vert …. Faire infuser 3 minutes, filtrer et boire après le repas

CALVITIE
Dans un shaker verser 50 % d’huile d’olive, à laquelle vous ajoutez 50% de rhum. Vous secouez énergiquement et vous frictionnez le cuir chevelu…L’histoire ne dit pas que ça fait repousser les cheveux, en revanche il semblerait que ça la ralentisse.

SOURCES :
Mes remèdes de grand-mère
Docteur Henry PUGET & Régine TEYSSOT
Editions Minerva – Genève
Réédité aux Editions France Loisir Prix nc

Les remèdes de grands-mères
Josette et Vincent ROUSSELET-BLANC
Editions J’ai Lu Prix 6,00 €

Les remèdes de nos Grands-mères
Bernard PICARD
Editions E BUISSIERE Prix 27,00 €

Remèdes et astuces de nos grands-mères
Eglantine DELALANDE & Francine PAGES
ANAGRAMME Editions Prix 17,90 €

BIBLIOGRAPHIE
Livres de Patrick Lemoine Psychiatre :
« L’Enfer de la médecine... est pavé de bonnes intentions » éditions Robert Laffont
« Le mystére du placebo » éditions Odile Jacob
« La détox, c’est la santé » éditions Robert Laffont

Livres de Laurent Chevallier nutritionniste et phytothérapeute :
« Impostures et vérités sur les aliments » éditions Fayard
« Vive les plantes : Se soigner au naturel » éditions Livre de Poche

Livre de Jean Brissonnet agrégé de physique appliqué
« Les pseudo-médecines » éditions Book-e-book.com Collection Zététique
www.pseudo-medecines.org

Autres ouvrages
« Méditer, c’est se soigner » par le Dr Frédéric ROSENFELD éditions Les Arènes
« Guide des pratiques psycho-corporelles » par I. CELESTIN-LHOPITEAU et P.THIBAULT_WANQUET éditions Masson
« L’Ostéopathie exactement » par Lionelle et Marielle ISSARTEL éditions Laffont
« L’Ostéopathie, comment ça marche » par O. AUQUIER éditions Frison Roche
« Le temple de l’Âme » par Roland ARNOLD éditions Dangles
« Traité pratique d’ostéopathie viscérale » par A. METRA, éd. Frison Roche
« Se soigner par l’ostéopathie » par Claire PINSON éditions De Vechi
« La santé au bout des doigts : l’ostéopathie, médecine moderne » par le
 Dr Maurice SAINTE-ROSE éditions Robert Laffont
« Massage détente : guide des techniques » par Catherine MAILLARD éditions Jouvence
« Petit traité de naturopathie à l’usage des malades qui veulent retrouver la santé … »
par Christopher VASEY éditions Jouvence
« Le traité des caresses » par le Dr Gérard LELEU éditions J’ai lu
« L’art de la méditation » par Matthieu RICARD éditions du Nil

"Consulter un homéopathe, pourquoi ? comment"
Dr Michel Zala

disponible aux Editions Liégeoises d’Homéopathie
1 rue Vignoble
4130 Esneux - Belgique
Téléphone - Fax : 0032.43.80.17.80
Clh@skynet.be

Trois granules qui font le poids dR Yves maillé
- Essai sur la pensée homéopathique Yves Maillé
http://www.editionsdeverlaque.com

" Le choix de l’homéopathie" Dr Philippe M servais
Clh@skynet.be

Le larousse de l’homéopathie ; édition sous la direction de Philippe Servais

L’objet de l’homéopathie : le corps vécu Dr Philippe Marchat
centre liégeois
Clh@skynet.be

Les combats de la vie Luc Montagnier

LIENS ET ADRESSES UTILES
http://www.lexpress.fr

Ministère de la santé de la jeunesse et des sports
www.sante-jeunesse-sports.gouv.fr

Institut national homéopathique français
www.inhfparis.com

Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires
www.miviludes.gouv.fr/-Sante

SNMHF : Syndicat National des Médecins Homéopathes Français
www.snmhf.org

Didier TRAULLE : Guérisseur, Magnétiseur, Rebouteux
www.guerisseur-traulle.com

Association des médecins ostéopathes de France

1, rue de l’hôpital
76000 Rouen

Tel : 02 35 52 01 01

Registre national des étiopathes

Tel : 01 47 97 06 95

Association Scientifique des Médecins Acupuncteurs de France et École Française d’Acupuncture.
www.meridiens.org

Société française de phytothérapie et d’aromathérapie :
Associations des usagers de la phytothérapie

BP6116
75762 Paris 16

www.chiropractic-limonier.com

association française de chirpratique
pour trouver un chiropraticien compétent
www.chiropratique.org ou 0820 888 377

Institut Français d’Étiopathie
44, rue de l’Ermitage
75020 PARIS
Tél : 01 43 49 57 14
Fax : 01 47 97 03 66

Syndicat des médecins manuels ostéopathes de France :
www.snof.fr et www.medecins-osteo.org

www.medecinemanuelle.fr
Syndicat des Médecins Manuels et Ostéopathes de France
(SMMOF) : www.medecins-osteo.org

Société Française de Médecine Manuelle Orthopédique et
Ostéopathie (SOFMMOO) : www.sofmmoo.com

INSTITUT NATIONAL HOMEOPATHIQUE FRANÇAIS DE PARIS
http://www.inhfparis.com

ECH European committee for homeopathy
Site avec nombreuses sections francophones
http://www.homeopathyeurope.org/

Site de la Ligue Médicale Homéopathique Mondiale
http://www.lmhint.net/

Section Française de la Ligue Médicale Homéopathique Mondiale
http://lmhi-france.nerim.net/

Société Savante d’Homéopathie
http://www.assh.fr/

Syndicat National des Médecins Homéopathes Français
http://snmhf.org/refonte/zone_privee/sommaire.php

jeudi 14 octobre 2010

Les mineurs touchés par les dérives sectaires

Les parents d'enfants soumis contre leur gré se félicitent de la publication de ce guide.
En fait selon les associations de prevention de terrain ce serait plutôt environ 100000 mineurs en danger sectaire dans notre pays.

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Les mineurs face aux dérives sectaires

http://videos.tf1.fr/jt-13h/les-mineurs-face-aux-derives-sectaires-6098386.html

Parution du guide "La protection des mineurs contre les dérives sectaires", octobre 2010

samedi 2 octobre 2010

Témoignage de Nicolas Jacquette, enfant élevé chez les TJ

Discussion croisée entre Nicolas Jacquette et Jérôme Liniger
Extraits du colloque du GEMPPI le 2 octobre 2010 à l'Espace Ethique Méditerranée – Hôpital de La Timone – Marseille

Nicolas Jacquette (NJ) : Je suis né dans une famille Témoins de Jéhovah (en abrégé dans le texte : TJ), j’y ai passé les 22 premières années de ma vie, j’en suis sorti, aidé par Jérôme Liniger et de Charline Delporte de l’ADFI Lille. J’ai aussi été entendu par un parlementaire et contacté par un éditeur qui m’a demandé d’écrire un livre de témoignage. Juste avant la publication, l’éditeur a subi des pressions des TJ qui l’ont menacé de lui faire un procès s’il persistait dans son projet. Fort heureusement, mon éditeur a résisté à ces pressions et le livre a été publié ce qui nous a donné droit à des procès en diffamation pour mon témoignage dans le cadre de la commission parlementaire sur les sectes et les mineurs (rapport publié en 2007) et pour mon livre autobiographique. Les TJ ont aussi porté plainte contre la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) devant le Conseil d’Etat parce qu’elle avait fait la présentation de mon livre sur son site internet, comme son devoir d’information l’y oblige, avec comme grief « promotion faite par l’Etat d’un ouvrage à caractère diffamatoire ». Vu que mon livre était au centre de la plainte, on m’a demandé de témoigner et suite à cela les TJ ont perdu et ont été obligés de reconnaître la véracité, l’honorabilité et la respectabilité de mon témoignage. Ainsi donc, devant la plus haute juridiction de l’Etat, les TJ ont perdu leur procès. Ensuite, deux députés m’ont demandé aussi de témoigner en raison de procès en diffamation que les TJ leur avaient fait. Le dernier en date est Jacques Myard qui avait dit que « les TJ et la scientologie pratiquaient l’enfermement des enfants ». La dernière trouvaille des TJ dans ce procès, quand ils ont su que j’allais témoigner, c’est de venir faire témoigner ma sœur Sonia. Mon père était venu les soutenir aussi. C’est la dernière fois que j’ai eu l’occasion de les voir.

Jérôme Liniger (JL) : Pour ma part, je suis issu d’une famille athée et laïque et j’ai rencontré Nicolas dans le cadre de mes activités de pédagogue des Beaux-arts et c’est avec l’aide de l’ADFI Lille que nous avons entrepris la déconstruction de la secte qui habitait ou imbibait Nicolas. Je me suis donc mis à la lecture de la bible et des écrits des Témoins de Jéhovah pour me former à dialoguer avec Nicolas, sans jamais aborder la dérive sectaire ou son enfermement, ni son vocabulaire particulier inculqué par le mouvement. En fait, je parlais des autres mouvements pour parler de lui et de la secte qui était en lui. Petit à petit, nous avons démonté la mécanique sectaire et fait ressortir que ce n’est que du folklore pour démystifier les rituels.

Concernant le mouvement des TJ, ses doctrines et la condition des enfants.
NJ : Les TJ constituent le plus important mouvement à dérives sectaires en France. Ils comptent environ 112000 membres actifs (sans compter les sympathisants), plus 40 000 enfants, chiffre important, puisqu’il représente à lui seul la moitié du nombre des enfants concernés par la problématique sectaire en France, soit 80 000. Ce mouvement est donc à prendre au sérieux. Ce mouvement naquit aux Etats Unis dans les années 1900. Le fondateur, Charles Taze Russel, était un adepte adventiste qui après s’être brouillé avec Barbour, le dirigeant de ce mouvement à l’époque, au sujet d’une prophétie qui ne s’était pas réalisée, a créé son propre mouvement « Les Etudiants de la Bible », fortement inspiré de l’adventisme dans sa doctrine. Russel conserve une partie du panthéon de croyances de l’adventisme dans son mouvement, comme les dates prophétiques (1874, 1914), et fonde une société d’édition dont les VRP étaient ses adeptes. A la mort de Russel, un certain Rutherford, qui travaillait à ses côtés, reprend l’affaire en main par un véritable putsch et le rebaptise « Témoins de Jéhovah ». Lui aussi, fidèle à la lignée du mouvement, s’est distingué par des prophéties bibliques inaccomplies (1925). D’autres dirigeants lui ont succédé à la tête du mouvement, persévérant dans la pratique de fausses prophéties (1975, par exemple), pour en arriver à ce que de nos jour le mouvement soit dirigé par une sorte de comité de direction d’une douzaine de membres, tout à fait comme une entreprise commerciale. Les choses fonctionnent maintenant automatiquement, comme une machine sans tête.

C’est un mouvement millénariste, c'est à dire, dans l’attente d’une fin du monde proche, qu’ils ont été amenés à annoncer près de 12 fois. Chacun peut constater que ces prophéties ne se sont pas réalisées. Ils évitent maintenant de donner des dates et préfèrent dire que la fin est imminente en redonnant un caractère d’urgence sur des dates charnières. Sachez que la prochaine est pour 2012. Date phare pour beaucoup de mouvement sectaires et new-age apocalyptiques actuels puisqu’elle coïncide avec la fin des calendriers chinois et maya. Cette fin du monde proche amène les TJ à ne pas investir dans la vie de ce monde, mais plutôt dans le mouvement qui est le seul à pouvoir sauver des vies selon lui, par le biais de leurs activités missionnaires. Tous les adeptes sont ainsi poussés à faire du prosélytisme intensif en raison des échéances imminentes, y compris les enfants TJ dans le cadre scolaire.

JL : Il est intéressant de voir que chez les TJ le dirigeant mondial, la tête humaine n’existe plus guère et que la seule tête est Jéhovah lui-même qui culmine au sommet de leur pyramide hiérarchique.
Le haut de la pyramide est donc en communion intime avec Jéhovah. Mais il y a une distance entre chaque niveau hiérarchique. Par exemple, l’adepte de base est à grande distance de l’ « Ancien » (dirigeant d’une congrégation locale). L’adepte de base n’a pas accès aux informations transmises par le siège du mouvement aux anciens. Ces mêmes anciens ont eux-mêmes une sorte de fascination pour la strate hiérarchique qui les contrôle, parce qu’elle est d’une plus grande proximité avec Jéhovah. Les responsables de circonscription vont eux aussi fantasmer sur la strate au dessus et ainsi de suite jusqu’au sommet de la pyramide, le comité directeur, appelé Collège Central, qui est en relation directe avec Jéhovah.
A savoir que le quartier général mondial des TJ va déménager de Brooklyn (New York) pour Warwick et Ramapo, deux communes à l’extérieure de New York leur accordant une fiscalité avantageuse, et permettant de faire une grosse plus-value immobilière sur la vente des locaux de Brooklyn.
Seconde chose importante à savoir concernant cette structure pyramidale, c’est qu’il y aussi une pyramide inverse, en dessous et qui va vers le très bas, c'est-à-dire Satan.
Hors des TJ, pas de salut. Nous faisons tous partie de Babylone la grande, puisque tous les autres, y compris les croyants des autres croyances, chrétiennes incluses, se détournent de la vérité. En conclusion, ce folklore rejoint tous les autres folklores superstitieux, avec leur habillage typique, leur vocabulaire particulier et toutes ses dérives de sens. Par exemple, c’est en tentant la lecture de la Dianétique, bible des scientologues, que je me suis aperçu que la valeur de mes mots au quotidien changeait. Il en va de même chez les TJ. Il y a un jargon interne permettant d’opérer ce genre de glissement, cette même mécanique de communication. La cerise sur le gâteau, c’est La Tour de Garde, journal publié par les TJ. On passe du colibri à Dieu très facilement. « La beauté du chant du colibri ne nous amène t’elle pas à nous interroger sur la perfection de la création et l’existence de Dieu » ; Il y a même des versets bibliques justifiant l’utilisation du portable. Ainsi nourri et formé, l’esprit de l’adepte est complètement orienté vers une unique chose, toute la journée et à chaque instant : sa mission divine.
Si vous trouvez La Tour de Garde dans un train ou dans une salle d’attente, ce n’est pas un hasard. Lorsqu’on sait qu’elle est publiée à plus de 39 millions d’exemplaires deux fois par mois, il est difficile de la rater. Le Réveillez-vous, autre publication des TJ, est quant à lui édité à plus de 38 millions d’exemplaires deux fois par mois. Donc, là aussi, pas de hasard, ni de providence divine, si vous tombez dessus, c’est la loi des probabilités qui en est la cause. Sans compter les autres tracts et livres publiés, les TJ produisent chaque année plus de 1,7 milliards de journaux. Il s’agit bien d’une société de communication dotée d’une manne financière immense, puisque chaque adepte donnera une offrande au moins égale à la valeur des journaux qu’il se procurera pour les distribuer dans son travail missionnaire. Et quel témoin de Jéhovah volerait ou affaiblirait Dieu et son organisation en ne versant pas ce qu’il faut ? Si la législation fiscale est avantageuse, selon le pays, les journaux pourront être vendus.

Les enfants témoins de Jéhovah
NJ : Les enfants n’ont aucune capacité de décision propre et ils pourront être construit ou façonnés à la guise de leurs responsables légaux qui pourront les priver d’accès à d’autres sources d’information qui pourraient équilibrer ou relativiser l’enseignement qu’on leur donne chez les TJ.
Nous sommes en présence d’un mouvement qui utilise les parents pour façonner les enfants en adeptes dès le berceau. C’est dans ce processus là que j’ai été intégré étant enfant. C’était un conditionnement extrêmement dense. On a calculé que pour un enfant TJ à l’école primaire, le programme spirituel par semaine, en plus des devoirs scolaires, avoisine les 23 heures. Autant dire que tout ce qui est divertissement et activités extra scolaires n’est guère possible. Il y a une imprégnation quotidienne du message sectaire à l’enfant, chaque jour, toute la semaine, tout le temps. Les journées sont ponctuées de prières, ce qu’ils appellent l’ « étude du texte du jour » qui se fait sur la base d’un petit livret où l’on étudie un verset biblique pour lequel on doit faire une application dans la journée. Il y a aussi 3 réunions par semaine qui se déroulent un jour sur deux le soir et le weekend end et doivent être préparées la veille. A cela s’ajoute l’activité de prosélytisme qu’on doit effectuer au moins deux heures par semaine. Tout cela fait qu’il n’y a pas une seule journée où l’on échappe au discours sectaire. On se retrouve tous les soirs de la semaine à devoir lire des écrits TJ. Plus encore, en tant que TJ, nous avons l’obligation de lire La Tour de Garde et Réveillez-vous pour être en mesure de les placer avec plus d’efficacité lors du prosélytisme hebdomadaire. Donc, c’est dans ce quotidien saturé de langage sectaire que l’enfant nait et grandit dans des perspectives totalement dé-socialisantes. Pourquoi cela ? Parce que nous sommes conditionnés à considérer le monde de manière complètement duelle. D’un côté, il y a les TJ, les élus sous la bénédiction divine, qui sont gentils et qui auront droit à la vie éternelle dans un paradis et de l’autre côté ceux qui ne croient pas ou qui ont d’autres croyances et qui sont voués à la mort éternelle, adultes comme enfants. Tous ceux qui ne sont pas TJ sont susceptibles d’être les instruments du diable, incitant les bons croyants, comprenez les TJ, à se détourner de la Vérité. De ce fait, il ne faut pas les fréquenter et ceci concerne aussi les petits camarades d’école.

Enfant prosélyte

L’enfant de TJ qui jusqu’à 4 ou 5 ans a été baigné dans ce genre de croyances, arrive à l’école avec un sentiment de peur extraordinaire face aux gens qu’il va côtoyer toute la journée. On l’a bien prévenu avant : attention l’école est dangereuse, tu vas y rencontrer des gens qui ne sont pas TJ et qui vont essayer de saper ta foi. Tu vas apprendre des choses qui ne correspondent pas à ce qu’on t’a appris dans les publications TJ.
On demande 2 choses à l’enfant : d’apprendre ces choses par cœur sans y croire et d’être un très bon élève, un élève modèle, afin de donner une très bonne image du mouvement. Effectivement, dans le milieu scolaire, on ne s’inquiète que d’une chose : les enfants en échec, pas de ceux qui réussissent.
Donc, si un enfant de TJ n’est pas en échec scolaire, il va donner une bonne image du mouvement, et lorsqu’on s’inquiétera de sa marginalisation par exemple, les parents pourront dire :
« Est-ce qu’il n’a pas de bons résultats ? Alors où est le problème ? »
Tous ces efforts que doit fournir l’enfant pour donner une bonne image du mouvement est un travail de séduction élaboré dans une perspective de prosélytisme afin de convaincre. Même au sein de l’école, les parents TJ sont entrainés par des démonstrations et des écrits à mener des rendez-vous avec les professeurs pour les convaincre que les TJ ne sont pas un problème « et si vous souhaitez plus de renseignements nous pouvons vous rendre visite dans le cadre privé ». Moi-même, en tant qu’enfant, je devais saisir la moindre opportunité pour parler de mes croyances. Dès l’âge de 5 ans, je connaissais des détails de la loi sur la laïcité et les moyens de la contourner. On m’a dit : « Tu n’as pas le droit de parler de tes croyances à l’école, mais tu as le droit de répondre à des questions si tu n’es pas à l’origine de la question ». Et tout le comportement est fait pour susciter des questions. On ne s’habille pas à la mode, on ne va pas aux anniversaires, on ne fête pas Noël, on ne chante pas la Marseillaise, on n’a pas le droit d’avoir des activités extra scolaires, on n’a pas le droit de faire du sport de compétition, on ne vote pas aux élections de délégués de classe,... Certains camarades pouvaient me voir en costume 3 pièces faire du porte à porte le week-end avec mes parents. Il n’en faut pas plus pour provoquer des questions, et lorsqu’elles arrivaient je répondais : « C’est parce que je suis Témoins de Jéhovah. Si tu veux plus d’informations, je peux te donner une publication tout à l’heure à la sortie de l’école. Mais surtout n’en parle pas à tes parents, ne leur montre pas la revue, ils ne comprendraient pas ».
Et là, j’instillais déjà une méfiance envers le milieu familial de mon camarade curieux. C’était déjà une première pierre à l’édifice de la manipulation. Ceci vise 2 objectifs. Même s’ils ne sont pas sensibles au message de Jéhovah à ce moment là, plus tard, dans un moment de difficulté, une situation de faiblesse, des soucis, cette amorce permettra à ces camarades d’être mieux disposés à accueillir un témoin de Jéhovah s’il frappe à leur porte à ce moment là. Ceci pourra réveiller des souvenirs déjà inculqués par les publications TJ qui lui ont été données dans son enfance.

Enfant victime

L’enfant de TJ n’est pas seulement un outil de propagande dans le milieu scolaire. Il est aussi une victime qui subit des privations. Il est soumis à une cohorte d’interdits et d’ordres.

Une liste non exhaustive d’interdits imposés à l’enfant de TJ :

Toutes les fêtes sont interdites, (Noël, jour de l’an, anniversaires, fêtes des mères, chandeleur,…) parce qu’elles sont considérées comme païennes.
Etre à la mode, avoir des amis non TJ, aller à une boum, faire du sport en club, pratiquer des arts martiaux, sont interdits.
Participer à une association caritative est prohibé aussi car tous le temps libre et les moyens d’un TJ doivent être investis dans le prosélytisme.
Interdiction d’être délégué de classe, de chanter la Marseillaise, de lire de la philo, de regarder les mangas, d’avoir des ambitions dans le monde, d’avoir un petit copain ou une petite copine, et d’expérimenter sa sexualité, même si l’on est adolescent, d’accepter une transfusion sanguine, de fréquenter et même de saluer un TJ exclus du mouvement, même s’il est de ma propre famille (ceci je l’ai vécu ainsi que ma grand-mère)
Interdiction aussi d’entrer dans une église, de s’intéresser à d’autres croyances, de posséder un objet lié à un autre culte, même si c’est un souvenir de famille, de lire un horoscope, d’aller voir une voyante ou un guérisseur, plus tard interdit de voter, de participer à la vie civile et communautaire, de manger des aliments faits avec du sang, et bien sûr, interdit de rater une réunion des TJ.

Obligations

A côté de cela, il y a des obligations, dont la principale est de faire du prosélytisme y compris à l’école.
Tout ce prosélytisme est comptabilisé par chaque membre du mouvement sur de petites fiches remises chaque mois dans une boite prévue à cet effet. On comptabilise le nombre d’heures prêchées, le nombre de périodiques placés, le nombre de nouvelles visites faites, le nombre d’études bibliques. Tout cela est publié dans les rapports d’activité mondiaux qui permettent aux TJ de faire une démonstration de puissance, puisqu’ils se vantent d’effectuer plus d’1,5 milliards heures de prosélytisme chaque année.
Autres obligations : aller voir les anciens en cas de n’importe quel problème ou doute. Les anciens sont les dirigeants locaux des communautés TJ. Ce sont des gens ordinaires qui ont une fonction de direction sur une centaine d’adeptes. Fonction de « vie » ou de « mort » même, puisque si un adepte est exclu, il est considéré comme « mort » pour la communauté, il a donc perdu le droit à la vie éternelle. On dit aux adeptes d’aller voir les anciens en cas de problème, y compris dans des cas qui ont fait beaucoup de bruit récemment, dans des affaires de molestation ou de viol d’enfants. On s’est trouvé dans des situations abominables ou les anciens ont mené des procès internes au travers des « comités judiciaires » qui devaient déterminer la véracité des paroles d’enfants se plaignant de viols ou de molestations et des réponses faites par les accusés de ces crimes. Les directives de la Société des TJ étaient que si ces adeptes accusés de viols ou de molestations niaient, il était préconisé de ne pas aller plus loin dans l’enquête et de ne pas avertir la police : « Jéhovah réglera toutes choses en son temps ». Et si l’accusé admettait les faits, la police n’était pas pour autant prévenue, on lui disait « Est-ce que tu te repens ? ». Ils amenaient alors le petit garçon ou la petite fille qui avait été violé et le coupable devait s’excuser devant l’enfant et l’enfant devait ensuite lui pardonner au nom de l’esprit chrétien et ensuite on renvoyait le violeur ou molesteur et l’enfant chez eux sans prendre aucune autre mesure vis-à-vis de la victime. Quand on sait que la majeure partie de ces affaires se passe dans le cadre familial, on renvoyait souvent l’enfant qui avait eu le courage de parler, à son bourreau. Ceci en a conduit au suicide. Heureusement, quelques affaires sont tout de même arrivées devant la justice.
Autre obligation importante, celle de mourir plutôt que d’accepter une transfusion sanguine vitale, y compris pour les enfants. Les adultes portent une carte de refus de transfusions sanguines. Les enfants eux doivent être munis d’une attestation écrite des parents demandant à ce qu’ils ne reçoivent pas de transfusion. S’ils sont inconscients suite à un accident, la carte mentionne qu’ils refusent les transfusions sanguines et qu’il faut prévenir la personne de confiance inscrite sur la carte. Le plus souvent, c’est un ancien de la congrégation, lequel viendra aussitôt au chevet de l’adepte hospitalisé pour s’assurer qu’on ne le transfuse pas. Il y a aussi un autre périodique qui fait l’apologie du refus sanguin pour les enfants, le numéro de Réveillez-Vous du 22 mai 1994. Toutes les photos d’enfants sur ce périodique sont des photos d’enfants de TJ morts pour avoir refusé une transfusion sanguine vitale et qui sont portés aux nues pour avoir offert un tel exemple de foi en Jéhovah. Le périodique relate leurs dernières heures dans le détail, les souffrances dans lesquelles ils sont morts dans les bras de leurs parents. Lorsque j’étais enfant, moi aussi, je rêvais de mourir pour montrer ma fidélité à Dieu en refusant une transfusion sanguine nécessaire. C’est dire l’état d’endoctrinement dans lequel j’étais.

JL : n’oublions pas que nous sommes dans le cas d’un enfant de 6 ans qui a plusieurs missions, qui veut et qui sera fier de ressembler aux adultes qui lui servent d’exemples. Chaque famille va étudier le périodique hebdomadaire pendant une semaine, tous les textes du jour, le matin, à midi et le soir en vue de se préparer à la discussion à la salle du royaume. Tout va être orienté autour de cela et l’enfant de 4, 5 ou 6 ans emmagasine cela dans son fantasme idéal. Nicolas était aveuglé au point de souhaiter mourir en martyr de la Vérité, jusqu’au moment ou il a décroché de la secte.
A l’école, l’enfant a déjà la responsabilité de la vie de ses camarades, c’est à dire de la vie ou de » la mort éternelle de ses camarades.

NJ : on nous disait : « si vous ne dites rien, alors que la fin du monde est proche, vous êtes responsables de la mort de ceux qui vous sont proches, leur sang sera sur votre tête »
Donc, un enfant, quand il rentre à l’école, il se dit : « je dois sauver mes camarades » et l’on en arrive à souvent des phénomènes totalement aberrants. Pour donner un exemple, j’ai rencontré au Lycée des camarades avec qui je me suis lié d’amitié mais qui n’étaient pas TJ, ce qui est interdit. J’étais dans un état d’antagonisme total avec ma conscience. Nous nous étions entendus sur un contrat moral : je ne chercherai pas à les convertir et eux n’essaieraient pas de m’en sortir. Mais le problème pour moi était que si la « grande tribulation » arrivait, ils allaient mourir, j’en étais convaincu. J’en étais arrivé à l’aberration suivante, de me dire qu’il valait mieux que je les tue afin qu’ils ressuscitent dans le paradis. J’étais en train de concevoir la mort de mes amis comme moyen de leur sauver la vie ! Un peu comme le refus du sang, symbole de vie dans la Bible au nom duquel on se laisse mourir pour assurer sa résurrection dans le paradis, donc sa vie éternelle. Quel paradoxe ! Il ressort de cette situation une évidence, c’est qu’à l’instar de tous les mouvements sectaires, les TJ transforment les valeurs habituelles de la société, voire les inversent, de façon à pouvoir inculquer à l’adepte que c’est le monde autour de lui qui fonctionne mal. On m’avait convaincu dès mon enfance que j’avais la vérité sur le passé, le présent et le futur. Et cela nous donne dès le plus jeune âge, un sentiment de supériorité sur les autres. J’ai débarqué à l’école persuadé d’avoir la vérité et que tout ce que pourraient m’apprendre mes professeurs seraient des mensonges et plus fort encore je savais déjà lire couramment, bien-sûr au moyen des périodiques du mouvement. C’est à dire qu’en même temps que les mots, chaises, table, voiture, on apprend les mots Adam, Jéhovah, théocratie, temple, etc. dans une brochure d’apprentissage de la lecture éditée par le mouvement. Ensuite les thèmes d’apprentissage de la lecture sont du type : « le chrétien fidèle va prêcher la bonne nouvelle aux autres ». Dès 4 ans, j’apprenais cela. Ma méthode de lecture, n’était pas le Luc et Béatrice du CP, mais déjà une accumulation de phrases propres au mouvement. J’étais complètement enfermé dans un système, où j’étais imprégné d’un langage interne, incapable que j’étais de le dissocier de la réalité.

JL : Je peux témoigner que si l’élève TJ a fait ses preuves de bon élève, dans la classe où j’enseigne, à la fin d’année seuls les parents TJ viennent me remercier pour mon enseignement, et parviennent toujours à placer qu’ils sont TJ. Tout cela est à envisager dans la perspective qu’un jour les parents peuvent être amenés à rencontrer le professeur en question lors d’une tournée de porte à porte par exemple et ainsi l’enseignant aura été préparé.
Les TJ pensent que le professeur, comme tous les hommes de science d’ailleurs, fait parti du « Monde » dirigé par Satan : nous sommes là en présence d’une perversion type.

NJ : Pour comprendre ce cheminement, il faut considérer à quel point la formation est efficace chez les TJ. Ils ont créé une école interne « L’école du ministère théocratique ». On y apprend aux adeptes, y compris les enfants, à mener des discussions et des discours étayés sur des versets bibliques. Une formation aux techniques d’expression orale et de conviction en vue du prosélytisme, qui ferait pâlir d’envie les écoles de formation des commerciaux.
Dès 8 ans, je tenais tout seul des discours sur l’estrade de la congrégation tous les mardis soir devant une centaine de personnes. J’avais 5 minutes pour traiter mon sujet et j’avais des points de travail théocratique à exercer. Cela consistait par exemple utiliser des gestes particulier pour souligner mon discours, soigner la communication du regard vis-à-vis de l’auditoire, l’expression du visage, utiliser des comparaisons adaptées, des points qui me permettaient d’arriver à convaincre les autres. Toute cette formation à la rhétorique, à l’art oratoire était destinée à être utilisée ensuite dans le cadre de la prédication et aussi en milieu scolaire. Et c’est cela qui faisait que j’étais un élève parfait, dès qu’il s’agissait d’expression orale, j’étais à mon aise. Lorsqu’ensuite je suis passé sur plusieurs plateaux de télévision ou lorsqu’il m’a fallu témoigner devant la commission d’enquête parlementaire sur les sectes et les enfants, ironie du sort, cette aisance acquise suite à une formation intensive de 22 années se retournait contre mes formateurs.

L’incertitude et les angoisses du TJ

Les TJ ont tellement d’interdictions et de commandements qu’ils ont peur dans leur quotidien que même des choses qui ne sont pas mentionnées dans leurs obligations ne les amène à perdre la vie éternelle. Dans la croyance des TJ, les gens du monde vont mourir pendant la « grande tribulation », c’est certain, mais eux n’ont pas la garantie de survivre. Par exemple, si la veille de la « grande tribulation », ils ont commis une seule faute, tout le bénéfice de ce qu’ils ont fait pendant toute leur vie est perdu. Une pression constante se met en place dans l’esprit de l’adepte qui craint constamment de perdre le bénéfice de la vie éternelle.
L’enfant est lui aussi entretenu dans cette sorte de croyance et il s’applique donc automatiquement une auto censure permanente ; S’il se trouve face à un livre, un dessin animé ou une quelconque activité à faire, la première question qu’il se pose est : « Est-ce que ça tombe sous le coup d’un interdit ? » , ce qui l’amène à un élargissement de l’interdit pour se prémunir de toute faute potentielle, tant et si bien que le TJ s’interdira au-delà de ce qui est nommément prescrit.

Pour illustrer cela dans ma vie d’enfant :
A l’école maternelle, mon institutrice était un peu malade de me voir mis à l’écart lors des fêtes des mères, des Noëls, etc. Je demandais moi-même « faites l’anniversaire de votre côté, moi je fais un dessin pendant ce temps au fond de la classe ». Ceci ne m’empêchait pas de pleurer surtout à la veille de Noël car il y avait toujours la distribution de petits cadeaux, et je pense que c’est ce qui peinait l’institutrice. Mais elle était maline. Elle est venue me voir et m’a dit : « tiens, je te donne un petit livre, ce n’est pas un cadeau, il n’est pas emballé, c’est juste pour te faire plaisir ». Tout cela parce que ma maitresse m’avait vu pleurer en voyant tous les gamins qui ouvraient leurs cadeaux sous le sapin et moi j’étais à l’écart essayant de contenir mes larmes à 5 ans parce que je devais être fort et que personne ne devait me voir en état de faiblesse. Alors là, je me trouvais devant un cas de conscience. J’ai finalement décidé de le prendre. C’était l’histoire d’un petit sapin qui résistait aux intempéries, pour finir à la dernière page… dans un salon couvert de guirlande pour Noël. A cette instant j’ai su que je ne pourrai pas le garder parce qu’il parlait de Noël, et je l’ai caché dans ma poche. Ensuite, lorsque ma mère est venue me récupérer à l’école, mon institutrice lui a raconté l’épisode des larmes en lui racontant malheureusement comment elle a réussi à me calmer. Ma mère m’a fusillé du regard, et je savais que c’était parce que je ne devais pas être faible et éveiller une quelconque suspicion envers Jéhovah et son organisation.
Dès qu’on est sortis de l’école, ma mère a demandé à voir le petit livre. Lorsqu’elle est arrivée à la dernière page, les réprimandes ont commencées : « Tu te rends compte que tu fais de la peine à Jéhovah, alors que tu sais bien qu’il déteste ces choses là ? Tu me déçois vraiment Nicolas.»
Arrivé à la maison, je me suis retrouvé cantonné dans ma chambre, puis convoqué dans la cuisine devant mes parents. Ils me dirent : « Tu dois prendre toi-même la décision de jeter ce livre à la poubelle ». Donc, moi à 5 ans, je prends le petit livre et je le dépose dans la poubelle. Mais, après le repas, je suis allé récupérer mon cadeau dans la poubelle, je l’ai caché sous mon pull et pendant tout le repas, j’ai eu l’impression qu’il me brûlait et que les yeux de Jéhovah m’accusaient, « J’ai vu ce que tu as fait ». Quelques temps plus tard, après avoir entendu un discours à la salle du royaume portant sur les actes cachés que l’on doit dévoiler, je suis allé ressortir mon petit livre de sa cachette et je l’ai jeté. Voilà dans quel esprit se trouve un enfant TJ.
Pour compléter ce tableau, voici un exemple typique. Tous les enfants ont peur du monstre sous le lit. Tous les parents leurs disent normalement que le monstre n’existe pas. Les parents TJ quant à eux disent à leur enfant que le monstre existe et qu’il s’appelle Satan, qu’il est là et qu’il rôde, que l’on est faible et donc qu’il faut prier Jéhovah pour en être protégé. C’est ainsi que toutes les nuits durant mon enfance, j’ai eu l’impression que les démons tournaient autour de mon lit et qu’ils me menaçaient. J’étais enfoui sous ma couette et je priais Jéhovah, terrorisé. C’était une véritable torture mentale pour un enfant d’être persuadé ainsi d’être la proie des démons.

Epilogue
JL : Voici la présentation au verso du livre de Nicolas Jacquette « Nicolas, 25 ans, rescapé des Témoins de Jéhovah ». Editions Balland 2009, qui a été attaquée en justice par les TJ invoquant la diffamation : « Nicolas Jacquette a vécu parmi les TJ jusqu’à l’âge de 22 ans, respectant les choix, assiduité et règles de la secte ; Pour des milliers d’enfants TJ en France, tout est prévu pour qu’ils deviennent d’excellents prédicateur, jusqu’au jour où il ose mettre en doute la vision du monde des TJ après des années d’endoctrinement et d’isolement ; Ce n’est qu’en 2004 qu’il en sort….Les révélations bouleversantes de NJ font la lumière sur les TJ. Il dénonce les dérives sectaires sous toutes leurs formes. »
Nous avions appelé cela la banalité du quotidien parce que suite à la diffusion de ce livre, Nicolas avait reçu beaucoup de lettres disant : « ceci n’est pas que ton histoire que tu racontes, c’est aussi la mienne »
Il s’agit vraiment de quelque chose de mécanique chez les TJ
Cette mécanique passe par le langage, les mots qui dévoient le quotidien. Nicolas n’avaient pas des oncles et des tantes comme moi ou vous, il avait des « frères » et des « sœurs » TJ…Ce qui est très différent, il suffit de voir ce qui lui reste de famille autour de lui depuis qu’il a quitté la secte.
De ce fait, à la fin de son ouvrage, il y a un glossaire, destiné à montrer que ces mots piégés font partie d’une mécanique banalisées chez les TJ ou dans d’autres types de dérives sectaires.
Tout cela est quantifié par des actes, des faits que l’on peut mettre en relation par exemple avec le milliard et demi de publications éditées chaque année.

NJ : La dernière année avant que je quitte les TJ, j’avais 21 ans. A cette époque, une petite fille de la congrégation de Paris où j’allais souffrait de leucémie. Et comme dans la plupart des cas de leucémie, pour pouvoir traiter, il faut avoir recours à la transfusion sanguine. Les parents TJ se sont donc opposés à la transfusion et l’état de la petite fille s’est dégradé. Les médecins ont réussi à la faire tenir quelques temps avec des techniques dites alternatives sur lesquelles les TJ fondent toute leur argumentation affirmant que la transfusion sanguine n’est pas une solution et qu’il existe d’autres possibilités, ce qui dans les faits n’est absolument pas le cas. La transfusion sanguine reste nécessaire dans beaucoup de cas médicaux. Pendant ce temps, toute notre congrégation, et moi avec, soutenait les parents de l’enfant au cas où ils auraient eu un moment de faiblesse. On devait être derrière eux, leur écrire, leur téléphoner, tous les jours. Nous étions à l’hôpital avec eux et nous leur disions « Tenez bon ! Si le pire arrive, vous la retrouverez dans le paradis ». Il faut en effet bien comprendre que pour un TJ, tout cela n’est qu’une question de proportion, puisqu’il croit en la vie éternelle. Si l’on déroge à la volonté de Dieu, on ne gagne que 20, 30 ou 40 ans de vie ici bas, dans ce monde mauvais, mais l’on perd la vie éternelle dans un monde parfait et paradisiaque. Donc, les parents qui ne sont pas des méchants parents sont simplement persuadés qu’ils font le meilleur choix pour leur enfant, pace qu’ils ont été endoctrinés.
L’état de l’enfant a continué à se dégrader et un jour on nous a annoncé la mort de la petite Léa des suites de sa leucémie lors d’une réunion à la salle du royaume. Ce qui a été horrible, c’est ce qu’à rajouté l’ancien qui nous a annoncé cela : « Sachez le, frères et sœurs, dans son dernier moment de conscience, elle a dit au médecin qu’elle ne voulait pas de sang ». Elle avait 8 ans ; Comment peut-on avoir ce genre de discours à cet âge face à un médecin, si l’on n’est pas complètement endoctriné ?
Je sais qu’au même âge, j’aurai été pareil, fier de faire cela pour Jéhovah. Voici le genre de dérive sectaire que l’on observe chez les TJ

Qu’en disent les TJ ?

Les TJ rétorquent à cela : « Parlez-nous du nombre de cas ? »
Effectivement, nous n’entendons pas beaucoup parler de cas, il y a eu juste l’année dernière un jeune londonien qui a eu un accident de voiture et qui a refusé une transfusion sanguine et qui est mort ; L’affaire a fait la une des journaux. Il faut savoir que les TJ ont mis en place un Comité de Liaison Hospitalier (CLH) qui répertorie des listes entières de médecins et de chirurgiens prêts à opérer les TJ sans transfusion sanguine et à ne pas divulguer, du fait de leur responsabilité (secret médical), les cas où il y a des problèmes. Les médecins sont consentants, les parents sont consentants, l’adepte hospitalisé est consentant, s’il y a un mort, personne ne portera plainte. Donc, si les cas qui ressortent sont rares, c’est grâce au système de Comité de Liaison Hospitalier qui permet aux TJ de faire passer quasi complètement sous silence le moindre cas de décès suite à un refus de transfusion sanguine.

Discussions

Est-ce que les TJ de terrain ne sont pas tenté de gonfler leur rapport mensuel d’activités, pour être bien considérés par leurs supérieurs ?
NJ : Je ne le crois pas car ils se sentent surveillés par Jéhovah. Moi, je ne mentais pas et si je n’avais pas prêché pendant un mois, j’étais honteux et il y avait les anciens qui venaient me voir pour savoir ce qu’il se passait.

Est-il vrai que les TJ sont souvent dépressifs ? En tous cas c’est ce qui ressort du livre de Charline Delporte « TJ, les victimes parlent »
NJ : Je pense que la dépression touche les TJ et aussi les adeptes d’autres mouvements sectaires. La raison principale est que ces mouvements sectaires s’évertuent à faire comprendre à leurs adeptes qu’ils sont des moins que rien et que leur seule perspective de salut réside dans le groupe. La perte de l’estime de soi est l’une des premières pierres du fondement sectaire

JL : Autre élément concourant à la dépression des TJ. Il y a dans ce mouvement une surveillance mutuelle des adeptes ainsi que l’auto-surveillance, puisque Jéhovah voit tout. Ceci s’exprime très bien au travers des comités judiciaires de TJ, des tribunaux internes chargés de juger les fautes des adeptes. On se souvient du scandale des abus sexuels sur des enfants qui ont été jugés par ces comités judiciaires et qui n’ont pas fait l’objet de procès devant les tribunaux civils. Il s’agit d’une justice parallèle ; Les comités de liaison hospitaliers relèvent aussi de cette logique interne d’institution parallèle. Et quand les choses ne sortent pas, les souffrances elles sont étouffées et c’est évidemment le moral qui en prend un coup.

Qu’est-ce qui a déclenché chez vous le besoin de partir et comment vous débarrassez-vous de l’endoctrinement qui vous imprègne depuis votre enfance ?
NJ : Ce qui m’a permis d’en sortir, c’est que dès l’âge de 13 ans j’étais dépressif. La dépréciation personnelle induite par le mouvement et le fait qu’on m’interdisait d’avoir des amis en dehors des TJ, le besoin d’être accepté à l’école, j’avais en fait un très gros besoin des autres. Cette interdiction qu’on m’a imposé de me lier aux autres m’a poussé vers la sortie. Mais on ne peut pas quitter le mouvement si l’on n’est pas déjà près de la porte de sortie. Ces amis qui m’ont entouré, en fait, n’ont fait qu’appuyer sur le bouton de sortie. Ils m’ont demandé : « Est-ce que tu es heureux ? ». J’ai répondu : « Oui, nous sommes heureux ! » « Non, non, pas NOUS , est-ce TU es heureux ? », ont-ils répliqué. A ce moment là, je me suis rendu compte que je ne l’étais pas et c’était la première fracture avec le mouvement, suivie de plusieurs autres. Le processus de sortie et de purgation de l’endoctrinement s’est fait ensuite par l’écriture de mon livre autobiographique. Ceci m’a conduit à étudier aussi d’autres mouvements dans lesquels j’y ai découvert les mêmes techniques de manipulations mentales. La seule chose qui les différenciait était le folklore cultuel. J’avais juste eu la malchance de naitre dans une famille TJ. J’ai mis tout cela en résonnance avec mon propre vécu. Cela a été un gros travail, mais il m’a permis de m’en sortir plus rapidement. Encore aujourd’hui, je constate que certains éléments de cet endoctrinement ressortent 5 ans après. Les notions manichéennes de bien et de mal par exemple. Les TJ bluffent tout le temps avec les chiffres. Lorsqu’ils veulent avoir raison dans une conversation, ils balancent des chiffres à la volée qui sortent de nulle part, mais qui dits avec tellement d’assurance qu’ils convainquent l’autre. Et ceci m’arrive encore dans certaines conversations où je manque d’arguments, d’utiliser ce procédé. C’est l’un des comportements compulsifs induits contre lesquels je dois encore combattre aujourd’hui. Il en ressort d’autres régulièrement que je découvre.

Bibliographie de Nicolas Jacquette :
« Nicolas, 25 ans, rescapé des Témoins de Jéhovah ». Editions Balland 2009

vendredi 25 décembre 2009

Application des droits de l'Enfant par l'appareil judiciaire

Le réseau Parental Europe comme association de Protection de l'Enfant, laïque, aconfessionnelle, apolitique et indépendante, souscrit à communiqué du Cercle Laïc contre le sectarisme CLCS à Belfort.
Vous pourrez lire nos auditions dans le cadre de la Commission d'enquête Parlementaire relative à "l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs" ou nous étions la seule association Parentale et de soutien aux familles affectées à porter à la connaissance des DéputéEs la situation inadmissible des enfants sectarisés qui sont abusés et maltraités par le phénomène sectaire en Europe.

Comme le Procureur Général Viout à Lyon a déclaré, lors du colloque de la MIVILUDES en nov. 2009, nous demandons l'application immédiate des droits de l'Enfant par l'appareil judiciaire.
Les Parents responsables du RPE

notre com sous la video disparait étrangement à chaque fois:
Notre association de Parents responsables pour la protection de l'Enfant remercie M. le Procureur Général de Lyon qui lors du colloque nous a déclaré lors de sa conférence, qu'il avait demandé à ses magistrats d'appliquer la convention internationale des Droits de l'Enfant afin de contrecarrer les nefastes et mortifères influences sectaires pedocriminelles.

dimanche 29 novembre 2009

Colloque de la MIVILUDES:; Discours de M. Bockel, secrétaire d'Etat à la Justice

Colloque National de la MIVILUDES
- Lyon le 26 novembre 2009

Puisqu'il est l'heure de conclure, je veux saluer la MIVILUDES pour la richesse et la haute tenue des travaux qui viennent de se dérouler, dont je veux croire qu'ils apporteront de nouveaux outils pour la connaissance du phénomène sectaire, sans lesquels l'Etat de droit verrait son action, incomplète voire inefficace. Je veux également saluer son président, Georges Fenech, qui n'a de cesse de mobiliser le plus grand nombre sur ce combat difficile mené contre les dérives sectaires.

L'ensemble des contributions entendues tout au long de cette journée constituent un apport indispensable à la compréhension des dérives sectaires comparables aux virus mutants, qui diffusent sous des formes souvent insidieuses le poison de la manipulation des conduites humaines et des esprits, attentatoires à la dignité des personnes et aux libertés fondamentales.

Une volonté sans cesse réaffirmée depuis le rapport Vivien en 1983, jusqu'à la création de la MIVILUDES visant à protéger les citoyens des dérives constatées dans l'activité des organisations de caractère sectaire.

Un phénomène sectaire en constante évolution qui rend nécessaire notre mobilisation de chaque instant pour analyser et prendre les mesures nécessaires.

Une vigilance qui cependant doit veiller à respecter le principe de liberté de conscience dont il découle un principe de neutralité de l'Etat à l'égard de toutes formes de croyance ou de culte.

Mais une neutralité tempérée par la nécessité de garantir les libertés fondamentales et de prémunir la société contre toute atteinte à la dignité des personnes.

Une nécessité de comprendre et d'évaluer un phénomène en perpétuelle mutation, générateur de nouveaux risques liés à l'utilisation notamment de l'internet.

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Il est nécessaire que l'action de l'Etat pour combattre les dérives sectaires s'inscrive dans le respect de la liberté de conscience tout en protégeant les victimes (I)

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Pour cela il dispose d'un arsenal juridique cohérent qui pourrait être étendu à l'échelle d'un espace judiciaire européen (II)

I - Une problématique générale nuancée : Agir pour prévenir et combattre les dérives sectaires en garantissant les libertés individuelles, tout en respectant les principes constitutionnels de la liberté de conscience.

I-1 Une meilleure intelligibilité du phénomène sectaire est indispensable

Une capacité de l'Etat républicain à élaborer de véritables politiques publiques dédiées aux phénomènes sectaires.

Un éclairage affiné notamment par la production des rapports annuels de la MIVILUDES (dérives sectaires affectant l'accès à l'emploi et à la formation, déviances sataniques, dévoiements des pratiques psychothérapeutiques à des fins sectaires, stratégies d'influence internationale de la mouvance sectaire.

Nécessité d'inscrire cette réflexion dans un contexte d'ensemble : diversité religieuse, individualisation de la société allant de pair avec une quête orientée vers l'épanouissement personnel et l'émergence de syncrétismes religieux singuliers.

Le phénomène sectaire s'analyse alors comme une pathologie de la croyance » sur fond d'individualisation et de dérégulation de la croyance.

Le fait sectaire est caractérisé également par l'importance conférée aux formes charismatiques de l'autorité, d'où il résulte un dispositif qualifié de secte sociologiquement, que l'on peut reconnaître avec Danièle Hervieu-léger sous trois caractéristiques majeures :

- un socle de certitude (le kit de vérité)

- une culture de la performance ;

- le primat de la forme charismatique.

I-2 Si la secte peut être cernée en tant qu'objet social, elle demeure pourtant un objet juridique non identifié, c'est-à-dire non défini juridiquement

Le droit ignore la notion de secte, notion de fait et non de droit.

Cette absence de définition juridique résulte de la conception française de la laïcité (article 40 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen)

Principe de neutralité consacré par les deux premiers articles de la loi du 9 décembre 1905.

Si la doctrine admet que les religions se caractérisent par la réunion d'éléments subjectifs (loi, foi, croyance) et d'éléments objectifs (le rite, la communauté), il n'existe aucune définition de la religion dans le droit positif.

L'article 9 de la CEDH va dans le même sens.

La République en conséquence assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l'intérêt de l'ordre public.

Le critère d'ordre public est ici déterminant concernant le champ des dérives sectaires auquel on peut ajouter la détermination des faits portant atteinte aux biens ou aux personnes.

Mais cette absence de définition n'efface pas la réalité de l'existence du non respect des lois et donc de l'existence des victimes.

II - S'il existe un arsenal juridique suffisant pour lutter contre les dérives sectaires, la mutualisation des compétences et des savoirs doit s'intensifier, notamment à l'échelle européenne, afin d'harmoniser les législations et de mieux coordonner les politiques publiques

II-1 un arsenal juridique suffisant pour sanctionner les dérives sectaires

Le recours à de multiples qualifications pénales : escroquerie, homicides volontaires ou involontaires, non assistance à personne en danger, agressions sexuelles, violences ou tortures, l'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de la situation de faiblesse, la mise en péril des mineurs, trafic de stupéfiants ou publicité mensongère.

D'autres infractions à des dispositions relevant notamment du code de la santé publique, du code du travail, du code de la sécurité sociale, du code général des impôts peuvent éventuellement être constatées et sanctionnées. Le dispositif juridique existant apparaît donc suffisant et il n'est pas envisagé, en l'état, de mettre en place une législation spécifique relative aux sectes.

II-2 Une mobilisation du Ministère de la Justice couronnée d'effets qui s'appuie sur une nouvelle organisation des services d'enquête.

Le ministère de la Justice a tenu à sensibiliser les magistrats à cette problématique difficile par le biais de trois circulaires des 29 février 1996, 1er décembre 1998 et 22 novembre 2005. L'ensemble de ses directions a désigné un référent pour les dérives sectaires.

La direction des affaires criminelles et des grâces a créé, en outre, une mission de lutte contre les dérives sectaires qui suit toutes les procédures mettant en cause les mouvements sectaires et met en œuvre la formation interministérielle à l'attention des magistrats et des autres personnels du ministère de la justice sur ce thème.

En 2009, elle a dynamisé les échanges entre la MIVILUDES et les magistrats en charge d'enquêtes pénales, le magistrat référent sur les dérives sectaires à la direction des affaires criminelles et des grâces ayant été amené à organiser des réunions entre des conseillers de la MIVILUDES et des magistrats du ministère public chargés de dossiers faisant présumer l'existence de dérives sectaires.

Concrètement cette vigilance se traduit par des procédures pénales en nombre limité mais nécessitant souvent des investigations complexes. Ainsi, une moitié des procédures repose sur l'infraction d'abus de faiblesse (dite loi About-Picard).

La création du groupe spécialisé de l'office central de répression des violences faites aux personnes (OCRVP) tant au niveau déconcentré qu'au niveau central constitue un précieux levier pour épauler au niveau des services d'enquête l'action de la justice pénale. Ainsi, selon moi, l'encadrement législatif est suffisant et doit être maintenu en l'état. Il permet, de comprendre et réprimer les dérives commises sous emprise mentale.

II-3 - Il faut renforcer la coopération judiciaire européenne, approfondir la formation des magistrats et mutualiser toujours davantage les savoirs et les compétences

  • Renforcer la coopération judiciaire européenne

Les grandes organisations à caractère sectaire ne connaissent pas de frontières. Leur organisation pyramidale les met en position d'agir sur n'importe quel continent?

Ce doit être l'occasion pour notre pays d'impulser une nouvelle coopération policière et judiciaire en s'appuyant sur les institutions d'Europol et d'Eurojust.

Cette même volonté a déjà été exprimée à maintes reprises par le Parlement européen ou par l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, très tôt préoccupés des conséquences du phénomène sectaire.

1. La résolution du 22 mai 1984 faisant suite au rapport de Richard COTTRELL (Parlement européen) qui préconisait la nécessité pour les ministres de l'Intérieur et les ministres de la Justice de se réunir dans le cadre de la coopération judiciaire européenne.

2. Le rapport Maria Berger du 11 décembre 1997 (Parlement Européen)

3. Le rapport Nastase « Activités illégales des sectes » du 22 juin 1999 (Conseil de l'Europe)

4. Enfin le 4 septembre 2003 une nouvelle résolution du Parlement européen était adoptée au chapitre de la « liberté de pensée, de conscience et de religion », mettant les états membres en garde contre les agissements dangereux de groupements à caractère sectaire

Afin d'intensifier cette coopération, la France pourrait, selon moi, porter quatre propositions essentielles :

1) la création d'un espace juridique européen doté d'un cadre législatif visant les activités illégales des organisations à caractère sectaire ;

2) l'élaboration d'un code européen de règles déontologiques applicables à toute association ou communauté à but non lucratif

3) la création d'un Observatoire européen sur les dérives sectaires chargé de contrôler le respect de ces règles communes ;

4) l'institution au sein de la Commission juridique des droits de l'homme du Parlement européen d'un organe permanent d'harmonisation des jurisprudences des états membres.

Selon M. Jean-Paul Costa, Président de la Cour européenne des droits de l'homme, « Autant il faudra que la Cour continue de protéger efficacement la liberté de conscience et le pluralisme religieux, autant il lui faudra certainement se pencher sur les abus commis au nom de la religion (au sens le plus noble du terme), ou de pseudo religions qui ne revêtent le manteau religieux que pour déployer plus tranquillement des activités nocives, voire abominables. De même que la liberté d'association ne doit pas servir à protéger les associations de malfaiteurs, de même la liberté religieuse ne doit pas assurer l'impunité aux coupables d'agissements délictueux ou criminels menés au nom de cette liberté ».

  • Renforcer la formation des magistrats

L'accent doit être mis en outre sur la formation initiale et continue des magistrats quant aux dérives sectaires ainsi que sur la prise en compte des associations de victimes à l'égard desquelles la Justice a un devoir d'écoute et de soutien durables.

  • Mutualiser les savoirs

Enfin, je veux insister sur la mutualisation des compétences et des savoirs. Il me paraît évident qu'une compréhension toujours plus fine, que peuvent apporter les services opérationnels, les psychologues, les psychiatres, les avocats, les chercheurs en sciences sociales, l'ordre des médecins notamment, peut nous permettre de gagner encore en efficacité.

Je vous remercie de votre attention et de votre implication.

Permalien vers ce discours: http://www.presse.justice.gouv.fr/archives-discours-10093/les-discours-de-2009-11374/colloque-national-de-la-miviludes-lyon-le-26-novembre-2009-18343.html